Faut-il rejoindre un accélérateur de start-up ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale    20/04/17    0
rejoindre accelerateur start up

Proposant des programmes pour faire décoller une entreprise et leurs produits ou services, ces organismes sont très prisés des entrepreneurs. Parce qu’après l’étape de renforcement et de finition du projet vient celle de son accélération, il peut s’avérer utile de savoir comment ces structures s’organisent. Mais surtout, faut-il intégrer un accélérateur de start-up ?

À qui s’adressent ces solutions ?

Les programmes des accélérateurs de start-up mettent en avant des stratégies permettant de réaliser une levée de fonds et de faire décoller une entreprise. Après l’incubateur, dans lequel le projet a mûri et où il s’est affirmé, l’accélérateur permet de passer à la concrétisation de son projet. Le processus de sélection se révèle toutefois très compétitif. De nombreux entrepreneurs tentent l’aventure mais peu d’entre eux sont élus. Sur son blog, Xavier Zeitoun, serial entrepreneur français, raconte comment l’un de ces organismes l’a contacté. Destiné à « tout projet disruptif », L’Accélérateur, aujourd’hui renommé Day One, avait repéré la start-up, 1001 Menus, et souhaitait booster son projet. Sélectionné après deux entretiens, l’entrepreneur confie que les stratégies apportées par cette structure fonctionnent « à merveille » et que, grâce à celles-ci, il a pu relancer son projet et le mener au succès. Les programmes de ces organismes, intenses et structurés, ont pour objectif la réalisation d’une levée de fonds dans un délai réduit compris entre deux et six mois. S’installe ainsi une certaine compétition entre les différentes entreprises, qui les oblige à mettre en place leur stratégie le plus rapidement possible. Ces programmes, dont les plus connus sont Y Combinator, Techstars, SeedCamp et Startupbootcamp, ont tendance à retenir les petites équipes d’entrepreneurs plutôt que les entrepreneurs isolés.

Les grandes étapes pour intégrer un accélérateur de start-up

Pour suivre l’un de ces programmes, il faut savoir convaincre. La sélection repose,en grande partie, sur la capacité du porteur de projet à défendre son idée au cours de ses pitchs de présentation. Première étape : postuler. Le candidat remplit un formulaire en ligne, dans lequel il répond à des questions précises concernant sa démarche et son projet. Romain Amblard, directeur de l'accélération au NUMA, réseau mondial d'innovation spécialisé dans l'accompagnement, explique: « Même s'il n'est pas retenu, un candidat va forcément retirer un bénéfice à postuler. Il peut voir exactement quels sont les points à améliorer dans sa stratégie et son projet. Être confronté à un questionnaire pointu et bien conçu permet de se poser soi-même les bonnes questions. »Les accélérateurs sélectionnent, en principe,une bonne moitié de ces candidatures, qui passent alors à l’épreuve du pitch. L’enjeu, pour elles, s’avère de présenter oralement leur projet en quelques minutes devant un jury. On observe,en moyenne,seulement 2,5% de réussite à cette étape. Le directeur de l’accélération au NUMA indique que les start-upers non reçus bénéficient tout de même d’un retour sur les points à améliorer dans leur candidature.

Trouver la direction avant de viser la perfection

Intégrer un accélérateur n’implique pas forcément que le projet soit parfait. Au contraire, un remodelage de celui-ci s’avère bien souvent nécessaire. Alain Baritault, créateur du Founder Institute Paris, qu'il a dirigé pendant cinq ans, et spécialiste des dispositifs d'accompagnement des start-up, explique qu’« il est très rare que les entrepreneurs ne soient pas amenés à effectuer un ou plusieurs pivots, pour adapter leur idée initiale à la réalité des attentes des clients potentiels. L'une des premières sessions que nous avions mises en place s'appelait justement ''Your idea stinks'', littéralement, votre idée pue, pour amener les créateurs à prendre conscience qu'il était très rare qu'une idée soit à la fois originale et pertinente et les amener à revoir leurs fondamentaux ». L’accélérateur n’est donc pas uniquement un programme pour faire entrer la somme nécessaire à l’aboutissement du projet, il permet aussi de le questionner et de lui donner sa forme finale optimisée.

L’accélérateur : un outil déterminant

Pour les start-up sélectionnées, les retombées de ces programmes s’avèrent souvent décisives. L’accompagnement financier s’accompagne d’un mentorat mis en place par l’organisme entre les start-upers et des entrepreneurs expérimentés, qui leur fournissent conseils et réseau. Les nouveaux entrepreneurs reçoivent également l’accès à des plateformes d’experts pour aborder des problématiques très ciblées. Romain Ablard détaille que, chez NUMA, en ce qui concerne « l'aspect financier, nous leur accordons un prêt remboursable de 25 000 euros pour 18 mois. Ce prêt peut être convertible et se muer en la cession de 5% des parts de leur capital ». L’objectif des accélérateurs étant de faire réaliser une levée de fonds aux start-up sélectionnées, ces structures font bénéficier les nouvelles recrues de leurs contacts avec de grands groupes et partenaires financiers. Pour reprendre l’exemple de NUMA, cette structure compte parmi ses clients des firmes comme Leroy Merlin, la RATP, Le Point.fr, la mairie de Paris ou encore Airbus.Les accélérateurs peuvent se révéler plus ou moins grands, intégrés ou pas à d’autres organismes. À titre d’exemple, deux étudiants de l’école 42, soutenue par Xavier Niel, ont fondé le premier accélérateur de start-up interne à leur école afin d’aider leurs camarades à s’insérer sur le marché du codage informatique. Malgré tous ces points positifs, certaines critiques se font entendre concernant ces organismes : ils détourneraient les talents d’autres start-up à forte croissance, attireraient des entreprises déjà en difficulté ou ne seraient que de simples écoles de démarrage.

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d Vidéo
8 juin 2015 6
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