Mieux piloter son entreprise : quels indicateurs surveiller ?

Alexandra Goachet    18/10/13    2
indicateurs

Ou comment utiliser les données de son bilan et les éléments faisant la réalité de l’entreprise pour les transformer en informations utiles et lisibles à la décision.

Comprendre les comptes de son entreprise

Tous les dirigeants ont besoin de comprendre leur bilan. En indiquant cela, il n’est pas question de maîtriser les logiques et mécanismes comptables qui relèvent de la compétence de votre comptable. Par contre, il s’agit de traduire votre bilan en élément propre à la gestion quotidienne de votre activité. Une toute autre affaire. 

Chaque année, vous obtenez votre bilan et compte de résultat. Pour certains, on vous remet également le tableau de financement, les soldes intermédiaires de gestion et l’annexe comptable. L’ensemble doit vous permettre de savoir en quoi la situation de votre entreprise à changé entre deux années fiscale : quelles ont été les variations significatives dans votre activité ? Comment votre trésorerie a-t-elle évoluée ?

Cependant ces informations ne sont qu’une lecture à un instant « T » d’une situation correspondant à une année écoulée. Il est important de toujours les mettre en perspectives avec les réalités économiques immédiates afin de maîtriser tout dérapage éventuel.

Les indicateurs : comment les choisir ?

De nombreux indicateurs existent, il faut y réfléchir et les mettre en place progressivement. En effet, au départ il est plus facile de n’en suivre que 3 à 4 correspondant aux voyants à suivre impérativement. Au fur et à mesure, le dirigeant se trouvant plus à l’aise et voulant suivre plus d’éléments, on peut mettre en place des indicateurs complémentaires. Sans devenir une « usine à gaz », il est possible de disposer d’information en temps réel même pour une petite entreprise.

Concrètement, on peut choisir parmi des centaines d’indicateurs, mais quelques uns semblent plus prioritaires que d’autres selon la situation de l’entreprise. Il est judicieux de les limiter à ceux nécessaires pour atteindre les objectifs et la stratégie fixés par le dirigeant. Ils couvrent plusieurs aspects.

Par exemple, plus la situation est difficile, plus on va se concentrer sur la trésorerie, le besoin en fond de roulement, les délais de paiements clients et fournisseurs. Si vous êtes dans une situation plus confortable, vous allez vous pencher, en plus des précédents, sur des indicateurs de productivité : la production horaire moyenne, le prix de revient horaire.

Il existe donc plusieurs catégories d’indicateurs qui recouvrent de nombreuses actions de surveillance :
Financiers : seuil de rentabilité, besoin en fond de roulement, trésorerie, rotation des stocks, délai de règlement client et fournisseurs, cycle d’exploitation.
Commerciaux : CA par activité ou famille de produits, CA par client, nombre de devis perdus ou signés, nombre de litiges.
RH : taux d’absentéisme, taux d’accidents, coût de la sous-traitance
Productivité : contribution à la marge, coûts de production, capacité de production utilisée/inutilisée.
Cette liste n’étant que la face immergée de l’iceberg dont la taille peut varier en fonction de vos ambitions.

L’enjeu des indicateurs, et donc des tableaux de bord qui y sont associés, est de mesurer l’atteinte de vos objectifs. Il faut les envisager comme un moyen de réaliser un diagnostic pour évaluer la performance de votre entreprise. Ils vous offrent aussi la possibilité d’être des outils de communication afin d’informer et de motiver vos équipes, mais également de faciliter vos prises de décisions. La perspective étant de progresser.

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14 novembre 2014 6
À propos de l'auteur
Alexandra
Alexandra Goachet
Dirigeante de Boomerang Consultants, conseil en amélioration des performances et maîtrise des coûts des TPE-PME
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2 commentaire(s)
Alain NAPP

Je rajouterai que si disposer d'indicateurs semble maintenant important pour tout dirigeant d'entreprise, il est indispensable que ces indicateurs soient alimentés en temps réel.

Il nous apparaît normal que lorsque nous appuyons sur l'accélérateur de notre voiture, l'indicateur de vitesse bouge en conséquence, et fournisse la vitesse instantanée.
Comment pourrions-nous accepter de ne connaître, qu'après une distance parcourue, la vitesse moyenne de ce parcours ?
D'une part, cela ne nous sert à rien, d'autre-part, cela ne nous permet en aucun cas de vérifier un dépassement de vitesse autorisée, et donc d'éviter une prune.
Le compteur de vitesse fait partie des équipements standards dans une voiture, non ?

Alors pourquoi, dans l'entreprise, peut-on encore vivre sans de tels indicateurs ?
C'est pourtant ce qu'on trouve dans 99% des entreprises en France, des plus petites aux plus grandes.
On pilote avec des coûts standards, préétablis, historiques, arbitraires,...

Et on se demande encore pourquoi tant d'entreprises disparaissent en ce moment !

GOACHET Alexandra

Bonjour Alain,

Votre illustration est très juste. Il y a encore beaucoup à faire pour que les dirigeants de petites entreprises consacrent le temps nécessaire à ces outils.
Cordialement

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