L'intéressement... dans les PME aussi ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     15/12/10    
Grâce à l’intéressement, les dirigeants ont aujourd’hui à leur disposition plusieurs outils financiers permettant de diversifier le mode de rémunération de leur salarié.

En 2008, un nouveau crédit d’impôt favorise la mise en œuvre de ces stratégies dans les PME. Pour autant, la démarche peut paraître complexe. Comment adopter la bonne solution en fonction du profil de son entreprise ? La CGPME Ile-de-France propose aux dirigeants de les aider à définir leur stratégie. Présentation par Abdellah Mezziouane, secrétaire général.

Qu’est-ce que l’intéressement ?

L’intéressement touche à un des un des piliers du contrat social et moral de l’entreprise, la rémunération. C’est en effet une nouvelle forme de gestion des rémunérations, présentant un caractère aléatoire, liée aux résultats et aux performances de l’entreprise. L’intéressement associe donc les salariés aux résultats de l’entreprise.

C’est un dispositif ouvert aux TPE et PME ?


Tout à fait, toute entreprise visée par la loi (article L 3311.1 du Code du Travail), et notamment les PME et TPE, quel que soit son effectif, a la possibilité de mettre en œuvre un système d’intéressement dès lors que la formule de calcul fixée par l’accord d’intéressement ne sera pas liée aux performances individuelles des salariés mais à celles de l’entreprise. Pourtant aujourd’hui, la majorité des plans d’intéressement sont mis en œuvre dans des grands groupes et des entreprises de plus de 50 salariés. 

Bien que facultatif, pourquoi en recommander la mise en place ?

Parce que c’est un très bon outil de management, qui permet l’amélioration du pouvoir d’achat et d’épargne des salariés, il les motive en les liant aux résultats de l’entreprise. Les salariés peuvent s’ils le désirent verser tout ou partie de la prime d’intéressement qui leur revient dans un plan d’épargne d’entreprise.

La démarche d’intéressement est également un levier majeur en matière de participation des salariés dans leurs entreprises, qui facilite la compréhension des enjeux, et donc l’adhésion des équipes à la stratégie mise en place.

Est-ce le bon moment pour lancer un plan d’intéressement, alors que les environnement économique des entreprises reste incertain ?

Dans un contexte de fragilisation économique, un plan d’intéressement n’est pas une charge supplémentaire, au contraire. Il met en regard les rémunérations et les résultats de l’entreprise. Pour le dirigeant en difficulté, cela lui permet d’expliquer plus facilement un ralentissement dans les augmentations par exemple. C’est également un argument fort au moment de recruter de nouvelles compétences.

Les PME cherchent actuellement à recruter des compétences en matière de développement commercial, de communication…des domaines où les grands groupes les concurrencent en ayant des stratégies de rémunération plus attirantes. 

Et au niveau financier, existe-t-il des incitations suffisantes ?

Le Gouvernement a mis en place un dispositif incitatif en 2008. Certaines entreprises qui, à compter du 4 décembre 2008 et jusqu’au 31 décembre 2014, auront conclu un accord d’intéressement ou un avenant à un accord préexistant modifiant les modalités de calcul de l’intéressement, pourront, sous conditions, bénéficier d’un crédit d’impôt au titre des primes d’intéressement dues en application de cet accord 

Comment convaincre les PME de passer à l’intéressement ?

En leur proposant un accompagnement sur mesure : il faut éviter que la mise en place du plan d’intéressement soit un surcoût, voire un échec, pour un dirigeant volontariste mais mal préparé. C’est pourquoi nous avons initié un programme de professionnalisation des dirigeants, collaborateurs et salariés.

L’objectif est d’aboutir progressivement à la signature des accords au sein des PME franciliennes. Cette grande campagne de sensibilisation est portée par les valeurs de la CGPME, au nombre desquelles on retrouve la notion de partage. Sa réussite du projet d’un dirigeant n’est pas simplement personnelle, elle est le fruit d’un travail d’équipe.

Quelles sont les étapes de cette action ?

Nous procédons par étapes. Nous invitons tout d’abord les entreprises à nous rencontrer lors de cessions de sensibilisation. La prochaine aura lieu le 22 décembre, à la CGPME 75. Si cette réunion persuade le dirigeant de l’intérêt de la démarche, nous lui proposons un diagnostic de son entreprise et un programme de formation adapté à son projet. La dernière étape doit être celle de la signature du contrat. Ainsi, le dirigeant est orienté dès l’origine vers une solution qui lui convient, sans perte de temps, avec un gain substantiel pour lui et l’ensemble de son équipe.