Privateaser facilite la réservation de lieux pour les groupes

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     31/12/18    
privateaser facilite reservation lieux groupes

En à peine un an et demi, la start-up Privateaser, qui propose aux particuliers comme aux professionnels de réserver et privatiser gratuitement en ligne bars et restaurants, affiche une belle croissance. Ses trois cofondateurs Nicolas Furlani, Raphaël Kolm et Alexandre Paepegaey nous ont ouvert les portes de l’incubateur au sein duquel l’entreprise se développe. 

Connaissez-vous l’incubateur Paris Innovation ? 

C’est au cœur du 20e arrondissement de la capitale, près de la place de la Nation, que ce dernier est implanté. Regroupant près de 15 entreprises, toutes issues de l’univers digital, la pépinière abrite notamment Privateaser, une jeune start-up spécialiste de la réservation de bars et restaurants pour groupes. En moins de deux ans d’existence, elle fait déjà parler d’elle. 

Une réunion mensuelle pour introduire les nouveaux-venus. 

Ce matin-là, dans les locaux de l’entreprise, c’est le jour de la réunion mensuelle intitulée « réunion KPI ». L’ensemble des 20 collaborateurs de la société se réunissent dans une des trois salles partagées par les start-up de l’incubateur pour écouter la présentation du cofondateur Nicolas Furlani. Ce dernier expose les résultats de Privateaser et présente les objectifs pour les années à venir. Au programme ce matin : souhaiter la bienvenue aux nouveaux, rappeler la vision de Privateaser, présenter un panorama de la concurrence et montrer les objectifs d’évolution du produit dans les prochains mois, ainsi que la stratégie marketing d’acquisition. Pleins de vitalité, les salariés de l’entreprise écoutent Nicolas avec attention, qui ponctue sa présentation par quelques traits d’humour. Ce bon état d’esprit qui transpire prend tout son sens à la fin de la réunion, quand Clémence, responsable du pôle opération, se lève pour annoncer la tenue d’un apéritif en l’honneur de l’anniversaire de Dani, 28 ans, responsable commercial de Privateaser. La journée commence bien. 

Trois centraliens qui se forment grâce à l’associatif. 

Les cofondateurs de cette entreprise pétillante, Raphaël, Nicolas et Alexandre, possèdent un parcours similaire. Tous trois âgés de 25 ans, ils sont issus de la prestigieuse école d’ingénieurs Centrale, intégrés après un baccalauréat scientifique obtenu en 2008. « Pour ma part, lors de mon passage à Centrale, je me suis engagé dans une association qui gérait l’IT sur le campus. J’y travaillais en tant que responsable informatique » explique Raphaël Kolm. « C’est grâce à cette expérience que je me suis formé à ce que je fais aujourd’hui. J’ai géré la connexion internet des étudiants, j’ai réalisé le site d’une association sportive qui organisait un événement, développé un réseau social interne… » précise aujourd’hui celui qui est devenu le CTO de Privateaser. Comme Raphaël, Nicolas s’investit dès la première année dans l’associatif. « Avec des amis du rugby, nous avons organisé une campagne pour le Bureau Des étudiants. J’ai motivé 40 personnes pour faire partie de l’aventure ! » précise-t-il. En seconde année, il entre à Centrale 7, une association qui organise un tournoi international de rugby. « J’y ai géré un budget de 150 000 euros. Nous avons fait venir des équipes de rugby à 7 du monde entier, notamment de Nouvelle-Zélande. Ce que je retiens de cette expérience ? Que même si l’on n’est pas expert du rugby à 7, si on se pose les bonnes problématiques, il est possible de gérer un projet de la bonne manière ! » Enfin, Alexandre, lui aussi centralien, profite de son passage en école pour s’occuper de l’organe juridique qui chapeaute toutes les associations. Il y gère un budget d’1,5 million d’euros par an. Pendant son année de césure, il ajoute à son profil administratif et financier la casquette marketing, en rejoignant l’équipe marketing d’une start-up. 

