Lean start-up : les dérives de la méthode

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     27/01/16    
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Concept développé en 2008, la Lean start-up vise à établir une stratégie complète préalable au lancement d’un produit. Méthode jugée indispensable par les entrepreneurs pour vérifier si un modèle économique est viable, la Lean start-up bénéficie cependant de quelques inconvénients qu’il est difficile de contourner. Quelles sont alors les dérives de la méthode Lean start-up, et quelles en sont les principales limites ?

Un manque de vision d’avenir

Le lancement d’un produit et d’un service doit pouvoir bénéficier pour le secteur marketing d’une étude de marché optimale et correspondre aux besoins réels des clients. Afin d’établir avec le plus de certitude possible que ce dernier est bien en adéquation avec le modèle économique d’une entreprise, la Lean start-up vient alors vérifier, améliorer et ajuster une stratégie. Un canevas de modèle économique est ainsi créé, répondant en principe à l’ensemble des questions que l’entreprise doit se poser dans le cadre de son business model. Cependant négligeant pour beaucoup une vision à long terme du produit, cette stratégie s’avère être un frein à une vision d’avenir. Une simple Lean start-up à propos du site Blablacar par exemple, et le site n’aurait jamais vu le jour car la plateforme a dû attendre 8 ans avant que son modèle économique ne devienne rentable. Même si dans un souci de rentabilité une stratégie marketing doit être la plus efficace possible, rien ne peut prédire avec une certitude absolue qu’un produit ou un service rencontre l’adhésion des consommateurs.

Une rapidité à tout prix

Facteur temps et vision à long terme sont alors les points principaux négligés par cette pensée Lean, qui réduit de plus en plus les cycles de production et de commercialisation des produits. Dans une optique de politique de retour client efficace, un risque de lassitude peut survenir à force de solliciter les utilisateurs. Requérant en effet une sollicitation continue des prospects, la Lean start-up doit mesurer régulièrement les progrès réalisés par le lancement d’un nouveau produit ou service. De même dans le cadre d’une politique de tests régulière, les principaux intéressés peuvent vite se lasser du produit et ne pas se fidéliser par la suite. Cette vérification de la validité des concepts ou design itératif ne constitue pas une méthode miracle, et rien ne prédit pour les entrepreneurs qu’elle s’appliquera exactement à l’ensemble des besoins futurs de l’entreprise.

Un facteur humain négligé

Concernant un produit spécifique, la Lean start-up néglige l’aspect humain de façon notable en accentuant la stratégie sur la rapidité et le retour utilisateur immédiat. Les entrepreneurs et leurs collaborateurs sont ainsi souvent amenés à faire des choix entre les avis et parfois à écarter des idées pourtant judicieuses mais qui requièrent plus de temps. Cette vision à court terme impacte alors directement l’avenir de l’entreprise et le facteur humain, dont les réactions sont souvent imprévisibles et pas toujours rationnelles. Dans le même ordre d’idées, une Lean start-up étouffe l’innovation avec cette vision à court terme car elle privilégie plutôt une innovation incrémentale plus axée sur les détails et leur perfectionnement. Un aspect négatif de la Lean start-up à ne pas négliger est la difficulté pour de nombreux entrepreneurs à dénicher des investisseurs. Peu d’entre eux se satisfont en effet d’un projet avec un modèle économique sans vision à long terme dont rien dans le futur ne prédit le succès.

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