La Franchise: solution pour monter votre entreprise en pleine crise ?

Jean-Luc Roux     07/04/13    
la franchise

Le salon de la Franchise de Paris s’achève. J’ai eu le plaisir à l’occasion d’une conférence sur la création, d’y retrouver l’effervescence - trop rare - d’un lieu où crépitent l’énergie et l’envie d’entreprendre. 

Chaque année le succès du salon est grandissant. Grâce à la crise ?
La Franchise serait-elle une voie idéale pour les cadres en reconversion ? Un moyen sécurisé pour se créer son propre avenir quand on a décidé de quitter le salariat ?

Croissance sur tous les fronts

Ils ne sont pas légion les secteurs en croissance régulière depuis dix ans en France. C’est le cas de la Franchise, avec un chiffre d’affaires global de près de 51 Mds d’€, +3% vs 2011.
L’enquête annuelle Banque Populaires/FFF/CSA/L’Express pointe le dynamisme du secteur, avec 1.658 réseaux de franchiseurs (+89 vs 2011) et 65.059 franchisés (+5% vs 2011).
Les acteurs en forme se remarquent dans le salon, à leur nombre et la taille des emplacements : restauration rapide, chocolatiers, fleuristes, entretien auto... En sens inverse, les services à la personne, le prêt à porter ou le bâtiment sont plus modérés. Et on ne trouve pas que du commerce. Témoin un des coups de cœur de l’Express cette année, « Irrijardin », spécialiste de l’arrosage, piscines et spas, avec 52 franchisés et 13 succursales.

Tous les acteurs reconnaissent à ce mode de développement un effet d’accélérateur important, une logique d’expansion liée à la mutualisation des ressources, et une saine émulation au sein des réseaux, synonyme de « bouclier anticrise ».

Coût

Droits d’entrée, stock, locaux… Il faut de l’argent pour se lancer. Selon un sondage de courrier Cadres réalisé en mars 2013 auprès d’une population de cadres salariés, le coût est le principal frein à la création en franchise.
L’enquête annuelle Banque Populaires/FFF/CSA/L’Express montre que, dans 47% des cas le coût d’installation est inférieur à 100 K€. Et dans 26% seulement, il est supérieur à 200 K€
En moyenne, l’apport personnel des franchisés est de 38%.

Ces chiffres sont très raisonnables. Un apport personnel de 30 à 50%, c’est le niveau observé dans les reprises d’entreprise, comme nous l’avions mentionné dans notre article du 22/01/13 (2013, le moment de reprendre ?).
Et un retour sur investissement de 2 à 4 ans est somme toute très satisfaisant de nos jours.

Il reste évidemment à étudier le projet, se faire conseiller sur les aspects contractuels du contrat de franchise, mais on le voit, la Franchise est un mode de création d’entreprise facilité. Et sécurisé dans la mesure où on se sent plus fort à plusieurs.

Etude de marché et business plan

Si la question revient toujours dans les projets de franchisés, c’est que la loi pointe précisément cet aspect. La loi qui règlemente la Franchise, la loi Doubin, énumère l’obligation d’information des franchiseurs à l’égard des franchisés.

En sens inverse, deux domaines sont des écueils, l’étude de marché et le business plan. Il est déconseillé aux franchiseurs de s’immiscer dans ces informations chiffrées, sauf à endosser une responsabilité trop grande en cas d’échec. C’est donc au franchisé, assez naturellement, de « s’y coller ». C’était l’objet de ma conférence au salon cette année.

L’étude de marché, on pourrait s’y perdre. Pour ma part je conseille de faire simple : se mettre à la place des clients. Refaire le parcours client. Comprendre les attentes, et les frustrations. Comprendre le cycle de vie du marché dans lequel on s’installe. Pas besoin de beaucoup d’argent, mais en revanche, du temps et beaucoup d’écoute.

Quant au business plan, c’est une incontournable feuille de route. On sait qu’il sera faux, mais ce n’est pas grave. L’important, c’est d’avoir posé des hypothèses et de s’être assuré de la cohérence, de l’alignement, avec les ressources humaines et financières.

Ensuite, tout l’effort doit reposer sur le business model. La recette de chaque entrepreneur pour gagner de l’argent. Les deux sujets sont indissociables. Le business model est au business plan ce que la tranche de jambon est au sandwich !

Transformation digitale

Quelle place fait le business model aux technologies et au digital ? Cette réflexion est capitale avant de refermer tout dossier de création. Technologies, réseaux sociaux, mobilité, data… c’est par ces nouveaux usages que se créent de nouveaux espaces d’affaires, de nouveaux flux de revenus, des positionnements innovants.
L’enquête de l’Express Franchise 2013 le démontre, le multi canal est devenu une préoccupation majeure des réseaux de franchisés.
45% des Franchises ont un site Web, mais c’est surtout la croissance qui est notable (33% en 2010)
27% utilisent les réseaux sociaux ;
60% ont une stratégie relationnelle (SMS ou emailing) ;
Autant de bons signes pour la santé future du secteur.

Concluons avec Maxime Aiache, fondateur d’ Acadomia, et plus récemment de Shiva : « monter son affaire est bien plus sécurisant que de rester salarié ».
65% des franchisés seraient d’anciens salariés du privé. Age moyen 35 ans.

L’environnement fiscal est néfaste pour les investisseurs, en revanche pour un cadre en reconversion, ce qui est capital, c’est de se créer son propre emploi.

En période de crise, la Franchise est une piste à étudier !

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À propos de l'auteur

Jean Luc Roux
Jean-Luc Roux

Vice-Président du groupe de communication M&C Saatchi à Paris