Une filière entrepreneur en commun. 

Après un an de césure et des parcours parallèles, les trois compères se retrouvent en 4e année dans la filière entrepreneuriale. à l’origine de ce choix, des motivations différentes. « Pendant ma césure, j’ai passé un entretien pour devenir trader à New-York » raconte Nicolas. « Un collègue de Centrale m’a fait passer l’entretien. Il a voulu me poser des colles et des questions de cours, j’ai fait un blocage total. J’ai compris que le trading et la finance, ce n’était pas du tout pour moi ! Ayant adoré l’expérience du centrale 7, j’ai rejoint une filiale en Chine d’une petite PME française, au sein de laquelle j’ai eu énormément de responsabilités. Je me suis ouvert à l’entrepreneuriat à partir de là. » Après une nouvelle expérience chez Total à la Défense, le jeune homme se rend définitivement compte que la rigidité des grands groupes ne lui conviendra jamais. Il se lance tête baissée dans la filière. Raphaël, quant à lui, avait déjà côtoyé des entrepreneurs dans son milieu familial. En césure, il passe un an dans une entreprise qui développe un software B to B. Il y fait de l’intégration et renforce son aspect « multicasquettes ». La filière entrepreneur s’impose d’elle-même, comme une évidence. Pendant un an, de septembre 2013 à septembre 2014, les trois jeunes hommes suivent des cours de sensibilisation aux questions entrepreneuriales et assistent à de nombreux témoignages d’entrepreneurs. Ils balayent tous les sujets de façon transversale. 

Des projets entrepreneuriaux avant Privateaser. 

Comme tous les étudiants de la filière entrepreneur, les trois amis doivent trouver un projet entrepreneurial à développer en fin d’études. Avant la start-up qui les occupe aujourd’hui, Alexandre, Raphaël et Nicolas ont tous les trois expérimenté des échecs, dans des domaines différents : objets connectés, éducation et restauration. « Nous nous trouvions à deux mois de l’échéance, il fallait trouver un autre projet » se souvient Nicolas. « J’ai émis l’idée d’une solution technologique qui permettrait aux clients d’un restaurant de faire leur commande directement à table, ce qui économiserait aux serveurs le temps de la prise de commande. » Alexandre le rejoint sur ce projet, mais au moment de tester l’idée auprès des restaurateurs, les deux garçons font face à un mur. En remettant leur projet en question, Nicolas et Alexandre arrivent progressivement à l’idée d’une plateforme qui permettrait la réservation de groupe dans les bars. Nous sommes en juin 2014, le projet prend forme. Les associés rejoignent les locaux de l’incubateur de Centrale pour y construire leur start-up. En parallèle, Raphaël officiait en tant que CTO pour un projet de création dans le domaine de l’éducation. « Nous avons essayé de vendre notre idée à des clients, mais nous avons rapidement vu qu’ils n’étaient pas intéressés » précise-t-il. « En août 2014, nous avons décidé d’arrêter ce projet, et en regardant ce que mes camarades de promo lançaient, je me suis intéressé à Privateaser. Sans développeur en interne, ils avaient déjà réalisé 10 réservations de groupe, référencé 5 ou 6 établissements. Les événements avaient eu lieu, les clients étaient venus et les bars avaient payé leur commission. De concert avec Alexandre et Nicolas, nous avons décidé de m’intégrer au projet pour développer le produit technologique. » Après un mois d’essai et de développement du site, les voyants sont au vert. Les trois associés se mettent sur le projet à temps plein en novembre 2014 et créent officiellement la société Privateaser. 

Une croissance rapide et une ouverture au B to B. 

