Les avantages à créer une banque publique ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     30/04/12    
Les PMI/PME rencontrent de plus en plus de difficultés pour obtenir des prêts afin de financer leur développement. Une difficulté qui pourrait être dépassée en concrétisant le projet de création d’une Banque publique de l’industrie.

Les accords de BâLE 3 obligent les banques françaises à augmenter leurs fonds propres. Celles-ci ne sont pas toujours en mesure de financer les petites entreprises qu’elles ont du mal à appréhender, et dont le temps d’instruction du dossier est jugé peu rémunérateur, en comportant des risques plus importants que ceux des grandes entreprises.

Sortir de l’impasse du financement des PMI

Il faut se rappeler que les PMI ont été créées avec des apports financiers dérisoires, et qu’elles traînent des fonds propres chroniquement insuffisants, d’autant que leurs marges bénéficiaires ont été amputées par leurs grands clients qui, de surcroît, règlent leurs factures à 45 ou 60 jours fin de mois. Enfin les banquiers n’ont pas toujours les connaissances économiques et industrielles nécessaires.Les conseillers d’agences ont recours à des logiciels informatiques paramétrés et très éloignés de la réalité du terrain.

Mobiliser les capitaux pour sauver les PMI

Pour contourner ces obstacles préjudiciables à notre sortie de la crise économique, a été proposé par le Gouvernement la création d’une banque publique autour du Trésor, de la Caisse des dépôts et Consignations, d’Oséo, du FSI, de la CGPME, et s’appuyant sur des praticiens de la PMI/PME. Il ne s’agit pas de sauver des entreprises en difficulté – au sens juridique du terme – mais de trouver des capitaux pour financer des activités industrielles. Les produits nouveaux exigent des efforts sur plusieurs années et se trouvent en opposition avec le court termisme des banques de réseau qui exigent une rentabilité la plus rapide possible pour satisfaire les exigences de leurs actionnaires. 

Les missions de cette nouvelle banque

1) Accorder rapidement – comme le faisait autrefois le CEPME – des prêts d’une valeur de 50 000 à 500 000 euros aux PMI afin qu’elles puissent, en priorité, assurer l’amélioration de la qualité de leurs produits et services, financer l’innovation indispensable ainsi que la recherche-développement, acquérir du matériel performant, ou déposer des brevets à l’INPI, procédure souvent dangereusement négligée pour des raisons de coûts.

2) Financer et accompagner des projets industriels de long terme, les entreprises moyennes n’ayant pas accès à la Bourse, d’autant que de nombreux fonds privés ne veulent pas s’engager au-delà de 5 à 7 ans, ce qui ne correspond pas aux besoins de l’industrie.

3) Accorder des prêts pour financer la trésorerie exsangue des entreprises moyennes, les banques traditionnelles se réfugiant derrière une réglementation qui ne leur permet pas de prêter les liquidités pour répondre au besoin de fond de roulement, contrairement aux banques allemandes.