Reprendre l’entreprise familiale : une bonne idée ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     05/04/15    
reprendre entreprise familiale bonne idee

La transmission familiale d’une entreprise est souvent le gage de sa pérennité, un ou plusieurs enfants reprenant la société au moment de la retraite ou du décès du représentant de la génération précédente, souvent le fondateur. Cependant, mieux vaut réfléchir avant de reprendre l’entreprise familiale, afin d’être certain de ne pas se fourvoyer dans une impasse entrepreneuriale ou successorale, et se poser les bonnes questions…

Raisonner comme un créateur d’entreprise

L’activité d’une entreprise familiale est en règle générale mature, l’entreprise ayant été créée depuis vingt ou trente ans, voire plus si elle est opérationnelle depuis plus d’une génération. Son business est donc établi, mais encore faut-il être certain qu’il soit pérenne au regard des évolutions sociétales et technologiques, ou s’il ne l’est pas qu’il puisse être renouvelé (à l’instar du sellier Hermès devenu fabricant de sacs en cuir lorsque l’automobile a supplanté la traction hippomobile).

Le repreneur du business familial doit donc raisonner comme un créateur d’entreprise et vérifier la validité du business model dans l’avenir, en prêtant particulièrement attention à l’évolution des comptes et bilans sur plusieurs années. Si le chiffre d’affaires ou la marge baissent de façon régulière, il vaut sans doute mieux éviter de s’engager, sauf si vous avez une stratégie qui permettra d’inverser la tendance (lancement de nouveaux produits par exemple). Si au contraire, les indices sont stables, le jeu en vaut sans doute la chandelle.

La transmission est-elle envisageable sur le plan patrimonial ?

L’entreprise familiale représente un capital, relativement modeste pour une activité artisanale ou un petit commerce mais souvent conséquent pour une PME d’une certaine envergure. La reprise de l’entreprise doit s’insérer dans un plan de transmission patrimoniale, le nouveau responsable devant à plus ou moins long terme devenir le nouveau propriétaire.

L’impact fiscal de la transmission ne doit pas être ignoré, mais il est aujourd’hui relativement aisé de minimiser les montants dus et de rendre cette transmission presqu’indolore : les donations permettent de faire échapper une partie conséquente de la valeur de l’entreprise à la succession, et ce d’autant plus que l’on anticipe (les donations pouvant être renouvelées au terme de dix ou quinze ans). Si cela ne suffit pas, le pacte Dutreil permet de réduire très fortement l’imposition, moyennant des contraintes de stabilité du capital.

La présence de cohéritiers (en général les membres de la fratrie) peut également être une source de problèmes : si ceux-ci ne veulent ou ne peuvent être partie prenante de la reprise, il faut être certain d’avoir les moyens de les dédommager afin de maintenir l'égalité entre les héritiers. Si ceux-ci sont d’accord pour participer à la reprise, mieux vaut verrouiller l’accord par un pacte d’actionnaire (qui est obligatoire dans le cas de la mise en œuvre du dispositif Dutreil).

Donnez une note à cet article