OpenClassrooms rend l’éducation plus accessible tout en créant des emplois

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     10/12/18    
openclassrooms rend education accessible creant emplois

Né alors que son cofondateur, Mathieu Nebra, était encore au collège, le projet d’OpenClassrooms a, depuis, bien évolué. La plateforme de formation continue en ligne délivre désormais des diplômes certifiés par l’État et propose une offre de garantie de l’emploi, une première en France. Immersion.

Un petit coin de Paradis. 

Il est environ 9h15 lorsque nous nous retrouvons face à une grande grille noire, située dans le 10e arrondissement de Paris, sur laquelle est inscrit en lettres blanches « CITE PARADIS ». Une fois les portes franchies, il nous reste seulement quelques mètres à parcourir avant de rejoindre l’immeuble d’OpenClasrooms. À l’intérieur, le parquet grinçant nous laisse penser à un bâtiment ancien. Un petit ascenseur nous mène au quatrième étage. Sur le palier, directement sur notre droite, l’inscription « OpenClassrooms » apposée sur la porte nous confirme notre arrivée à destination. À peine la sonnette a-t-elle retentie qu’Annelise Bourelle, la responsable de communication, nous accueille. Dès l’entrée, nous découvrons un espace harmonieux composé de petits poufs colorés. Du rouge, orange et jaune se mêlent autour d’une table basse sur laquelle sont disposés divers magazines.

Rendre l’éducation accessible à tous. 

Les présentations faites, Annelise nous propose de commencer par visiter leurs locaux de 400 m², proposition que nous acceptons (il faut bien avouer que nous sommes aussi là pour cela). Elle nous conduit alors dans une grande pièce scindée en deux parties. D’un côté, un coin cuisine/lunch où siège, au milieu, une table de type pique-nique, sur laquelle se trouvent diverses viennoiseries destinées aux équipes. Des bancs en bois contrastent avec des meubles modernes rouges ou noirs. De l’autre côté de la pièce, un espace « Meetup Éducation » se voit entouré d’un grand et confortable canapé gris (nous l’avons testé pour les besoins de la rédaction). La responsable de communication nous explique qu’il s’agit « d’un espace prévu pour rencontrer différents acteurs intervenant dans les domaines de l’éducation ». La pièce suivante nous révèle un espace commercial. « Des box servant d’isoloirs et agrémentés de coussins sont établis pour l’équipe, particulièrement pour ceux qui souhaitent passer des coups de fil », ajoute Annelise. Sur l’un des murs, la mention « Rendre l’éducation accessible à tous » inscrite sur fond orange rappelle la principale mission d’OpenClassrooms. Pas le temps d’aller plus loin, l’un des deux cofondateurs, Mathieu Nebra, vient à notre rencontre afin que l’on puisse échanger avec lui.

Passer du Site du Zéro à OpenClassrooms. 

Installés dans une salle de réunion originale, où les murs sont en réalité des baies vitrées, Mathieu Nebra revient sur la naissance du projet : « L’idée a vu le jour alors que j’étais encore au collège. Elle part d’une frustration qui repose sur la difficulté de trouver des cours pour débutant, faciles à comprendre. » Le cofondateur raconte : « Je cherchais des livres pour apprendre à créer un site web en langage HTML et suis allé à la Fnac. Sur la couverture, était systématiquement indiqué que l’ouvrage s’adresse à des professionnels du secteur ». Mathieu décide alors de réécrire l’un de ces livres et lance, en 1999, le projet sous le nom du Site du Zéro, destiné au départ à quelques amis. En plein dans ses études d’ingénieur, le cofondateur décide de se pencher plus sérieusement sur le projet, voyant que celui-ci suscite un certain intérêt. Le bouche-à-oreille fait le reste et l’entreprise change de nom en passant de Simple IT à OpenClassrooms en 2013. Mathieu Nebra explique les raisons de ce changement de nom : « Nous savions que nous allions entamer la création de diplômes et nous ne nous imaginions pas le faire sous le nom du Site du Zéro. Nous souhaitions également nous développer à l’international et avions besoin d’un nom qui fasse directement référence à l’éducation ».

