Le moral ? Une question d'équilibre !

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     01/04/10    
Interview d'Augustin Paluel-Marmont, co-fondateur de la marque Michel et Augustin.

Comment arrivez-vous à garder la motivation ?

La clé réside dans la gestion de l'envie car on ne peut réussir que lorsqu'on a envie de faire. Si je ne fais que des tâches récurrentes, j'ai tendance à me lasser vite, alors je me régénère tout le temps en étant dans une dynamique de création. à la Bananeraie (ndlr : les locaux de Michel et Augustin), nous avons la chance d'être constamment en phase de création, d'avoir toujours des idées nouvelles pour nos produits ou des évènements de communication. Ensuite, ce qui préserve ma motivation c'est la joie de travailler avec une équipe motivée. Dans cette boîte il n'y a pas que deux locomotives, Michel et moi, chacun représente une locomotive pour l'entreprise.

Cet état d'esprit positif est naturel en vous ou bien vous l'avez développé ?

Un peu des deux je pense. Par nature je suis quelqu'un qui a plutôt la patate ! Mais après c'est une question de décisions : soit on se plaint toute la journée et on voit le verre à moitié vide, soit on se force à être positif et à voir le verre à moitié plein. Personnellement, je me force à voir tout de manière positive. Par exemple, on parle souvent de la thématique de « l'échec » en entrepreneuriat. Moi je parle jamais d'échecs, mais plutôt d'enseignements qui me permettent de toujours progresser. Il faut faire attention car l'auto-dépression arrive vite ! J'ai remarqué que les personnes qui réussissent dans la vie sont positives, ont du bon sens, une grande énergie et une capacité à bien s'entourer.
Ensuite, il existe un secret pour rester positif : faire du sport. Le meilleur remède pour voir la vie en rose c'est de faire du sport ! Je cours trois fois par semaine minimum, cela m'aide à garder un bon équilibre de vie.

Comment réussir à tenir sur la longueur ?

Je pense que tout dans la vie est une question d'équilibre. Certains entrepreneurs ne vivent que pour leur boîte pendant 30 ans mais, à côté de cela ont une vie privée assez chaotique. Moi j'ai différents pôles dans ma vie : mon travail, ma femme, mes enfants, le sport… et j'essaie d'équilibrer tout cela. Nous avons sans doute beaucoup trop travaillé au départ pour créer l'entreprise. Physiquement nous avons tout donné et nous nous sommes épuisés. L'été dernier j'ai fait le choix de prendre sept semaines de vacances pour enfin faire un vrai break et me régénérer, revenir avec les batteries pleines. Certes il faut beaucoup travailler pour créer sa boîte, mais il ne faut pas le faire de manière excessive, au détriment de son équilibre de vie. Enfin je pense que le seul moyen de tenir sur la longueur est de préserver son capital santé.

Comment faites-vous pour transformer les coups durs en « enseignement » ?

Lorsqu'il y a des difficultés, le fait d'être associé à mon ami Michel m'aide énormément. Savoir que l'on est deux pour prendre des décisions est très rassurant. Et quand l'un de nous deux ne va pas bien, l'autre est toujours là pour l'épauler. Autre chose, je ne parle jamais d' « échec » : le fait de ne pas utiliser ce mot représente déjà une démarche positive ! Parler plutôt d' « enseignement » est tout de suite plus constructif.

Comment arrivez-vous à trouver un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?

Mes agendas sont assez chargés, mais j'arrive à les respecter ! Je me suis fixé la règle de ne jamais annuler les trois sessions de sport que je me programme chaque semaine à l'heure du déjeuner. Même si l'on me propose un rendez-vous important, si j'ai prévu d'aller courir ce jour là, je demande à caler le rendez-vous un autre jour. Il faut se fixer des règles pour bien fonctionner et surtout les suivre. Je ne supprime jamais ce moment de sport car je sais que j'en ai besoin pour mon équilibre. J'ai également décidé de ne plus sortir le samedi soir pour pouvoir me coucher à 22 h et ainsi avoir la patate le dimanche matin, me ressourcer et bien attaquer la nouvelle semaine. Pour avoir le moral, il faut apprendre à bien gérer son capital énergie.