Interview de Xavier LEIBOWITCH, directeur adjoint de La Miel

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     03/06/13    
Xavier LEiBOWiTCH

« L’idée de départ des élus de Plaine Commune est que la Miel joue un rôle en termes de développement économique territorial »

Pouvez-vous nous expliquer quelle est la mission de La Miel, le but de sa création ?

La Miel a été créée en 1998 sous l’initiative d’élus municipaux, qui se sont réunis pour créer un outil, qui regroupe un certain nombre de services et qui est destiné à proposer à des personnes un accompagnement sur le territoire de Plaine Commune. Ainsi, nous proposons aux personnes, physiques comme morales, des services pour favoriser la création d’entreprise et leur développement.

Par quels moyens La Miel aide-t-elle les entrepreneurs et les TPE ?

Notre activité est axée sur la phase amont de la création d’entreprise mais également sur la phase post création. En phase création d’entreprise, nous nous adressons à des individus qui ont un projet de création d’entreprise, et nous leur proposons différentes prestations. Sur la phase post création, nous proposons également un accompagnement aux entreprises, aux TPE, essentiellement de moins de 20 salariés.

De manière concrète que ce soit pour les porteurs de projet ou pour les chefs d’entreprise, nous proposons un accompagnement soit individuel soit collectif. En individuel ce sont des rendez-vous avec des chargés de missions, qui vont recevoir la personne et l’accompagner, soit vers la création d’entreprise soit dans le développement de son entreprise, l’idée étant de donner des outils aux individus, pour pouvoir les rendre autonomes sur un certain nombre de difficultés qu’ils pourraient rencontrer. Il y a, d’un côté, ce volet accompagnement individuel, et puis il y a, d’un autre côté, l’accompagnement collectif. Nous proposons tout un panel de formations, dans des domaines très divers, comme l’étude de marché, la stratégie commerciale, la gestion, le webmarketing. On parle alors de la professionnalisation du dirigeant.

Par ailleurs, nous gérons deux pépinières d’entreprises : l’une est située à la Courneuve, l’autre à Saint-Denis, 40 entreprises sont hébergées au sein de ses pépinières. Là encore l’implantation de ces pépinières n’est pas anodine, cela correspond à la volonté des élus de Plaine Commune d’implanter un outil de développement économique dans des quartiers populaires.

Comment peut-on prendre contact avec La Miel ?

Aujourd’hui, sur le territoire de Plaine Commune, il y a un numéro unique, le 0 811 562 5630 811 562 563, qui s’adresse à toutes les personnes qui ont un projet de création d’entreprise. Les personnes appellent, un diagnostic est effectué, et en fonction du degré de maturité des projets, elles sont orientées soit vers La Miel, soit vers une autre structure, CitéLab. A partir du moment où elles sont orientées chez nous, elles intègrent le dispositif d’accompagnement.

En quoi La Miel se distingue-t-elle des autres entreprises ou associations aidant les entrepreneurs et les TPE ?

Nous sommes avant tout un outil de développement pour un territoire historiquement industriel et qui subit de plein fouet la crise économique. L’idée de départ des élus de Plaine Commune est que la Miel joue un rôle en termes de développement économique territoriale à travers son tissu de TPE. Nous avons un positionnement très particulier, que l’on ne va pas forcément retrouver au sein d’un incubateur, qui lui va avoir une approche très portée sur l’innovation et l’amorçage de projets. 

La Miel se distingue également parce que c’est une association sans but lucratif. Nous vivons donc grâce à des financements publics, ou parapublics. Après, nous tenons compte évidemment des réalités économiques, au sens où nous n’allons pas accompagner un porteur de projet vers la création d’entreprise si nous estimons que les conditions ne sont pas réunies pour que l’entreprise se développe correctement. Nous n’avons aucun intérêt à inciter les gens à créer une entreprise si c’est pour les retrouver quelques temps après en situation de faillite.

Jugez-vous que la Seine-Saint-Denis est une zone un peu délaissée ou bien les initiatives économiques sont-elles suffisantes ?

Je n’ai pas l’impression que la zone soit délaissée, je trouve au contraire qu’il y a beaucoup d’outils. Le revers de la médaille, c’est peut être un problème de communication et de visibilité de l’ensemble des acteurs sur le territoire. C’est aussi la raison pour laquelle, sur le territoire de Plaine Commune, il y a ce numéro unique (0 811 562 5630 811 562 563) qui a été mis en place, de façon à ce que les personnes qui ont un projet de création d’entreprise puissent trouver facilement un interlocuteur qui pourra les prendre en charge directement ou les orienter vers des structures qui seront plus à même de les accompagner.

Quelle sera l’orientation future de la Miel ?

Historiquement, l’activité de La Miel est plutôt tournée vers la création d’entreprise. Il y a désormais une volonté de développer fortement le suivi des entreprises, parce qu’il est tout aussi important d’assurer la pérennité des entreprises existantes. A l’avenir, La Miel tend à être davantage une ressource pour les entreprises existantes, de façon à pouvoir les accompagner lorsqu’elles vont rencontrer des difficultés.

Le meilleur exemple de cet accompagnement est le cas d’une entreprise qui nous a sollicité parce qu’elle était en litige avec Oséo. Nous sommes intervenus auprès d’Oséo et de la société, en médiation bancaire, de façon à ce que les choses repartent dans de bonnes conditions. Nous avons identifié les conditions nécessaires à la reprise de la relation commerciale, proposé un compromis acceptable pour toutes les parties qui ont accepté de revenir autour de la table et, grâce à cela, ce sont trois entreprises et une vingtaine d’emplois qui ont été sauvés. Cela a été une énorme satisfaction, et je trouve que La Miel a toute la pertinence à travailler sur ce type de problématiques. Enfin, les entreprises qui ont été accompagnées par la MIEL ont de meilleurs taux de survie puisque notre taux de pérennité à 3 ans est de 70 % lorsqu’il est de 50 % sur le territoire de la Seine-Saint-Denis.