Favoriser la cohésion des équipes. 

En poursuivant notre visite, nous constatons que les équipes sont réparties par domaine d’expertise : administratif, marketing, technique, commercial… Des murs peints en orange, aux couleurs de l’entreprise, mais surtout des poutres en bois et des salles de réunions informelles nous interpellent. « Ces espaces ont été créés afin de favoriser la transparence en interne », explique Annelise Bourelle. Dans le même temps, nous faisons la connaissance de Romain, membre de l’équipe technique, qui travaille depuis cinq ans chez OpenClassrooms. Il nous fait part d’une habitude propre à son équipe : « Tous les matins, à 9h45, nous faisons ce qu’on appelle un stand up. Chacun annonce ce qu’il compte faire pendant la journée et ceux qui arrivent trois fois en retard payent le petit-déjeuner ! », lance-t-il avec le sourire. Côté horaires, les salariés des autres équipes restent assez libres et cela s’effectue en « bonne intelligence ». La preuve étant que, sur les coups de 10h30, les salariés s’avèrent deux fois plus nombreux qu’à notre arrivée… Nous apprenons également que des afterworks, des séminaires, des sorties au cinéma ou dans des parcs d’attractions mais aussi des « team lunches », qui consistent à « désigner qui mange avec qui », sont organisés pour renforcer les liens entre les équipes. 

Un business model qui a fortement évolué. 

« Lorsque nous avons commencé le site, assez rapidement, nous sommes parvenus à réaliser 50 % de notre chiffre d’affaires grâce à la publicité et 50 % grâce à la vente de livres papiers, dérivés des cours gratuits du site », explique Mathieu Nebra. Progressivement, la vente de livres diminue et les entrepreneurs se concentrent sur la publicité, un modèle qu’il juge aujourd’hui comme « trop invasif ». Selon lui, « il valait mieux faire payer une petite portion de personnes en introduisant de nouveaux services plutôt que rester 100 % gratuit avec des pop-ups trop envahissants ». Ainsi, l’entreprise passe, en 2013, du « tout gratuit » au freemium (modèle incluant une partie gratuite et une partie payante dite « premium », ndlr). En novembre 2016, les formations proposées obtiennent l’autorisation de délivrer un diplôme de niveau reconnu par l’État, enregistré au RNCP (Répertoire National de la Certification Professionnelle) de niveaux I et II (équivalents à bac +2 et bac +3, ndlr). À l’occasion de la remise des trois premiers diplômes délivrés par OpenClassrooms, François Hollande et la ministre du Travail leur rendent visite : « Ce n’est pas tant les mots du Président qui m’ont touchés, bien que la démarche fût saine et positive, mais ceux des personnes reconverties grâce à nous », confie le cofondateur. « Je me rappelle d’une personne qui avait dit : « Surtout, n’arrêtez pas, vous avez changé ma vie ». Pour l’équipe, cela vaut toute la motivation du monde. »

Faire reconnaître une formation par l’État : un véritable enjeu. 

Si l’on en croit Mathieu Nebra, deux moments clés ont contribué à la certification par l’état de leurs formations. Le premier concerne leur association avec une école reconnue : « Nous formons en ligne et, après que les étudiants soient passés devant le jury de l’école, le diplôme peut leur être délivré », explique le cofondateur. La seconde étape renvoie directement aux diplômes délivrés par OpenClassrooms, axés sur des métiers de développeurs. Mathieu Nebra détaille la procédure d’instruction qu’il leur a fallu entreprendre : « Nous avons créé un dossier décrivant la manière dont nous validons les compétences des étudiants et celle utilisée pour vérifier la démarche d’employabilité. Une fois cela effectué, une commission a statué et nous a donné l’autorisation de délivrer des diplômes certifiés par l’État pour cinq ans. » Au bout de ces cinq années, il leur faudra donc refaire un dossier et surtout, prouver que le taux d’employabilité des personnes ayant suivi la formation s’avère suffisant : « Si, sur les x milliers de personnes formées, le pourcentage à trouver un emploi se révèle trop faible par rapport à la moyenne du marché, l’État nous retire l’accréditation. Autrement dit, elle ne nous est pas renouvelée. », précise-t-il. Pour favoriser ce point, alors qu’ils disposent d’environ 70 % professeurs freelance et de 30 % permanents, « une sélection est réalisée avant le recrutement des professeurs et des mentors, qui accompagnent les étudiants. Les professeurs ne détiennent pas nécessairement de diplôme général mais plutôt des compétences spécifiques à leur domaine d’activité », ajoute Erwan Poiraud, le directeur du Pôle éducation.

