Ces publicités qui ont été interdites en 2018

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     13/10/18    
publicites ont ete interdites

Les publicitaires sont souvent à la recherche de nouvelles idées pour atteindre et surprendre le public lorsqu’ils doivent créer une nouvelle publicité, sous forme d'affiches, de jingles radio ou de spots télévisés. Entre humour second degré, humour noir ou trash, contenus pour adultes, choquants ou décalés, images ou informations mensongères et trompeuses, ils dépassent parfois volontairement ou non les limites pour les organismes de régulation, les associations ou voire même pour certains spectateurs. Avec la plupart du temps, des conséquences importantes comme l'interdiction de la publicité et une réputation particulièrement entachée. Tour d'horizon de ces publicités en tout genre venues de différents pays qui ont été interdites cette année.

Pas touche à l'avocat

On ne plaisante pas avec les avocats. La chaîne britannique de café Costa début octobre 2018 l'a appris à ces dépens. Elle a créé une publicité pour la radio dans laquelle elle se moque avec insistance du fruit de l'avocatier. Avec l'objectif de promouvoir ses produits et de conseiller au public de consommer ses petits déjeuners sandwich au bacon et muffin à l'œuf. L'entreprise a insisté sur les défauts de l'aliment en déclarant « « Il y a beaucoup à dire pour la défense des avocats mûris à la maison. Bien sûr, ils seront durs comme du bois pendant les 18 premiers jours, 3 heures et 20 minutes et là ils seront prêts à être consommés pendant environ 10 minutes, puis ils seront fichus. » Un trait d'humour qui n'a pu l'air de faire rire grand monde. Des auditeurs ont alors porté plainte, dénonçant des remarques diffamatoires insistant à décourager la population de consommer des fruits et légumes frais. Pour sa défense, Costa a insisté sur le délicat problème du mûrissement de l'avocat et qu'elle ne voulait en aucun cas pousser les consommateurs à choisir entre différents types de petit-déjeuner. Une argumentation qui n'a pas convaincu puisque l'ASA (Advertising Standards Authority, l'autorité réglementant la publicité au Royaume-Uni, ndlr) a décidé de l'interdire et demander à la chaîne de café que ses publicités « n’encouragent pas de mauvaises habitudes alimentaires et ne dénigrent pas de saines pratiques diététiques ».

Un portable pas vraiment étanche

Pour promouvoir son nouveau téléphone, le HTC U11, High Tech Computer, fabricant taïwanais de Smartphones a exagérer quelque peu sur les qualités de son bijou technologique. Dans un spot publicitaire télévisé d'une durée d'environ 50 secondes et intitulé « Extreme Selfies with Tom Daley », l'entreprise vante l’étanchéité et la résistance de celui-ci à l'eau, permettant de faire des selfies immergés. Pour renforcer cette idée, elle a fait appeler à Tom Daley, le plongeur olympique britannique spécialiste du 10 m. Pendant toute la durée de la vidéo, le sportif tient le Smartphone dans ses mains, se laissant tomber plusieurs fois du plongeoir. Tout en s'enfonçant dans l'eau de la piscine, il presse les bords du téléphone pour réaliser des photos. L'appareil en ressort à chaque fois complètement intact et fonctionnel. Or contrairement à ce que fait croire la publicité, le HTC U11 ne résiste qu'à l'eau douce, donc impossible de l'utiliser dans une piscine, et surtout, n'est certifié que IP67 (indice de protection relatif à l'étanchéité, ndlr), c'est à dire une résistance à l'eau durant 30 minutes et uniquement à moins d'un mètre de profondeur. La publicité devient donc mensongère. En conséquence, l'organisme d'autoréglementation publicitaire britannique a décidé de l'interdire en avril dernier, dénonçant des exagérations sur le produit présenté et HTC a dû supprimer la vidéo publicitaire de tout ses sites.

Bien loin du jackpot

En Belgique, début janvier, une campagne d'affichage publicitaire de Starcasino, opérateur de jeux en ligne a fait scandale et a fait réagir de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux notamment sur Twitter. Elle représentait une jeune femme nue allongée sur un lit, baignant dans une mare de billets qui cache ses parties intimes. Au-dessus de celle-ci, un slogan « La sensation de gagner ». Une affiche jugée sexiste et misogyne pour beaucoup. Les plaintes se sont multipliées particulièrement envers la STIB (Société des transports intercommunaux de Bruxelles, ndlr) qui affichait cette publicité dans ses stations. La société de transports bruxellois a donc décidé de l’enlever au bout de 24h. Les mécontentements se sont également accumulés auprès du JEP (Jury d'Éthique Publicitaire, organe d'autodiscipline du secteur publicitaire), l'équivalent belge du CSA en France ou de l'ASA au Royaume-Uni. L'organisme a décidé d'interdire cette campagne et demande à ce que le site lui soumet ses prochaines campagnes avant la diffusion. Pour celui-ci, « l’utilisation de la femme ainsi représentée (que ce soit elle qui éprouve la sensation de gagner ou non) est déplacée pour faire passer un message commercial relatif aux services concernés, à savoir des jeux de hasard, qui ne présentent aucun lien avec le corps de la femme » puis ajoute « que l’image de la femme transmise par la publicité est dénigrante pour la femme et porte atteinte à sa dignité humaine ». Le site de casino en ligne n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'il a déjà été épinglé pour ses précédentes campagnes publicitaires. En mai 2017, le même organisme avait déjà émis un avis péjoratif quant à une affiche présentant une femme tatouée en maillot de bain et mettant en évidence sa poitrine avec la mention « Joueuse ».

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