La notation des entreprises par les salariés, bonne ou mauvaise idée ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     19/08/18    
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Les plateformes de notes et d'avis se multiplient depuis plusieurs années. Les sites de notation d’hôtels et de restaurants comme Booking et TripAdvisor connaissent un franc succès. Un nouveau type d'appréciation s'est également mis en place, celui de la notation d’entreprises. Elle permet aux salariés de témoigner de leur expérience au sein de leur société. Source d'opportunités pour les uns, point de départ de dérives pour d'autres, ces plateformes qui permettent d’évaluer les firmes nourrissent le débat.

À l'étranger, les plateformes permettant aux salariés de noter leur entreprise sont très appréciées notamment en Allemagne avec Kununu, où plus de 2,8 millions de commentaires ont été déposés sur 734 842 sociétés. Dans l'Hexagone, des tentatives ont été réalisées dès 2008 mais les sites ont rapidement mis la clé sous la porte. Aujourd'hui, un groupe restreint se partage ce secteur dans le pays.

Les plateformes leaders en France

Glassdoor fait office de numéro n°1 des sites de notation d'entreprises. Créée en 2007 par Robert Hohman, Rich Barton et Tim Besse, la plateforme américaine recense plusieurs millions d'avis sur plus de 700 000 entreprises dans 190 pays. En octobre 2014, elle décide de se lancer en France. Les salariés peuvent donner anonymement leur opinion sur leur société, leur salaire ou leurs compléments sociaux ainsi que fournir un compte-rendu d’entretien d’embauche en y indiquant les avantages et inconvénients. Pour les demandeurs d’emploi, Glassdoor propose également des offres de travail venant de sites partenaires ou d'annonceurs. C'est pour eux l'occasion d'avoir une vue d'ensemble sur une entreprise afin de savoir s'ils doivent s'engager ou non. Du côté des entreprises, elles peuvent générer leur propre espace de présentation et répondre aux avis déposés.

Choose my company, fondée en 2011 par Laurent Labbé, marche sur le même principe, mais propose d'autres fonctionnalités. 1 058 521 avis ont été déposés, 10 546 sociétés ont été évaluées et plus de 137 559 offres d'emploi et de stage ont été proposées. Salariés, candidats, stagiaires, mais également clients peuvent déposer leurs avis. Ils sont amassés sous forme de questions fermées ou ouvertes comme « Trouvez-vous votre environnement de travail stimulant ?» ou « Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre entreprise ? ». Une rubrique « Open Salaries » permet de découvrir les salaires des différents membres d'une société. D'autres sites comme Viadeo, réseau social professionnel lancé en 2004 à Paris, proposent des services similaires.

Les opportunités de la notation

Les sites de notation d’entreprises amènent une certaine remise en question auprès de celles-ci. De ce fait, elles vont avoir tendance à essayer de répondre aux besoins de leurs salariés, évoluer sur certains aspects ou complètement changer sur d'autres. Dorénavant moins récalcitrants face à ces plateformes, les dirigeants peuvent utiliser la transparence et la liberté de parole de leurs salariés afin de mettre en avant leur entreprise, la booster, captiver de nouveaux talents ainsi que les fidéliser. Le groupe BCPE, organe central commun à la Banque populaire et la Caisse d'épargne, ainsi que l’établissement bancaire la Société Générale alimentent l'espace qui leur est dédié sur les sites de notation. Une bonne ambiance, un niveau de rémunération et des conditions de travail correctes semblent être des atouts majeurs en matière d’attractivité d'une société. La marque employeur est ainsi valorisée sur internet et impacte l'engagement ou non de candidats qui souhaitent rejoindre une entreprise notée sur l'un de ces sites.

Ces plateformes constituent des moyens pour les firmes de répondre aux avis, qu'ils soient élogieux ou non. Même les commentaires négatifs ont leur importance : 52 % des internautes font plus confiance à une société qui dispose de quelques opinions péjoratives, selon un sondage réalisé par Capterra (service web américain qui aide les entreprises à trouver le logiciel dont elles ont besoin, ndlr). Des labels sont même créés comme « Happy at Work » par le site choosemycompany.com, qui récompense les entreprises où les salariés sont heureux de travailler. Dans le classement 2018 pour les firmes de plus de 5 000 salariés, à titre d’exemple, c'est le leader mondial en Conseil & Audit, Deloitte, qui est arrivé en tête.

Les dérives possibles

Pour les ressources humaines et les membres de la communication, éléments nécessaires pour présenter l'entreprise sous son meilleur jour, les plateformes de notation peuvent engendrer un impact notable. Des ex-salariés mécontents, des candidats recalés ou des personnes en conflit avec la firme pourraient en effet déposer des mauvaises notes et des commentaires négatifs. L'e-réputation d'une société peut alors être entachée, menaçant son activité et provoquant la méfiance de potentiels clients, partenaires ou fournisseurs. Cela peut aussi dissuader d'éventuels candidats qui souhaitaient postuler au sein de celle-ci ou même l’intégrer à la suite d’un entretien. Et puis si ces informations restent visibles facilement et longtemps sur le web, l'entreprise aura du mal à rétablir la confiance et redorer son image. L'accueil et la réception de ces critiques négatives auprès des sociétés ont provoqué la disparition de certains sites de notation comme notetonentreprise.com, créé en 2008, qui a récolté plusieurs procès pour diffamation.

Des sites de notation d'entreprises en France comme Glassdoor et Choose my company attirent les salariés, leur permettant de donner leur avis. Pour certains dirigeants, ces plateformes sont un atout pour faire preuve de transparence ainsi qu'un outil important de communication et d'engagement. Malgré tout, la réputation d’une société et l’image qu’elle montre sur internet peuvent être affectées par ces systèmes et provoquées quelques dérives.

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