Le BFR : une bonne gestion avant tout !

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     02/05/12    
Chaque dirigeant doit éviter une trop forte dépendance de son entreprise vis-à-vis de son établissement bancaire. La gestion de sa trésorerie devient alors déterminante : il est fondamental que les dirigeants d’entreprise puissent activer leurs leviers internes !

Lorsque l’on crée ou reprend une entreprise, l’aspect financier est incontournable, mais l’aspect trésorerie, lui, est vital.

Bale III : raréfaction du crédit bancaire

Au niveau bancaire, les relations ont évolué avec la crise, notamment pour ce qui concerne la qualité des engagements mis en place et surtout des critères d’octroi. Si depuis toujours, la rentabilité et la solvabilité de l’entreprise ont été des critères d’évaluation du montant des crédits accordés, aujourd’hui nous parlons plus particulièrement de critères de sélection à l’octroi. La prochaine règlementation BALE III doit, pour les banques, contribuer à une meilleure appréciation d’une impasse de liquidité qui relève l’exigence de fonds propres de ces dernières face à l’encours de prêts accordés. C’est ainsi que les banques évalueront la probabilité de défaut, la perte en cas de défaut, l’exposition avant garantie et la maturité ; autant de critères de sélection laissant présager une raréfaction du crédit ou « creditcrunch » d’ici la fin du premier semestre 2012. Pour autant, l’activité bancaire doit se maintenir et c’est ainsi que les banques révisent leurs approches et incitent l’entreprise à diversifier ses sources de financement. Ces « club-deals » poseront notamment la problématique du coût du crédit.

Gérer son BFR

Il est donc nécessaire que l’entrepreneur positionne son entreprise de manière franche et pragmatique sur l’enjeu du cash, afin de disposer d’une indépendance, et d’une plus grande latitude face à la variabilité de l’offre de financement. Nul doute que dans le contexte actuel, les enjeux majeurs se focalisent sur les composantes d’entrée et de sortie de cash ; l’amélioration de la trésorerie se fera donc par une attention permanente et particulière sur le BFR. Ce dernier résulte des décalages entre les décaissements et encaissements des flux liés à l’activité courante de l’entreprise. Il représente donc la « masse d’argent » nécessaire au fonctionnement de l’entreprise : il est impératif de surveiller son évolution afin de ne pas se retrouver à cours de trésorerie.

Assurer son cash flow

La gestion du poste client doit être méthodique et transversale afin qu’en aval, le recouvrement puisse contribuer à l’amélioration des pratiques de ventes. Il est nécessaire de mettre en place un système de facturation qualitatif qui fluidifiera les encaissements et le recouvrement, sans écarter un éventuel cas de détérioration de la situation financière des clients, qui peut rapidement engendrer des effets néfastes sur le niveau de cash. Du côté des fournisseurs, la refonte des processus d’achats peut générer des économies évidentes. La gestion des stocks doit être appropriée afin de prendre en compte le ralentissement de la demande, ainsi qu’une gestion rapprochée des délais et des cycles de décaissements. La prévision du niveau de trésorerie est un outil de pilotage indispensable : cet exercice doit permettre de fixer les impératifs d’encaissements en optimisant les sorties, mais également d’anticiper la recherche de financement en cas d’impasse éventuelle. Afin d’assurer une chaîne de cash flow sereine, tout chef d’entreprise devrait s’enquérir de l’ensemble des leviers internes de cash qui résident au sein de son organisation, en portant une attention particulière à l’aspect méthodique et prévisionnel de son projet.
établir un diagnostic de son BFR en incluant toute l’organisation autour du « projet cash » sera un atout certain qui pourra favoriser l’indépendance vis-à-vis de l’endettement et illustrer une réelle capacité à améliorer la rentabilité et la solvabilité de son entreprise. L’expert-comptable saura être une source d’informations essentielles pour informer le dirigeant sur l’avenir financier.

L’expert-comptable

Dans cette optique, il faut remonter aux éléments structurants du cash au sein de l’entreprise afin d’établir un diagnostic et mettre en place des chantiers d’optimisation. L’expert-comptable joue un rôle déterminant pour optimiser ce processus et répondre aux questions qui se posent d’emblée : que fait-on ? Par quoi commence-t-on ? À quel rythme ? Dans quels délais ? Quels sont les acteurs ? Dans le contexte où le FDR ne connaîtrait pas de variations spectaculaires, le BFR représente une zone d’actions prioritaire qui se doit d’être transversale. Au sein des composants du BFR résident des leviers qui sont trop souvent méconnus ou partiellement abordés, simplifiant quelque fois le concept.