Mon entreprise est-elle prête à être vendue ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     19/05/11    
Mon entreprise est elle prete a etre vendue ?
La transmission d’entreprise est un acte de gestion qui vise deux objectifs différents : donner à l’entreprise les moyens de se vendre sur un marché concurrentiel tout en garantissant sa pérennité et se créer un capital dans les meilleures conditions. Ces deux approches sont interdépendantes et nécessitent de s’y prendre en amont de la vente effective.

Effectuer un diagnostic réaliste de votre entreprise

Cette phase est très délicate : elle consiste à faire le point sur votre entreprise et évaluer ses forces et ses faiblesses. Prenez en compte tout ce qui peut attirer des repreneurs et augmenter la valeur de votre entreprise (un système d’information performant, des procédures claires…). N’oubliez pas les éléments pouvant, a contrario, freiner un repreneur et diminuer la valeur de votre entreprise (une dépendance trop forte de l’entreprise au dirigeant par exemple).
Vous pourrez alors mettre en place votre « plan de pérennité » pour l’entreprise. Il comprend les actions à mener pour rendre votre entreprise attractive aux yeux d’un repreneur, et celles permettant d’optimiser les conséquences fiscales et patrimoniales de l’opération. Il vous faudra établir le calendrier de ces étapes.
La conception et la mise en œuvre d’un plan de transmission peuvent prendre plusieurs années. Vous pouvez d’ores et déjà prendre des mesures de sauvegarde : dispositions en faveur du conjoint, mesures de prévoyance et d’assurance en cas de décès ou d’invalidité (valable aussi pour les associés), provisions pour les charges futures…

Il vous faut analyser le mode de fonctionnement de votre entreprise :
• Y a-t-il des procédures clairement établies ?
• Qui fait quoi au sein de la structure ?
• Les contrats commerciaux sont-ils signés ?
• Le droit du travail est-il scrupuleusement appliqué ? (Y a-t-il un délégué du personnel élu ?)
• La situation fiscale (TVA, taxe professionnelle, d’apprentissage…) et sociale (cotisations URSSAF, maladie, retraite) est-elle saine ?

Les étapes du diagnostic doivent vous permettre de mettre à jour les forces comme les faiblesses, les opportunités comme les menaces et, ainsi, vous permettre de réagir avant la vente.
La répercussion en sera immédiate, l’entreprise sera plus saine, elle intéressera plus de repreneurs, vous pourrez vendre plus rapidement, au meilleur acheteur et en faire un véritable investissement à long terme pour le repreneur.

Cela peut signifier : embaucher, former du personnel, réinvestir dans un outil de production plus performant, remettre à jour des contrats commerciaux qui avaient été renouvelés oralement, vérifier que vos fournisseurs sont toujours les plus compétitifs, effectuer une opération de croissance externe… Bref, mettre en œuvre toutes les actions qui vous permettront de mieux valoriser votre entreprise. Dans le jargon, on appelle cela « habiller la mariée » !

Rendre la mariée plus belle !

Parallèlement, le cédant doit apprendre à regarder son entreprise avec un œil extérieur. Un premier état des lieux lui permet de définir ses points forts et ses points faibles. Puis il doit imaginer les moyens d’optimiser son affaire avant de la mettre sur le marché : développer son portefeuille de clients, recruter du personnel qualifié ou former les salariés en poste, envisager une croissance externe, se séparer de l’immobilier non stratégique, ou tout simplement « toiletter » les comptes… Il faut en profiter pour réaliser un mini-audit juridique de l’entreprise, afin de s’assurer qu’aucun blocage ne viendra retarder le processus une fois qu’il sera enclenché (par exemple, un point obscur dans la situation immobilière de l’entreprise, la présence d’associés minoritaires, des contentieux en cours, etc.).

Mais si vous voulez profiter d’une opportunité, vous avez intérêt à ce que votre entreprise soit toujours une « belle mariée » pour être toujours prête à être vendue. En effet, savoir vendre au bon moment est une donnée essentielle du processus de cession. Contrairement à la pente naturelle du chef d’entreprise, qui tend au fil des années à se désengager de son affaire, il vaut mieux vendre quand tout va bien et continuer à investir jusqu’au dernier moment.