Des équipes responsables et bienveillantes. 

Au cours de notre visite, les salariés paraissent calmes et concentrés, a priori, aucune tension en vue ce jour-là. Lors de notre entretien avec Mathieu Nebra, ce dernier évoque l’ambiance au sein de l’entreprise : « Il y a une forme de bienveillance. Chacun suppose à la base que l’autre est de bonne foi. » Le cofondateur perçoit également ses équipes comme responsables : « Tout le monde essaie de faire de son mieux et s’il y a une erreur ou un échec, ils ne cherchent pas à blâmer mais à trouver des solutions pour parvenir à de meilleurs résultats. » Il nous apprend également que des séances dites de « post-mortem » sont régulièrement mises en place. Elles consistent, lorsque quelque chose a fini par échouer, à se réunir pour en discuter, analyser la situation et voir comment éviter de reproduire cette erreur. Pendant les séminaires annuels, « des décisions, qui ne sont pas nécessairement celles que nous (les cofondateurs, ndlr) aurions prises, sont, par ailleurs, décidées. Nous invitons, encore une fois, les gens à trouver les solutions par eux-mêmes », ajoute-t-il. Si des conflits surviennent, par exemple, « il faut les traiter. Ce n’est pas évident car cela s’avère une question de gestion des égos mais les membres des équipes doivent pouvoir se faire confiance ». Le cofondateur conclut : « C’est le travail de toute une vie mais, à mes yeux, de cette façon, on parvient à produire le meilleur écosystème et le meilleur fonctionnement d’équipe. »

Entre ambition et prise de risques. 

En nous baladant dans les bureaux, nous découvrons un deuxième espace cuisine, une sorte de mini bar avec des chaises hautes ainsi qu’un petit coin canapé, dans lequel une salariée s’est assise pour travailler, un casque sur les oreilles. Tout autour, trois salles de réunion aux murs « transparents » demeurent inoccupées sauf une, où s’est déroulé l’entretien avec Mathieu Nebra. « Nous prenons le parti pris assez fort de parler du monde de demain plutôt que celui d’hier, surtout que les choses évoluent très vite dans le domaine dans lequel nous nous trouvons. » Avec pour but d’atteindre les 500 diplômes délivrés par l’État en 2017 et les 20 millions d’inscrits d’ici 2020, l’objectif d’OpenClassrooms se présente comme ambitieux. D’autant plus que, récemment, ils ont lancé ce qu’ils appellent l’« Emploi garanti », une première en France. Selon le cofondateur, l’idée s’avère de garantir à toute personne qui obtient un diplôme chez OpenClassrooms de trouver un emploi dans les six mois, sinon l’entreprise lui rembourse sa formation. « Pour nous, il s’agit simplement de la matérialisation de notre mission », lance Mathieu. « Elle demeure de rendre l’éducation accessible à tous et notre vision s’avère d’aider les individus à trouver un emploi ou les faire évoluer dans leur poste », ajoute-t-il. Ils projettent d’ailleurs d’afficher publiquement et en temps réel, d’ici la fin de l’année, la proportion de personnes à trouver un emploi par parcours, en combien de temps et avec quel salaire en moyenne. Une manière de rester fidèles à eux-mêmes, c’est-à-dire le plus transparent possible.

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