RSE et PME résistent-elles mieux à la crise?

Marion Bailly     06/03/13    
les reseaux sociaux a avoir
La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), une autre façon de penser et de vivre les affaires dans une logique de « gagnant-gagnant »…

RSE : les avantages 

La RSE c’est avant tout un avantage commercial pour saisir de nouvelles opportunités à travers de nouveaux produits et services plus verts et innovants. 

C’est aussi une nouvelle façon de maîtriser ses risques sociaux, d’image, de réputation, ou encore une nouvelle manière de manager pour motiver les salariés autour d’un projet collectif porteur de sens.
Enfin et surtout : un atout et moyen pour faire des économies et réduire les coûts.
La liste des bénéfices est longue et dépend bien évidemment des enjeux sectoriels de l’entreprise.

RSE le bon moment ?

Une entreprise du bâtiment aux prises avant tout avec des risques d’accidents du travail très élevés n’est pas confrontée aux mêmes enjeux qu’une entreprise de nettoyage (risques de Troubles Musculo Squelettiques, décalage des horaires, isolement des femmes de ménage etc..).

Certains entrepreneurs répondent que face à une réalité plus que difficile aujourd’hui, la RSE n’est pas leur priorité : ils n’ont pas tort…  
En effet, les entreprises sont prises dans une logique contradictoire : produire toujours plus, moins cher et avec moins de moyen. 

Mais rester ouvert, trouver de nouvelles opportunités pour innover, comprendre que les attentes des clients vont évoluer et que la réglementation n’ira qu’en se durcissant, est essentiel aujourd’hui.

L’obligation de reporting en matière environnemental et social pour les entreprises de plus de 500 personnes en est d’ailleurs une bonne illustration. Et les petites entreprises vont être clairement impactées, notamment via les cahiers des charges des clients, qui sont d’ores et déjà de plus en plus exigeants.

Ce qui est certain, c’est qu’il est plus facile d’intégrer la RSE dès le début de la création ou d’en faire un vecteur de relance ou de croissance pour la reprise d’une entreprise.

Les PME qui se sont posées les bonne questions il y a quelques années ont progressivement intégré une démarche de développement durable dans leur stratégie et semblent mieux résister à la crise. C’est évidemment quand tout va bien que l’on peut se poser les bonnes questions : une fois au pied du mur, il est souvent trop tard !

Les entreprises confrontées à des soucis de trésorerie, prises dans des contraintes de temps, d’urgence, se replient sur du très court terme, et ont bien souvent un carnet de commandes qui ne dépasse pas l’horizon des trois semaines.

Mais paradoxalement certaines entreprises bien que dans des secteurs hautement concurrentiels, parviennent à tirer leur épingle du jeu. Meilleur fonctionnement, meilleure organisation, gains de productivité, fidélisation des clients, opportunités commerciales, … S’être posé les bonnes questions au bon moment et avoir engagé une démarche progressive peut vous faire gagner du temps et de l’argent !

Cas concret avec la société Carmine SA   

Stéphane Carmine, DG de la société Carmine SA, entreprise du bâtiment spécialisée dans ravalement de façades, les peintures et la valorisation du patrimoine, est affirmatif : « la démarche de développement durable engagée en 2007 nous a clairement permis de de donner un nouvel élan à l’entreprise, une nouvelle ligne de conduite, et ainsi de renouveler le dialogue social avec nos salariés et de mieux impliquer nos fournisseurs et nos sous-traitants ».

L’entreprise Carmine est rentrée peu à peu dans une démarche de vigilance technologique et est aujourd’hui à la pointe des innovations sur les matériaux et les procédés, notamment dans le domaine de la performance énergétique. 

Carmine est devenue une référence dans le secteur des peintures, elle vient d’ailleurs de sortir une nouvelle formulation avec un pouvoir de réflexion permettant d’installer des ampoules moins consommatrice en énergie.

Stéphane Carmine ajoute : « la crédibilité de la démarche de développement durable leur a permis d’avoir une approche commerciale différente leur permettant ainsi de gagner des marchés et de retrouver d’anciens clients».

Pour couronner le tout, l’entreprise s’est payée le luxe d’un attaché de presse en 2008 pour communiquer et valoriser sa démarche. Elle a pu ainsi bénéficier d’une meilleure image dans un secteur pas toujours reluisant, et voit encore aujourd’hui le jour des retombées commerciales et économiques de cet investissement.

Et d’après ses dires, la démarche n’a pas entraîné de réel surcoût et à la clef, l’entreprise est plus productive, plus rentable, plus créative, et plus efficace.

Aucun doute : aujourd’hui l’entreprise se porte très bien, malgré la crise. La démarche de développement durable engagée y a fortement contribué.

Autre Exemple l’Imprimerie Arteprint 

Pascal Jarry de l’imprimerie Arteprint : il l’annonce clairement « l’ensemble des certifications obtenues Imprim’Vert, Iso 14001, double certification de la chaîne de papier PEFC, FSC, nous ont ouvert de nouvelles opportunités commerciales et permis de fidéliser nos plus gros clients ».

Dans un contexte actuel assez morose pour le secteur de l’imprimerie, l’entreprise Arteprint tire son épingle du jeu, notamment au niveau économique. Uu chiffre qui parle de lui-même : le bilan carbone réalisé en 2008 a permis de générer 70000 euros d’économies la première année en revisitant le poste des transports.

Au-delà des aspects économiques et environnementaux, l’entreprise toute entière est mobilisée autour du sujet du développement durable : « les salariés sont fiers de travailler dans une entreprise propre et véhiculent cette image à l’extérieur » souligne Pascal Jarry.

Image redorée, plus grande motivation du personnel, meilleure communication avec les partenaires publics et institutionnels,…

Tous ces bénéfices ont permis à l’ensemble des acteurs de porter un regard nouveau sur l’entreprise. Permettant ainsi à Arteprint d’accéder à des subventions nouvelles sur des investissements conséquents de machines plus performantes et moins consommatrices en énergie.