Rapidement, les trois associés décident de centrer leur activité sur une seule problématique client : la réservation de lieux pour les groupes. à Noël 2014, à peine deux mois après leur lancement, ils reçoivent un e-mail d’Yvan Wibaux, cofondateur d’Evaneos, qui suit leur aventure depuis le début. L’homme leur présente Antoine Freysz, ancien directeur du board de La Fourchette, responsable du fonds d’investissement Kerala Ventures, investisseur chez Doctolib et Hopwork, entre autres. « Grâce à cette rencontre, nous avons bouclé une première opération de financement en mars 2015, de 300 000 € » détaille Alexandre. « En  février, nous avions signé notre premier contrat de travail en tant qu’employeur. Puis nous avons continué à embaucher dans les mois qui ont suivi, notamment le directeur commercial et les premiers développeurs. » Les étapes de développement s’enchaînent. à l’été 2015, Privateaser comptabilise 200 établissements. En septembre, le business décolle, et les entrepreneurs entrent au Welcome City Lab, un des incubateurs de Paris & Co. En novembre dernier, les fondateurs décident de se pencher sur une offre B to B. Ils débauchent une commerciale de chez Fauchon et décide d’étendre leur business aux professionnels. Depuis décembre 2015, la société propose donc à tout organisateur d’événement, particulier comme professionnel, de trouver un lieu pour y réunir un groupe de personnes. « En janvier, nous avons véritablement pris conscience que notre concept était puissant » détaille Alexandre. « Mais il restait le développement technique de la solution à étoffer. Nous avons donc finalisé une seconde levée de fonds de 500 000 euros fin février auprès de nos investisseurs historiques, afin d’augmenter la taille de nos pôles développement et opération. L’objectif était également d’avoir plus de moyens sur le marketing. » à l’époque, l’entreprise compte 12 collaborateurs, dont quelques stagiaires. Aujourd’hui, ils sont 20.

« Des facilitateurs du travail des autres ». 

En à peine 1 an et demi, Privateaser a donc déjà bien grandi. Et le métier des fondateurs a, lui aussi, bien évolué. « Au début, on se pose plein de questions sur la manière de mener la stratégie » détaille Alexandre. « Aujourd’hui, l’équipe est structurée, les salariés de plus en plus autonomes. C’est captivant de voir que les collaborateurs avancent sans toi sur tout un tas de sujets ! » Raphaël, quant à lui, voit son métier comme l’art de « défricher le terrain ». « Nous sommes des facilitateurs du travail des autres » décrit-il. Grosso modo, les trois entrepreneurs sont présents au bureau entre 9h et 20h et travaillent aussi le week-end si affinités. « Je ne travaille plus le soir, sinon je frôlerais le burn-out » précise Nicolas. « Cela nous est arrivé, au début, de faire des journées de 9h à minuit. Mais nous nous sommes vite aperçus que nous n’étions plus du tout efficaces en journée ! »

De nombreux temps forts qui structurent le quotidien. 

Les journées des trois entrepreneurs sont aujourd’hui bien différentes, mais tous les trois structurent leur quotidien autour de temps forts. « Je passe du temps à l’extérieur pour représenter l’entreprise et fédérer des ambassadeurs autour de la marque. D’un point de vue interne, à la fin du mois, je fais un point managérial avec les responsables des différents pôles pour prendre le pouls de la boîte » explique Nicolas. L’équipe technologique, pilotée par Raphaël, organise tous les matins un « stand-up meeting » de trois minutes, où chaque collaborateur répond à trois questions : « qu’ai-je fait hier ? Qu’est-ce que je fais aujourd’hui ? Qu’est-ce qui me bloque ? » Toutes les trois semaines, Raphaël prend également le temps d’organiser des rendez-vous en face-à-face pour savoir si chacun des collaborateurs se sent bien chez Privateaser. « Enfin, régulièrement, nous lançons des cycles de développement produit qui durent 2 semaines » précise le dirigeant. « Pendant ce temps, nous développons la plateforme et je me rends disponible pour aider les techniciens sur leur état d’avancement. » Quant à Alexandre, il organise sa journée en deux temps : le matin et le soir, il est Directeur Administratif et Financier et l’après-midi, il devient responsable du marketing. « Je fonctionne sur des objectifs mensuels et je fais des points toutes les semaines pour ajuster mes actions. »

Fédérer, responsabiliser et rendre convivial. 

