Peut-on entreprendre avec un handicap ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     01/05/18    
peut entreprendre handicap

On entend souvent parler de l’obligation, pour certaines entreprises, d’embaucher un certain nombre de personnes atteintes d’un handicap afin de favoriser leur insertion professionnelle. On parle rarement des handicapés qui souhaitent créer leur entreprise. Nombreux sont ceux à envisager l’entrepreneuriat. Reste à savoir dans quelle mesure cela est possible et s’il existe des aides spécifiques.

En France, une personne sur deux est, au cours de sa vie, confrontée à une situation de handicap, de manière ponctuelle ou définitive, d’après les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Pour favoriser l’insertion dans le monde professionnel, les entreprises de vingt salariés et plus ont l’obligation d’employer au moins 6 % de personnes atteintes d’un handicap. Mais qu’en est-il de celles qui décident de se mettre à leur compte en créant leur entreprise ?

« Entreprendre avec sa différence » : un défi insurmontable ?

80 % des handicaps seraient invisibles, selon les MDPH. Le fauteuil roulant, emblématique du handicap, ne concernerait que 2 % des situations et les déficiences sensorielles telles que la malvoyance ou la surdité, seulement 4 %. On enregistre 45 % de handicaps liés à des maladies invalidantes comme l’asthme, le diabète, les allergies, les cancers ou encore les troubles musculo-squelettiques. Enfin, 20 % concerneraient les troubles psychiques comme l’autisme ou la schizophrénie. Quoi qu’il en soit, on ne dénombre pas moins de 70 000 personnes atteintes d’un handicap qui ont fait le choix d’entreprendre en France. Jérôme Adam, aveugle depuis l’âge de quinze ans, entrepreneur et auteur de l’œuvre « Entreprendre avec sa différence », rappelle : « Entreprendre c’est avant tout un état d’esprit […] tout le monde peut avoir un comportement d’entrepreneur. » Il aurait d’ailleurs, selon lui, écrit cet ouvrage afin d’« encourager toutes les personnes qui ont des difficultés, qui subissent des épreuves ou qui ont un handicap, sachant que le livre commence par l’idée que chacun de nous a son propre handicap ». Un beau message d’espoir adressé, en fin de compte, à l’ensemble des entrepreneurs.

L’Agefiph, au service des personnes handicapées

Instaurée par la loi du 10 juillet 1987, à l’initiative de l’obligation d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises privées de vingt salariés et plus, l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) s’adresse notamment aux porteurs, handicapés, de projet de création ou de reprise d’entreprise, inscrites à Pôle emploi, sans activité professionnelle et non démissionnaire. 3 322 créations et reprises d’activité soutenues ont été enregistrées, contre 3 061 en 2013, selon le rapport d’activité de l’Agefiph de 2016. L’association permet de bénéficier d’un accompagnement en amont du projet et d’un suivi post-création. Il est possible de profiter de cette aide quelle que soit la forme juridique de la société (S.A.R.L., S.A.S.U., entreprise individuelle, micro-entreprise). Pour soutenir les frais liés au démarrage de l’activité, une aide financière est prévue à hauteur de 5 000 euros mais n’est accordée que lorsque l’apport personnel se révèle au moins égal à 1 500 euros. Cette dernière comprend alors « une participation à une formation en gestion dans la limite de 250 heures », « un accompagnement et une participation au suivi de l’entreprise pendant trois ans » ainsi qu’une « trousse de première assurance comprenant trois garanties (multirisque professionnelle, prévoyance et santé) ». Notez que, pour son obtention, cette aide doit impérativement être sollicitée à la délégation régionale de l’Agefiph où sera implantée la future activité, avant l’inscription au Centre de Formalités des Entreprises (CFE).

Intégrer un réseau d’entrepreneurs grâce à l’UPTIH

L’Union Professionnelle des Travailleurs Indépendants Handicapés (UPTIH) se présente comme le premier et seul réseau d’entrepreneurs en situation de handicap en France. Née, en 2008, d’une rencontre entre Didier Roche, « serial entrepreneur » non-voyant, co-fondateur du groupe Ethik Investment et dirigeant des restaurants et spas « Dans le Noir ? », et Pauline Arnaud-Blanchard, à l’époque, étudiante en dernière année à l’ESSEC, l’association est basée sur le constat suivant : en France, environ 70 000 personnes handicapées font le choix de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais aucune structure dédiée n’est là pour les aider, les représenter et les accompagner. L’UPTIH a donc pour principale mission de proposer à chaque entrepreneur handicapé un parcours d’accompagnement personnalisé, peu importe si ce dernier se trouve en période de création, de développement ou bien de pérennisation de son activité. À travers son action, l’association, qui endosse également la responsabilité de porte-parole, mène un combat de fond : lutter contre les préjugés d’incompatibilité entrepreneuriat / handicap. Aujourd’hui, celle-ci fédère plus de 530 Travailleurs Indépendants Handicapés (TIH). De quoi donner un véritable coup de pouce aux personnes atteintes d’un handicap qui souhaitent entreprendre.

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