La stratégie d'alliance

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     01/06/10    

Les entreprises Françaises de tailles moyennes se trouvent dans un environnement qui ne leur est pas favorable a priori : développement d'un libéralisme, souvent excessif, dans un monde que le progrès technologique a globalisé, a écarté pour un temps toute régulation économique efficace. Les opérations d'alliances restent alors le meilleur moyen de renforcer leur capacité à résister à la concurrence, et à se développer sur le marché européen. L'Alliance offre la possibilité à des entreprises qui veulent rester indépendantes, notamment au plan capitalistique, de mettre en commun des moyens humains, matériels, ou financiers pour atteindre un objectif commun. Alors pourquoi adopter une stratégie d'alliance ?

Les PMI Françaises souffrent par rapport à leurs homologues allemandes, britanniques ou italiennes, d'un profond handicap lié à leur faible taille et à leur sous-capitalisation, ce qui les rend tout particulièrement vulnérables dans le cadre d'une compétition internationale et d'une lutte sans merci. Les effets de taille ou de seuil de chiffres d'affaires sont responsables d'un grand nombre de dépôts de bilan, ce qui se traduit par ailleurs par une baisse des recettes de l'état (TVA, IS).

La stratégie d'Alliance, quelles que soient les modalités juridiques choisies, depuis le contrat commercial jusqu'à l'élaboration de filiales communes, constitue désormais un nouveau mode d'organisation des entreprises et apporte une solution aux sociétés dont le CA est insuffisant pour être viable. Les « seuils critiques » en CA permettent de faire des économies d'échelle, d'améliorer la rentabilité financière pour faire face à l'accroissement des investissements nécessaires.

La recherche et la constitution d'Alliance peuvent faire l'objet d'application à tous les stades de l'activité d'une entreprise :

  • frais de « recherche développement » partagés
  • •collecte d'informations économiques, techniques juridiques mises en commun
  • •partage d'une main d'œuvre qu'une seule entreprise ne pourrait assumer
  • •mutualisation de certains moyens comptables et des risques financiers
  • •constitution de filiales communes pour conquérir des parts de marché en France ou à l'étranger
  • •publicité et communication à frais partagés, etc

Une grande partie du tissu économique en France est constituée par des entreprises de sous-traitance de dimensions réduites (mécanique, tôlerie, cuir, textile, chaussure, habillement, électronique, etc.) qui sont dans l'obligation constante d'améliorer leurs performances pour conserver leurs parts de marché et les commandes de leurs grands donneurs d'ordres.

La mise en commun des moyens financiers, techniques, commerciaux, dans le cadre d'une stratégie d'alliance, permet à des entreprises de taille moyenne de garder leur indépendance capitalistique et de trouver une troisième voie à l'alternative qui leur est posée, absorber un confrère ou être absorbée.

Dans cette nouvelle « donne économique », les PMI/PME qui veulent rester partenaires de leurs clients « donneurs d'ordres » doivent pouvoir répondre à de nouvelles exigences de leur marché et être en mesure de concourir à des appels d'offres dont le volume est nettement supérieur à ce qu'elles traitent habituellement. Il leur est nécessaire de disposer d'un capital en matière grise, qui leur permettra d'agir en amont du processus de fabrication d'un produit. Enfin, de façon à pouvoir baisser les prix de revient imposés par la clientèle, elles sont contraintes d'améliorer leur productivité et d'être capables de jouer à leur tour un rôle de donneurs d'ordres au niveau de leurs propres sous-traitants et fournisseurs de pièces afin de produire des « sous-ensembles » complets.

L'entreprise PMI/PME confrontée à cette évolution de son environnement, avec un capital social le plus souvent réduit, pour des raisons historiques et familiales et qui n'a pas la possibilité de recourir au marché boursier, n'a qu'une alternative, procéder à une opération de « croissance externe ». Pour cela, elle doit disposer des moyens financiers nécessaires, ce qui est rare, ou être absorbée avec des conséquences douloureuses pour le dirigeant cédant qui perd son emploi.

L'Alliance est une troisième voie qui est encouragée par les grands donneurs d'ordres de notre pays, notamment dans l'automobile, l'aéronautique, l'armement, la haute couture, etc. Elle constitue un véritable projet de développement pour le chef d'entreprise qui veut pérenniser sa société, accroître son potentiel technique et son efficacité commerciale.

Ces entreprises ont mis en place une stratégie d'alliance avec succès :

  • Deux Cliniques Parisiennes ont mis dans une structure commune, un service de radiologie moderne équipé d'IRM, et recrutent du personnel conjointement dans une structure spécifique pour effectuer des opérations chirurgicales 24/24h (chefs panseuses, etc.)
  • Plusieurs entreprises fabricants des moteurs, acceptent pour survivre et se développer d'avoir une recherche et développement (R&D) financée à plusieurs dans le cadre d'un GIE, de disposer d'une cellule exportation, la charge d'un cadre export de bon niveau et d'un assistant ne pouvant être supportée par chacune de ces sociétés isolément.