Investir en Bourse : les Français face aux investissements boursiers

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     04/04/19    
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Les Français sont méfiants à l’idée d’investir en Bourse. Quels placements privilégient-ils ? Pourquoi ils auraient tout intérêt à prendre un peu de risque pour leurs placements.

Quels rapports ont les Français face aux investissements en Bourse

L’investissement en actions souffre de nombreux préjugés auprès des Français qui délaissent cette classe d’actifs et préfèrent investir dans des placements sans risques à capital garanti. Pourtant, investir en Bourse recèle de nombreux atouts et l’on aurait tort de faire une croix sur ce type de placement. Découvrez pourquoi.

Les Français des épargnants frileux

Les Français sont des épargnants particulièrement averses au risque. S’ils épargnent massivement et régulièrement, c’est-à-dire qu’ils mettent de l’argent de côté à une fréquence donnée (souvent mensuelle) et ne dépensent pas la totalité de leurs revenus, ils n’investissent pas ou peu. L’épargne immobilière représente les deux tiers de l’Épargne des Français (remboursement d’un crédit immobilier le plus souvent) et l’épargne financière, minime donc, n’est que très peu souvent investi sur des actifs risqués.

Les Français privilégient en effet les placements sans risques que sont les placements à capital garanti (on est sûr de récupérer l’intégralité de son capital) et les placements liquides qui permettent de récupérer son capital à tout moment. La Bourse, souvent peu connue et mal comprise, est elle vue comme un coup à tout perdre. Elle est aussi dans l’imaginaire collectif associée aux grandes fortunes et les actions pour la plupart des Français sont réservés aux plus riches, ce qui est évidemment faux. Investir en Bourse n’est donc clairement pas la priorité des Français qui délaissent les marchés actions jugés trop peu sûrs et trop compliqués. Pourtant, investir en Bourse, c’est investir dans des sociétés, plus ou moins grandes, y compris des PME et des start-ups, c’est soutenir l’économie réelle, accompagner des chefs d’entreprise dans la mise en œuvre de leurs projets entrepreneuriaux, miser sur des concepts qui nous parlent, sur des valeurs auxquelles on est attaché, via l’investissement labellisé ISR (Investissement Socialement Responsable) par exemple.

Sur quoi investissent les Français ?  

On l’a vu, les Français investissent peu mais épargnent massivement. Que font-ils donc de leurs sous ? C’est regrettable mais les Français sont des champions en matière de dépôt sur le compte courant. En 2018, on recensait en effet 37,4 milliards d’euros laissés sur ces comptes qui, rappelons-le, sont non rémunérés et affichent donc un rendement nul, négatif même si l’on prend en compte l’inflation et les éventuels frais de tenue de compte.

Les livrets d’épargne ont également la cote auprès des Français qui placent des sommes colossales sur ces produits bancaires très faiblement rémunérés. Ainsi, en janvier 2019, la collecte du livret A a atteint les 4 milliards d’euros selon le journal Les Echos, un record inégalé depuis janvier 2013. Et pourtant, avec 0,75 % de rendement, un taux inférieur à l’inflation, ce placement ne rapporte rien. Il coûte même.

L’assurance-vie, autre enveloppe plébiscitée par les Français (plus de 50 % d’entre eux déclarent en posséder une), pourrait donner lieu de se réjouir car les rendements affichés sont bien supérieurs et ce produit permet d’investir en Bourse via les unités de compte. Mais, en réalité, ce sont les fonds euros, majoritairement investis en obligations et affichant des rendement anémiques et en perte de vitesse constante depuis le début des années 2000 qui remportent tous les suffrages. Ils représentent environ 80 % des sommes investies sur des contrats d’assurance-vie. Pourtant, avec un rendement moyen net de frais et hors prélèvements sociaux de 1,80 % en 2018, ils ne couvrent pas non plus l’inflation.

Cependant, certains Français ont compris l’intérêt d’investir en Bourse et se positionnent sur le marché actions au travers des unités de compte de leur contrat d’assurance-vie mais aussi via un plan d’épargne action (PEA) qui possède de nombreux avantages fiscaux mais dont les titres éligibles sont limités aux sociétés dont le siège social est situé dans l’Union Européenne, ou bien via un compte-titres qui, depuis l’instauration de la Flat Tax, bénéficie d’une fiscalité plus douce avec une taxation à 30 % et permet d’investir dans n’importe quelle entreprise dans le monde sans aucune restriction.

Développer la pédagogie du risque

Débuter en Bourse demande un certain courage. Non parce qu’il s’agit de se lancer dans une activité très compliquée mais parce que cela nécessite de repenser son rapport au risque et d’accepter que, pour obtenir des rendements plus élevés, il faille accepter une dose de risque. C’est le fameux couple rendement-risque. Plus le risque est élevé, plus le rendement potentiel l’est aussi. Et à l’inverse, moins le risque est élevé, moins le rendement potentiel l’est aussi. Comme le risque zéro ne rapporte plus aujourd’hui (la situation était différente auparavant, dans les années 1990 par exemple), il convient de se positionner sur des actifs plus risqués mais aussi plus rémunérateurs.

Les Français auraient donc intérêt à débuter en Bourse. Il est intéressant de constater que les actions, sur le long terme, sont le moyen le plus efficace de faire croître son épargne. À long terme, elles constituent même « un placement étonnamment sûr » à en croire l’étude Allianz de 2014 « Les actions : un vrai potentiel à moyen terme » qui souligne que les actions US, depuis 1800, affichent « des performances réelles positives sur chaque période glissante de trente ans ». Et que dire alors du CAC 40 qui depuis sa création en 1986, si l’on prend en compte les dividendes réinvestis, a progressé de 8,5 % en moyenne par an ? Les actions rapportent et, pour peu que son horizon d’investissement soit suffisamment éloigné, elles constituent un placement idéal pour qui veut faire fructifier son patrimoine. Investir en Bourse implique forcément un risque de perte en capital, mais en investissant seulement une partie de son capital, sur le long terme, pour pouvoir sortir au moment le plus opportun, vous pourriez récolter de belles plus-values.

Plus que de chercher à tout prix à éviter le risque, les Français feraient mieux de l’accepter et de chercher à le maîtriser au maximum. L’objectif doit être de choisir les placements présentant le couple rendement-risque optimum en fonction de votre objectif d’investissement (financer sa retraite ou les études de ses enfants par exemple), de votre horizon d’investissement (5 ans, 10 ans, 15 ans, etc.) et votre goût de risque. Par exemple, on évitera d’investir en Bourse dans des PME du secteur des Biotech hyper volatiles si le risque vous donne des sueurs froides et l’on se tournera plus volontiers vers les poids lourds du CAC40 et les leaders européens de leurs secteurs qui versent des dividendes dans la durée.

Ce qu’il faut bien garder à l’esprit si l’on veut débuter en Bourse, c’est que l’on doit mettre le couple rendement-risque au cœur de sa stratégie d’investissement. Vos investissements doivent vous garantir un rendement suffisant et un risque contrôlé. La diversification vous permettra d’y parvenir. Pour cela, il convient d’investir en Bourse pour profiter des rendements offerts par les marchés boursiers, en variant les secteurs d’activités, zones géographiques et types d’entreprise dans lesquelles vous aurez investis, mais aussi, pour lisser le risque, d’investir en parallèle sur le marché immobilier, le marché des taux et le marché obligataire. Un patrimoine diversifié est plus à même de vous protéger des cycles économiques qui pourraient toucher un marché, un secteur ou une classe d’actif en particulier.

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