Suivre le secteur du crowdfunding

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     27/11/15    
Suivre le secteur du crowdfunding

Le crowdfunding devient progressivement une véritable solution alternative au financement des entreprises. Largement mentionné dans les médias, le dynamisme de ce secteur n’est plus à prouver. 

Le financement participatif est un terme à la mode. Ce nouveau canal pour financer son projet en tant que créateur d’entreprise a été démocratisé grâce à Internet. Les plateformes de crowdfunding mettent en relation les porteurs de projet et les personnes souhaitant investir dans ces projets. En quelques années seulement, ce secteur économique a connu un envol. 

Un enjeu important face au désengagement des banques

C’est sa simplicité de fonctionnement, associée aux difficultés qu’ont les créateurs à obtenir des investissements qui fait aujourd’hui le succès du crowdfunding. Utiliser ces plateformes représente une véritable opportunité pour les TPE/PME qui peuvent légitimement y voir une source alternative de financement. D’autant qu’en France, les banques représentent de 95 % à 98 % de l’apport pour les entreprises. Il était donc urgent pour les entreprises de diversifier leurs sources d’apport ! Selon Hubert de Vauplane, avocat associé chez Kramer Levin, « il devrait manquer 60 milliards d’euros de financement aux PME, d’ici trois ou quatre ans » si l’on tient compte du désengagement et de la frilosité des établissements bancaires. Un constat qui n’est pas étranger à la bonne santé actuelle du marché.

Les chiffres du crowdfunding aujourd’hui

Selon les études de l’association « Financement participatif France », les chiffres du secteur sont constamment revus à la hausse. Au total, 66 millions d’euros ont été levés au premier semestre 2014 en France et près d’1 million de Français ont prêté ou donné des fonds. 150 millions d’euros devraient avoir été collectés via ce type de plateformes en 2014. « Depuis l’origine, il y a un doublement de ce montant tous les ans » a rappelé le président de l’association FPF, Nicolas Lesur. Et le marché affiche un dynamisme impressionnant. 

Quatre modalités de fonctionnement

Concrètement, le financement par les particuliers peut s’effectuer selon quatre modalités différentes. Dans le cas du don, une personne physique ou morale donne une somme sans rien attendre en retour. La récompense permet à une personne physique ou morale de donner une somme en échange d’un cadeau. Dans le cas d’un prêt, une personne physique prête une somme et celle-ci doit être rendue avec ou sans intérêts, selon la décision du porteur de projet. Enfin, la dernière modalité, la moins usitée, consiste en l’investissement au capital des entreprises, c’est-à-dire qu’une personne physique ou morale accepte d’investir dans un projet à condition d’acquérir des parts dans l’entreprise financée.

De nombreuses plateformes dédiées

Au total, selon Bpifrance, une soixantaine de plateformes de crowdfunding existent en France. Le précurseur demeure l’entreprise « My Major Company », qui œuvre dans le domaine de la musique depuis 2007. Kickstarter, créée en 2009, est quant à elle la plateforme américaine la plus connue. Sur cet espace, environ 5 millions d’internautes ont financé près de 50 000 projets pour un montant total de 790 millions de dollars (591,5 millions d’euros). On note que les plateformes françaises s’affirment de plus en plus face aux sites américains déjà installés. Deux acteurs tricolores ont ainsi vu le jour en 2010 : Ulule, aujourd’hui 1er site de financement européen avec 6 767 projets et 23,8 millions collectés au total et Kisskissbankbank, qui affiche 24,7 millions d’euros collectés pour 11 710 projets créatifs ou innovants. Au-delà des généralistes (Indiegogo, Hello Merci), on retrouve également de nombreuses plateformes qui dédient leur espace à des projets spécifiques comme le jeu vidéo (Gambitious), l’audiovisuel (Touscoprod), l’édition (Bookly, bibliocratie) ou les projets d’ordre local (Bulbintown). 

Un nouveau cadre juridique

En octobre, la France a souhaité se doter d’un cadre juridique afin d’accompagner le développement du secteur. L’objectif est multiple. Il s’agit à la fois d’encourager l’augmentation du nombre de projets, mais également d’instaurer des statuts clairs pour les plateformes afin de sécuriser les donateurs. Ce qui ressort principalement de ce projet est de deux ordres. D’abord, le montant maximum par opération a été fixé par décret à un million d’euros. Ensuite, on note l’émergence de deux statuts spécifiques aux plateformes : les Intermédiaires en Financement Participatif (IFP) qui mettent en relation porteurs de projets et donateurs, et les Conseillers en Investissement Participatif (CIP), soumis à des règles de bonne conduite et de mise en garde, dont l’objectif est d’informer et de protéger les investisseurs. Les deux fonctions sont soumises à des agréments et encadrent la pratique. 

Perspectives et limites

Le modèle du financement participatif semble aujourd’hui promis à un bel avenir, car il est porté par la vague émergente de l’économie du partage, les nouveaux usages sur les réseaux sociaux, la frilosité croissante des banques et la baisse des aides de l’État. Certains experts prévoient que d’ici à 2020, le potentiel global de collecte devrait atteindre la somme de 6 milliards d’euros environ, ce qui permettrait aux entreprises de l’Hexagone de disposer de 2 milliards d’euros. À cet horizon, l’industrie mondiale du secteur devrait atteindre plus de 3 200 milliards de dollars avec la création de plus de 2 millions d’emplois. 

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