L'état de la recherche

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     01/01/08    
La recherche doit être mise au service de la société.

C'est le Voeu pieux de Valérie Pécresse, récente ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. L'objectif est clair : mettre sur les rails la Recherche pour lui permettre de combler son retard vis-à-vis des pays Anglo-Saxons, donc de garder ses doctorants sur le territoire national. Seulement pour y arriver les chantiers sont immenses : améliorer l'organisation de la recherche publique et son administration, sensibiliser les entreprises de toutes tailles à la valeur ajoutée des doctorants et les associer aux nouvelles découvertes pour une exploitation commerciale plus réactive.

Les manifestations des chercheurs en 2004 ont dynamité l'ambiance léthargique du microcosme. Il est temps car le tableau devient accablant : émigration massive des doctorants, précarisation des conditions de travail pour ceux restés en France et désertification des filières scientifiques. Le gouvernement réagit et vote la loi de programme pour la recherche en Avril 2006.

Eparpillée auparavant entre les différents ministères, la stratégie globale de la Recherche est maintenant centralisée au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. De plus, la loi renforce l'Agence Nationale de la Recherche (A.N.R) qui finance les projets jugés innovants. En clair, l'administration des politiques de recherches tend à être plus claire et rapide, tout en laissant sa place centrale au CNRS. Albert Fert, prix Nobel de physique en 2007, le rappelle : « Le CNRS est en contact direct avec les chercheurs », lui permettant d'être plus « réactif sur des sujets nouveaux qui n'auraient pu être définis à l'avance ».

Encore faut-il soutenir les thésards, ces étudiants qui viennent de valider leur thèse, à intégrer le monde de l'entreprise. Objectif difficile tant la mauvaise image d'un jeune docteur persiste. « Ils ne savent pas travailler ». « Incapable de respecter les délais d'un projet ». Jugements à l'emporte-pièce qui ont encore de belles années à vivre. Pour surmonter et détruire ce cliché, la Convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) tente de rassembler les intérêts des deux parties. Le principe est simple : d'un côté, inciter les thésards à s'intéresser à la recherche industrielle ; de l'autre obliger l'entreprise à inclure la recherche dans un projet précis. Et ça marche ! France Telecom et Bull renouvellent l'expérience assez régulièrement. Depuis d'autres entreprises ont emboîté le pas. « Les jeunes du Cifre sont autonomes et prennent du recul quand nous nous sommes empêtrés dans la gestion de notre quotidien » raconte ce patron de PME qui, dorénavant revoit sa stratégie globale de croissance à la hausse.

Albert Fert ajoute que le manque de réactivité des entreprises françaises met à mal « le transfert des connaissances ». Ce qui revient, à moyen terme, à détériorer encore plus la compétitivité globale des entreprises. Est-ce à l'Etat Français d'agir ? L'Union Européenne ? Beaucoup de questions sans réponses. Valérie Pecresse le dit souvent « J'ai beaucoup de travail ». On veut bien la croire.