Renouer avec la croissance et l’emploi

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     06/04/12    

Les crises économiques successives rendent encore plus vital le rôle des TPE/PME en matière de création ou de maintien d’emplois. Pourtant les banques ont du mal à leur prêter les fonds nécessaires pour financer leur croissance.

Alors que beaucoup cherchent des relais de croissance et se tournent vers les marchés émergents ou les matières premières, il existe en France une catégorie d’actifs qui superforme le CAC 40 huit années sur dix, qui est à l’origine de 80 % des créations d’emplois et de 90 % de la création de valeur ajoutée. Fortes de leurs histoires et de leurs potentiels, les PME forment le moteur principal de la croissance en France et en Europe.

Crise et financement des entreprises

Les hypothèses de croissance pour la France en 2030, telles qu’elles ont été développées par l’OFCE, montrent que la conciliation entre sortie de crise et assainissement des finances publiques implique une augmentation des investissements de l’ordre de 18 %. à l’échelle européenne, la Commission considère que l’Union doit prioritairement assainir ses finances publiques si elle veut garantir les conditions d’une croissance à long terme. Cependant, seule la prospérité retrouvée des entreprises, qui représentent les 2/3 des emplois privés, pourra assurer le succès du redressement économique de l’Union Européenne. C’est pourquoi la Commission européenne a logiquement pris acte de la nécessité absolue de développer et renforcer le capital-risque dans l’espace communautaire. Nul ne doute plus, en effet, qu’entrepreneurs et innovation sont aujourd’hui au cœur des transformations structurelles indispensables pour garantir une sortie de crise durable de l’économie européenne.

Une capacité de financement plus faible qu’à l’étranger

Un foisonnement de structures et de dispositifs mobilisant des fonds publics significatifs sont en place dans notre pays, pour assurer le renforcement des fonds propres des petites entreprises avec des succès inégaux. La capacité des entreprises à financer leur expansion reste, pour autant, dramatiquement plus faible que celles de nos concurrents allemands ou britanniques selon Eurostat (Comptes nationaux 2008). Si les montants du capital-investissement placent la France au second rang en Europe, ils ne représentent, à population égale, que la moitié du montant investi par cette même industrie au Royaume-Uni, et à peine un quart de celui investi au États-Unis. Des solutions doivent donc être trouvées pour combler ce dangereux retard.
A condition d’en restaurer l’attractivité pour accroître les sommes levées, la pérennisation du dispositif fiscalement vertueux ISF PME semble une piste sérieuse à étudier compte-tenu du rapport très positif sommes investies et retombées économiques sur coût réel pour les finances publiques.

Trouver le financement adéquat

Auto-entrepreneurs, artisans et commerçants, TPE du secteur « high tech », TPE innovantes des secteurs non technologiques, TPE à haut potentiel de développement… chaque acteur a des besoins spécifiques de financement, auxquels il est nécessaire d’apporter une réponse adéquate. Nous observons à ce jour, deux grandes typologies d’entreprises et de besoins : Le premier groupe englobe auto-entrepreneurs et TPE des métiers traditionnels appartenant au tissu social local. Ces acteurs, qui utilisent aujourd’hui principalement un financement d’origine bancaire sous forme de découvert, font, plus rarement, appel à des prêts « moyen terme » et ont, de façon exceptionnelle des besoins en financement « haut de bilan » trouvant réponse auprès des banques ou sociétés de gestion. Or les banques, confrontées à la fois aux conséquences significatives des crises de 2008 et de 2011 et à la mise en place des ratios prudentiels « Bâle III », sont amenées à accroître la sélectivité et les taux, si ce n’est à pratiquer un « credit crunch » dont les conséquences sur la pérennité de ces entreprises sont importantes. Le second groupe comprend les TPE innovantes des secteurs non technologiques et du high tech ainsi que les TPE à haut potentiel de développement. Pour répondre aux demandes de ces entreprises, le renforcement de partenariats publics/privés jouera un rôle central. Mise en place d’un réseau formel impliquant acteurs publics et privés du financement en capital au niveau de chaque région ; abondement de fonds privés et publics régionaux ; mise en place d’un guichet unique d’informations relatif à l’investissement en fonds propres, à destination des entreprises, seraient autant d’actions essentielles à l’amélioration des conditions de financement de ce type d’entreprises.

Quel rôle pour le capital-risque ?

En dépit d’un amoindrissement observé, le capital-risque est indispensable à la dynamique et à l’équilibre territorial. Une PME en démarrage nécessite une stabilité d’accompagnement tout en connaissant plusieurs stades de développement qui appellent, chacun, un financement spécifique. Les fonds de capital-risque interviennent tout au long de cette chaîne en apportant des capitaux du stade de l’amorçage à celui du développement. Leurs objectifs : financer la création d’entreprises et l’innovation ainsi qu’accompagner les PME tout au long de leur cycle de vie. La prise de participation en capital-risque va de paire avec un contrôle et l’ancrage de l’entreprise dans une logique de performance, de sorte que les entreprises accompagnées  sont globalement plus performantes que la moyenne (cf. Rapport d’Information AN n°1547). Les professionnels du capital investissement ont été particulièrement actifs dans l’accompagnement de leurs participations dans la durée puisque sur les 483 millions € investis en 2010, 332 millions € concernent des réinvestissements. Depuis 2003, 1 003 entreprises ont été accompagnées et 1 140 millions d’euros ont été investis grâce aux fonds d’investissements de proximité. Le nombre d’entreprises accompagnées a progressé, en moyenne, de 72 % par an depuis 2004 (source : Afic-data.com).
Un accompagnement que les PME méritent d’autant plus qu’elles sont, encore une fois, un véritable moteur pour la croissance et l’emploi. Comme le révèle la dernière enquête de conjoncture PME menée par Oséo, le chiffres d’affaires de l’ensemble des PME a progressé de 4,7 % en moyenne cette année, contre 3,6 % en 2010 !