Réinventer le management : le pari de la confiance

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     17/01/18    
reinventer management pari confiance

Confrontés à la complexité et à la volatilité croissantes de leurs environnements, les managers ont tout intérêt, pour y faire face, à jouer le jeu de la confiance et à s’appuyer sur les talents de leurs collaborateurs. Pour motiver les salariés de la nouvelle génération, il s’agit de donner du sens plutôt que de donner des directives. L’important est de susciter l’adhésion plutôt que d’imposer son autorité ou de jouer sur une relation de pouvoir. 

Autrement dit, la clé est de prendre le contre-pied des pratiques managériales dominantes ! Trop d’entreprises semblent croire qu’il suffit de déployer par injonction ou négociation des objectifs financiers et opérationnels conformes aux attentes des actionnaires pour motiver les collaborateurs et obtenir d’eux qu’ils les atteignent.

Guère besoin de jouer sur l’autorité pour être un manager efficace. Les valeurs comme la confiance, le respect et la reconnaissance représentent les clés d’une nouvelle forme de management.

Confiance synonyme de cohésion. 

Les économistes parlent d’une diminution des coûts de transaction - autrement dit d’une simplification des interfaces au sein de l’entreprise et avec l’extérieur. Un bon exemple pour cela est la politique de remboursement des frais professionnels, qui peut occuper des tomes entiers de manuels de procédures ! Un de mes employeurs résumait très bien cela en une phrase : « N’engagez pas de dépense que vous ne sauriez pas justifier auprès de vos clients ou de vos collègues. ». Les DRH pensent surtout à l’impact d’un climat de confiance entre managers et collaborateurs sur la satisfaction des salariés et à ses retombées pour l’harmonie des relations sociales, pour la facilité des recrutements, et pour la capacité de rétention des talents. Et l’essor des réseaux sociaux amplifie aujourd’hui l’importance de ce climat de confiance. Les consultants apprécient le pouvoir de la confiance relationnelle - entre les membres d’une équipe ou entre ses membres et leurs interlocuteurs extérieurs - pour repousser les limites du possible et pour assurer la pérennité des performances. Enfin, les managers et les entrepreneurs envisagent la confiance davantage sous l’angle du plaisir de travailler en équipe sur un projet porteur de sens et d’interagir jour après jour avec des équipiers, des clients et des partenaires qui vous estiment et qui savent que vous les appréciez.

Confiance n’est pas synonyme de naïveté.

La pratique de la confiance peut rapporter gros, mais les résultats ne peuvent pas être garantis. La contrepartie du droit à l’erreur, c’est la responsabilité pour chacun de tenir ses engagements ou de s’expliquer et d’apprendre. Comme dans tout pari, l’important pour le manager est de limiter la mise aux risques qu’il est prêt à assumer, pour lui-même et pour les autres, et de rester vigilant. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de privilégier le principe de précaution par rapport au principe de confiance en licenciant deux salariés du service comptable à la suite d’un détournement. Faute de pouvoir démasquer un coupable unique, je n’ai pas lésiné sur les indemnités accordées aux deux suspects avérés, et je leur ai expliqué pourquoi je ne pouvais pas prendre le risque de continuer à leur faire confiance.

Confiance : un binôme Win Win

Pour les managers de tous niveaux, créer un climat de confiance c’est d’abord être à l’écoute de ses collaborateurs et leur manifester du respect. C’est se connaître soi-même et avoir suffisamment confiance en soi pour gérer son stress. C’est être vigilant pour ne pas passer à côté des phénomènes qui risquent de détruire le capital confiance, qu’il s’agisse de traumatismes subis lors de restructurations ou de dégradations plus insidieuses : petits arrangements avec la vérité ; manque de feedback et de reconnaissance des contributions ; ou incivilités comportementales comme les retards répétitifs ou le non-respect de ses engagements. C’est avoir le courage d’assumer la responsabilité des éventuels dérapages et de s’engager sur la voie de la restauration : parler vrai ; redéfinir les règles de jeu relationnelles ; et donner à chaque membre de l’équipe l’opportunité de contribuer à résoudre les problèmes du moment.

La confiance : principale valeur pour les entrepreneurs

Les entrepreneurs ont un rôle décisif : adopter quelques valeurs fondamentales, secréter le respect par l’exemplarité de leur comportement, et promouvoir leur application par le déploiement de principes de management cohérents avec ces valeurs. Ils ne doivent pas hésiter à sanctionner lorsqu’un salarié, quel que soit son niveau et quelles que soient ses performances, s’obstine à franchir une ligne jaune et que son comportement devient corrosif pour l’organisation. C’est aux entrepreneurs de donner au management des ressources humaines ses lettres de noblesse, en traitant les recrutements et le développement des hommes comme un investissement d’avenir, et en gérant les départs, volontaires ou involontaires, avec dignité.
Il leur revient d’associer le management à l’élaboration d’un projet stratégique motivant pour les collaborateurs et susceptible de fédérer les autres parties prenantes. Dans une entreprise qui pratique le management par la confiance, les salariés ont suffisamment confiance en eux-mêmes et dans leurs interlocuteurs pour assumer une part de risque ; ils sont prêts à s’investir dans la réussite d’un projet collectif dont ils sont fiers. C’est un actif sans prix quand l’entreprise doit s’adapter rapidement, par exemple pour conquérir de nouveaux marchés, pour réussir une croissance externe ou pour redresser ses performances. En ce qui concerne les start-ups, la confiance qui règne entre les fondateurs et qu’ils réussissent à créer chez leurs premiers clients, chez leurs investisseurs et chez leurs salariés de la première heure représente l’essentiel de leur actif.

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