Procrastiner au travail : une habitude des Français

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     05/04/18    
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« Je le ferai demain », cette phrase si commune dans la vie quotidienne des Français se retrouve de manière récurrente au travail. C’est le lot commun de tous, de préférer remettre une tâche à plus tard à cause de son caractère inintéressant, fastidieux ou compliqué. Un sondage OpinionWay pour jechange.fr a recensé les pratiques des Français au quotidien en matière de procrastination et la réalité oblige les entreprises à réfléchir sur la manière de combattre ce fléau. 

Procrastiner : un mal commun

Pour réaliser ce sondage, 1003 personnes ont été interrogées sur leurs comportements dans leur vie quotidienne que ce soit au travail ou chez eux et la procrastination est omniprésente. Elle devient une pratique courante avec l’émergence des nouvelles technologies. De nombreux salariés s’accordent des moments de « détente » devant leur smartphone en scrutant les réseaux sociaux ou en regardant des vidéos. Même s’il s’agit généralement de quelques minutes par-ci par-là, en réalité à la fin de la journée, la procrastination représente une durée assez considérable. L’étude d’OpinionWay a révélé que 72% des actifs et des étudiants déclarent procrastiner au travail pour une moyenne de 1h54 par jour. Un tel constat, loin d’être anodin, oblige les entreprises à prendre en compte ce phénomène qui génère un manque de productivité. 

Les fausses raisons de la procrastination 

Mais la procrastination a ses raisons que la raison ignore, la plupart du temps les personnes prennent comme excuse le mot magique "se déstresser", et prétendent qu’il s’agit seulement de quelques instants, mais en réalité c'est en fait pour remettre à plus tard les tâches inintéressantes ou compliquées. Le salarié est heureux de se détendre 15 à 20 minutes plusieurs fois dans la journée. Cependant a contrario cette pratique génère aussi de l’anxiété et de la culpabilité quand le salarié a conscience du retard qu’il accumule. Procrastiner n'est donc pas bénéfique pour lui car il ne s’agit pas de prendre une pause méritée et nécessaire mais de ne pas accomplir son travail, ce pourquoi il est rémunéré. Ce comportement, s’il devient habituel et multiplié par le nombre de salariés, entraîne inévitablement des conséquences nuisibles à la bonne marche de l’entreprise.

Les conséquences d’une telle habitude 

Selon le sondage d’OpinionWay, la difficulté la plus récurrente liée à la procrastination est à 67% l’obligation de réaliser une tâche en urgence qui engendre régulièrement des erreurs dues à la précipitation. Mais ce n’est pas la seule conséquence de l'habitude de tout remettre au lendemain. Les entreprises le savent bien, avec la procrastination payer des indemnités de retard pour finir le travail qui aurait dû être fait en temps et en heure devient monnaie courante. Que ce soit pour les impôts, les déclarations diverses et variées, à force de tout remettre au lendemain, les paiements prennent du retard et les pénalités coûtent cher. Tout repousser au lendemain peut même faire rater des opportunités financières. Dans la vie de tous les jours, 40% des Français déclarent que la procrastination leur a fait rater une réservation pour un évènement ou une activité. Au sein de l’entreprise, de tels comportements se reproduisent aussi. Les tâches concernées sont souvent les plus courtes mais les plus rébarbatives, et la phrase « c’est bon, j’ai le temps, je le ferai demain » ne s'arrête jamais. En tant que dirigeant, il faut pouvoir lutter contre cette habitude enracinée chez certains salariés et peut être du dirigeant lui-même.

Un combat pour retrouver l’envie et la motivation 

Pour faire face à une telle situation, il ne s’agit pas non plus de contraindre les salariés, il vaut mieux les informer de la réalité du temps perdu, de ses conséquences et leur donner les clefs pour déjouer ce mal si commun. La procrastination peut par exemple être remplacée par des pauses complètes, divertissantes ou bien reposantes. Le salarié se sentira plus productif une fois bien reposé et détendu et cela lui évitera de compenser par des distractions chronophages. Gagner sur la procrastination est également bénéfique pour le bien-être des salariés. Le sentiment d’avoir bien accompli son travail et de l’avoir effectué dans le temps imparti est source de grande satisfaction, de fierté. D’autant plus qu’une fois que les tâches pénibles sont réalisées, les salariés auront un sentiment de satisfaction et si de plus leur manager leur exprime sa reconnaissance, la procrastination s’éloignera. Considérer qu’accomplir son travail pour un salarié est une chose normale n’est pas porteur de valeurs et les conséquences sont redoutables.

« 1h54 » selon le sondage d’OpinonWay c’est la durée moyenne de procrastination par jour et ce n’est guère négligeable. Lutter contre ce type de comportement apporte non seulement de la satisfaction chez le salarié mais cela apporte aussi un gain de temps. Si un salarié perd 1h54 en moyenne à procrastiner, il termine relativement tard et perd en conséquence du temps sur ses heures de repos. Prendre les devants, c'est gagner de la satisfaction, de la reconnaissance et du temps. 

Le maître-mot pour combattre ce type de comportement, c'est le plaisir lié à la satisfaction du travail bien fait. Malgré leur côté désagréable, les tâches devront être accomplies et il faut donner du sens à une tâche rébarbative. Pour cela, il suffit de l’associer à un objectif de réussite pour le salarié et pour l’entreprise et pourquoi pas permettre au salarié de partir une heure plus tôt ou de venir une heure plus tard.

Même si la motivation devant certaines tâches est difficile à faire jaillir, mieux vaut ne pas ouvrir la porte à la procrastination. Le sentiment de culpabilité qu’elle suscite a pour corollaire de se dénigrer. Pour affronter cette habitude, mieux s’organiser et se motiver avec des récompenses ou des petits plaisirs. Une fois les tâches accomplies tout paraîtra plus simple et vous serez d’autant plus satisfait par vos réalisations. Et quant aux entreprises, les tâches accomplies nécessitent de la reconnaissance qui demande de l’implication. Une évidence de La Palice mais qui n’est guère dans l’air du temps.

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