Côté management, les trois fondateurs ne cachent pas leur exigence. « Je reste cool, je peux être ami avec tout le monde » détaille Nicolas. « Mais les collaborateurs savent que lorsqu’ils sont au bureau, on ne laisse pas trop de place à l’erreur. Concernant notre produit, on va souvent, peut-être un peu trop, dire ce qui ne va pas, plutôt que ce qui va… » Alexandre confirme : « nous essayons de leur faire comprendre que c’est normal dans une start-up de faire constamment évoluer le produit. Il s’agit d’une course à la vitesse et à l’amélioration. » Néanmoins, les trois entrepreneurs laissent une place très importante aux événements fédérateurs pour les équipes. Deux événements ponctuent le mois : la présentation des KPI, à laquelle nous avons assisté et le « privateatime », moment au cours duquel un pôle de l’entreprise réalise une présentation sur un sujet au choix, plus ou moins liée au business. « Au démarrage, chaque pôle a présenté son activité pour que tous comprennent l’action de chacun au sein de l’entreprise. Aujourd’hui c’est plus varié, nous avons par exemple eu droit à une pièce de théâtre récemment ! » détaille Raphaël. Autre exemple : tous les lundis, certains membres de l’équipe préparent le « lunch presque parfait », c’est-à-dire qu’ils se mettent aux fourneaux pour l’ensemble de l’entreprise. Fédérateur. « Nous voulons vraiment faire en sorte que les collaborateurs apprécient l’entreprise et qu’ils deviennent ainsi responsables et autonomes » explique Alexandre. « Nous ne voulons surtout pas qu’ils se sentent comme des exécutants. C’est pourquoi nous faisons attention à partager régulièrement notre vision. Il faut que l’on soit tous d’accord sur l’orientation globale, cela améliore l’implication des collaborateurs. » 

Des entrepreneurs… équilibrés ! 

Malgré ce beau succès soudain, les trois entrepreneurs n’en gardent pas moins les pieds sur terre et semblent concentrés sur les objectifs à venir. Des embauches, bien sûr, mais également le développement du concept dans d’autres villes en Europe et, plus concrètement, un déménagement des locaux près de la Gare de Lyon à Paris. Les trois copains ont tous conservé une activité extérieure pour s’échapper du quotidien. Raphaël développe : « Nicolas pratique encore le rugby et Alexandre s’occupe des jeunes promotions de centraliens. Quant à moi, j’aide les jeunes entrepreneurs, je fais du vélib’ et j’écoute de l’électro ! » Des activités simples, qui apparaissent comme la meilleure manière pour nos trois compères de conserver un équilibre personnel au milieu du rush de l’entrepreneuriat.

Les valeurs de l’entreprise

Pour l’instant, les trois cofondateurs de Privateaser n’ont pas encore formalisé de valeurs. Mais ils tiennent à certains principes :

  • L’excellence. « Certes, nous travaillons sur un projet festif et convivial » explique Nicolas, « mais nous luttons contre cette image de jeunes fêtards pas sérieux ! Au quotidien, nous cultivons la valeur d’excellence, car nous voulons toujours faire les choses de façon très professionnelle. »
  • L’image de marque. Clara et Alexandre, au pôle marketing, ont entamé un travail de définition de l’image de marque de Privateaser. Après un an et demi d’existence, le moment était venu pour l’entreprise d’affirmer son identité, caractérisée par les notions de transparence, performance et réactivité, notamment. 
  • La convivialité. En parallèle de leur exigence, les cofondateurs savent décompresser. Alexandre, Raphaël et Nicolas possèdent des valeurs humaines fortes qui font d’eux des managers à l’écoute, qui ne désirent qu’une seule chose : que tous les membres de l’équipe se sentent bien chez Privateaser. 
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