Les réseaux de financement des entreprises solidaires

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     15/12/17    
reseaux financement entreprises solidaires

Des réseaux financent les « entreprises solidaires ». Les personnes en difficulté qui veulent créer une entreprise ou simplement se mettre à leur compte, parviennent rarement à convaincre les banques de soutenir leur projet. Les réseaux de « financiers solidaires » qui exercent les trois métiers financiers (prêter, garantir, apporter des fonds propres) leur apportent leur concours. Ces réseaux prêtent aux créateurs mais ils financent aussi ce que l'on appelle des « entreprises solidaires ». 

Au sens strict, il s'agit de PME et de TPE qui répondent à des critères d'emploi de personnes en difficulté. Dans un sens plus large, ce sont les entreprises, en majorité sous le statut d'associations sans but lucratif, qui poursuivent à la fois une activité économique avec des clients et des objectifs de rentabilité et une action solidaire vis-à-vis de différents publics.

Les réseaux principaux de financiers solidaires en France sont membres de Finansol www.finansol.org. 

L’Adie

est  le leader européen dans le microcrédit aux personnes en difficulté. Elle a été créée par Maria Nowak qui a adapté à la France le principe du microcrédit, inspiré de la Grameen Bank créée au Bangladesh par Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006.
L’objectif de l’Adie est de financer les créateurs qui n’ont pas accès au crédit bancaire, à travers le microcrédit comme les demandeurs d’emploi et les allocataires des minima sociaux. Ces microcrédits peuvent atteindre 10 000 euros qui peuvent être complétés par des prêts d’honneur, primes ou avances remboursables de l’Etat ou des collectivités locales pour financer tous types de besoins : investissement (véhicule, machines), stock, trésorerie, production, etc.
- Les prêts d’honneur peuvent atteindre jusqu’à 4000 € sans intérêt pour compléter le financement du projet mais il est aussi proposé un accès à des primes locales selon des dispositifs mis en place dans chaque région, au dispositif Nacre, etc. Le plan de financement peut ainsi atteindre 20 000 €. www.adie.org,

France Active

très liée à la Caisse des dépôts, propose en priorité ses garanties à des banques qui, sous cette condition, acceptent de prendre le risque de prêter à des créateurs ou à des entreprises solidaires. France Active accompagne et finance les entreprises de l’ESS depuis près de 30 ans et a mobilisé 270 millions d’euros au service de 7 400 entreprises l’année dernière.
Bien plus qu’un réseau, France Active est un mouvement d’entrepreneurs engagés dont l’ambition est de bâtir une société plus solidaire. France Active se fixe pour cela une mission : « Accélérer la réussite des entrepreneurs en leur donnant les moyens de s’engager. » www.franceactive.org

France initiative

 s’appuie sur 223 plateformes locales qui couvrent l'ensemble du territoire (métropole et outre-mer et qui prêtent à des créateurs d'entreprises sans critères sociaux particuliers. Elles proposent des prêts d'honneur (c'est à dire sans intérêt ni caution) qui créent un effet de levier sur le prêt bancaire. Le mouvement est très décentralisé, et les plateformes de France Initiative sont souvent, sur le terrain, abritées et soutenues par des Chambres de commerce. www.initiative-france.fr

Les plateformes Initiative
Associations loi de 1901, elles fédèrent autour d'elles des acteurs publics (collectivités locales en tête) et privés (entreprises et banques), les représentants des assemblées consulaires et des réseaux d'experts. Elles s'appuient sur des équipes permanentes et sur des bénévoles qui apportent à la fois leurs compétences et leur engagement. Les plateformes Initiative peuvent vous aider à renforcer vos fonds propres et à obtenir ainsi un financement bancaire complémentaire. L’obtention d’un prêt d’honneur sans intérêts et sans garanties, qui labellise le porteur de projet, facilite ensuite la bancarisation de son projet.

Il existe d'autres initiatives plus spécialisées, comme la NEF, la Nouvelle économie fraternelle qui prête à des PME ayant un projet « ayant du sens » : activités écologiques, environnementales ; agriculteurs biologiques, etc. La Nef propose des prêts à moyen et long terme d'un montant minimum de 10 000 € pour financer toute création d'activité quelle que soit sa forme juridique. www.lanef.com
Les réseaux qui financent les entreprises solidaires sont très actifs. Grâce à leurs investissements et actions ils ont permis de créer des emplois et redonner de l’espoir.

Les résultats des financiers solidaires sont excellents

En effet,  leurs taux de sinistres sont inférieurs, en moyenne, à 5%. Leur utilité sociale est évidente, prouvée, chiffrée. Mais ce qui est nouveau, c'est de prouver aussi la performance économique. Des études magistrales ont été entreprises ces dernières années, notamment par le consultant Michel de Sahb, qui démontrent que les entreprises solidaires enrichissent les territoires. Le raisonnement est simple : les personnes en difficulté « coûtent » aux finances publiques (allocations, minima sociaux, etc.) alors qu'employées dans des entreprises solidaires, elles deviennent « rentables » : en coûts évités autant qu'en richesses créées.

Mais les coûts de production des financiers solidaires sont très élevés. Il faut 17 heures de travail en moyenne pour financer une entreprise solidaire : accueil, accompagnement des porteurs de projet, décisions, suivi de gestion de l'entrepreneur... Alors qu'un financier spécialisé dans le crédit à la consommation, par exemple, met moins de 10 mn pour engager un crédit de même montant !
C'est la question clé aujourd'hui. Bien sûr, il est plus facile d'obtenir un « crédit conso » pour financer le micro ordinateur ou la voiture dont on a besoin pour créer son activité. Mais où est le projet ? où sont les prévisions d'exploitation ? Où sont le suivi, les conseils attentifs des solidaires, qui rendent plus solides et ambitieux des projets souvent fragiles ? Avec la déréglementation européenne en cours sur le crédit à la consommation, il y a désormais un risque sérieux d'aggravation du surendettement parmi cette frange de clients fragiles et peu aptes à anticiper les difficultés.

Donnez une note à cet article