Le capital investissement

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     27/01/11    
Grâce aux FIP et aux FCPI, l’épargne des ménages finance les PME.

A travers les Fonds d’investissement de Proximité (FIP) et les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI), la France a un dispositif original de financement des PME. Alors que partout dans le monde, le capital investissement est réservé aux acteurs institutionnels, en France il s’ouvre au grand public. Les pouvoirs publics français ont en effet incité les ménages à investir une partie de leur épargne au capital des PME en prévoyant des incitations fiscales fortes. Les réductions d’impôts, impôt sur le revenu et ISF, sont la contrepartie de la prise de risque financier et d’un emploi de l’épargne conforme à l’intérêt général.

Une incitation efficace

Et ça marche ! Depuis plusieurs années, les FIP et les FCPI collectent environ un milliard d’euros (1,13 milliard en 2008 et 900 millions en 2009). Plus de 135 000 épargnants ont témoigné leur confiance aux investisseurs en capital en 2009. Les FCPI investissent dans des entreprises innovantes, tandis que les FIP investissent dans des PME régionales. Les sommes collectées sont investies dans le tissu de PME françaises pour financer leur croissance. Des centaines d’entreprises en ont bénéficie depuis 1997.

Les FIP et les FCPI sont donc un maillon essentiel de la chaîne de financement des PME alors que celles-ci rencontrent des difficultés à trouver d’autres sources de financement

Une incitation à sauvegarder

Avec la loi de finances pour 2011 publiée le 30 décembre, les Pouvoirs Publics ont confirmé leur volonté de développer les FIP et les FCPI en prolongeant leur régime fiscal incitatif alors que beaucoup de « niches fiscales » étaient remises en cause en raison de la rigueur budgétaire nécessaire. En maintenant l’effort sur le capital investissement, l’Etat montre que le financement des PME est vital pour leur développement et donc pour l’économie et l’emploi.

Avec la réforme fiscale qui s’annonce, il faudra veiller à ce que l’incitation à l’investissement dans les PME reste prioritaire pour les Pouvoirs Publics. La disparition possible de l’ISF ou son rééquilibrage pourrait peser sur la collecte des FIP et des FCPI puisque le régime ISF PME serait de fait supprimé (ou perdrait son intérêt). Il faudra donc trouver d’autres mécanismes incitatifs pour qu’au total les sommes investies par les ménages dans les PME n’en pâtissent pas.