Le langage corporate, la difficulté du nouvel embauché

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     20/05/19    
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L’internationalisation et l’apprentissage de l’anglais comme première langue en général dans les cycles secondaires, les nouvelles technologies ont conduit à de nouvelles habitudes comme  celles d’utiliser des anglicismes. Or, un langage appelé « corporate » ne cesse de s’imposer au sein des entreprises. Le challenge du nouvel embauché est de décrypter le sens des mots avant de pouvoir s’intégrer. Décryptage de ces langues.

Les mots qui font partie des habitudes

Ces mots et expressions restent très souvent employés dans les entreprises. Ils évoquent des situations ou encore des actions sous forme d’anglicismes. Facile à décrypter pour les personnes qualifiées en anglais ou spécialistes d’un secteur, ils sont parfois utilisés dans un sens à connotations différentes, créant des situations comiques pour les nouveaux arrivants.

Focus ou encore Focuser : ce nom ou ce verbe francisé signifie être concentré sur quelque chose. Il peut aussi souligner l’importance d’un dossier et le fait qu’il sera la seule préoccupation du salarié pendant un temps.

One to one : cette expression peut s’avérer difficile à comprendre même une fois traduite. En réalité elle veut dire que la personne qui s’adresse à vous, veut vous voir en tête à tête pour évoquer un sujet.

Brainstorm : ce mot anglais qui fait référence au cerveau en anglais, évoque une réunion où les collaborateurs réfléchissent ensemble autour d’un sujet. Une réunion pour rappeler les éléments clefs et faire preuve de créativité avec de nouvelles idées pour un projet.

Feedback : entendu très régulièrement dans le monde de l’entreprise ou même en dehors, il est presque devenu un mot commun dans la langue française. Il désigne un retour sur le travail fait en amont, il consiste à éclairer le collaborateur qui a travaillé sur un sujet, un dossier ou un projet.

PPT : ce n'est pas vraiment un mot mais plutôt une abréviation du logiciel Power Point. Une façon plus rapide de dire qu’une présentation doit être effectuée pour une prochaine réunion ou un « brainstorming ».

Process : très peu différent du mot processus, il indique les multiples étapes à franchir dans la réalisation d'un projet ou d'une tâche au sein d’une entreprise. Dans les grandes structures, ce mot a un sens péjoratif. Effectuer tous les process avant d’arriver à son but est souvent semé d’embûches.

Call : littéralement traduit de l’anglais, ce mot n’a pas d’autre signification qu’un appel. Même s’il s’avère peu compliqué, il est très courant dans le langage corporate. Les phrases ressembleront plus à : « Je te laisse, j’ai un call » que « Je te laisse, j’ai un appel à passer ». Cet emploi est très souvent moqué par les collaborateurs peu "corporate" pour son côté stupide.

Les mots des spécialistes

Le langage corporate n’est pas à la portée de tous et des entreprises ne se content pas seulement des mots énoncés plus haut. Elles vont plus loin dans cette novlangue et font des phrases incompréhensibles pour les personnes lambda. Quelques termes compliqués et peu utilisés, mais que l’on peut rencontrer un peu partout.

Quick win : cette expression venue de l’anglais, désigne une action. Elle évoque une situation ou un projet qui a rapporté des gains très rapidement. Elle s’apparente un peu à l’univers des jeux vidéo, comme si avec peu de moyens, il y avait une victoire retentissante.

Input / Output : littéralement et dans de nombreux domaines ces mots signifient tout simplement entrée et sortie. Dans le langage corporate, les output signifient des éléments, des données, des caractéristiques provenant d’une chose ou d’une personne. Dans l’autre sens, pour les input, sont eux destinés à une chose ou une personne.

Workshop : il s'apparente un peu au brainstorming, mais il demeure moins commun dans la bouche des salariés. Il représente une réunion d’une plus grosse envergure que le brainstorming et demande une plus grande concentration et participation des collaborateurs. Il a un concept plus créatif.

Flagger : très peu utilisé, il arrive tout de même de le retrouver chez les collaborateurs d’une entreprise. Il n’est pas connoté de manière péjorative. Dérivé du mot "flag", qui veut dire drapeau en anglais, il consiste à coller une étiquette à des choses ou des personnes.

Les nouveaux noms de fonction

Même si le langage corporate n’est pas courant dans toutes les entreprises, il devient parfois omniprésent au sein des start-up. L’anglicisme est loin d’échapper à ces petites structures qui n’hésitent pas à tout renommer avec des termes anglais. Cette pratique s’avère très déroutante pour les néophytes.

COO : il signifie Chief Operating Officer, ce qui correspond en français à Directeur de l’exploitation.

CEO : cette abréviation est l’équivalent de PDG ou DG en français. Elle est très utilisée ces derniers temps dans les échanges à l’international.

Mais ces deux abréviations prennent leur quartier et conduisent dans les entreprises françaises à créer des confusions sur les fonctions attribuées à ces postes.

Depuis de nombreuses années, les entreprises utilisent les anglicismes malgré les nombreuses mises en garde des linguistes. Elles remplacent des termes français existants et construisent un langage propre à l’entreprise. Le langage corporate fait souvent sourire à cause des phrases qui confondent et mélangent français et anglais. Dans les entreprises, pour les nouveaux arrivants, il vaut mieux se mettre dans ce bain linguistique rapidement pour ne pas se sentir dépassés voire exclus. Peut-être que le langage corporate finira par s’estomper si c'est seulement une mode. C’est pourquoi les premiers jours, vous pouvez écrire un petit lexique des termes les plus utilisés. Il ne faut surtout pas hésiter à demander la signification des mots, même si vous paraissez ridicule les premières minutes et pourquoi pas vous rendre sur internet qui vous donnera le ou les sens du mot barbare.

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