Les grandes marques visent l’éco-responsabilité

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     23/02/18    
grandes marques visent eco responsabilite

Parmi les industries les plus polluantes au monde figure en tête de liste le secteur textile . La mode se classe au deuxième rang de la pollution mondiale par son activité. Des grandes marques comme H&M et Zara changent leur collection en magasin toutes les deux semaines, et créent ainsi une surproduction qui impacte la planète et ses ressources. Pour devenir éco-responsable, les grandes marques du textile ont déclaré s’engager auprès du Global Fashion Agenda d’ici 2020.

La fabrication à moindre coût, une cause de la pollution

Les grandes marques comme H&M et Zara ont dernièrement connu des bad buzz sur leurs moyens de production. En octobre 2017, la marque H&M a été accusée de brûler plus de 12 tonnes de vêtements invendus par an, loin de présenter l’image d’une entreprise éco-responsable. Zara quant à elle a subi les foudres à la suite des révélations sur la rémunération des ouvriers de certaines usines. Ils ne seraient pas payés pour le travail réalisé. Mais le premier point évoqué lors d’une politique éco-responsable reste la pollution car les marques sont très peu respectueuses de l’environnement. Leurs produits contiennent de nombreux produits chimiques, ensuite rejetés dans l’eau par les usines de fabrication. La surproduction de la confection du polyester de ces marques célèbres a eu pour retombées une augmentation de 294% par rapport à 2000. Cette matière issue du pétrole fait de la mode une des premières industries polluantes. La pollution s’infiltre non seulement dans les sols à travers les produits chimiques évacués dans les eaux, mais aussi dans l’air à cause des moyens de distribution, dans la production de coton et bien d’autres. Pour réaliser un seul t-shirt, les impacts sont bien trop lourds.

Pour contrôler leur impact écologique et développer une pensée éco-responsable chez ces grandes entreprises, la Chine, pays producteur de ces marques a mis en place un outil de contrôle. Appuyé par le gouvernement et une ONG Chinoise, il retrace à l’aide d’une carte la pollution de certaines entreprises à l’issue de leur production. L’impact des marques comme le groupe Inditex (Zara, Pull & Bear, Massimo Dutti, Bershka…), Gap, Puma, Target, Esprit et New Balance est dénoncé grâce à cette carte interactive. Ce contrôle permet aux entreprises d’avoir un regard lucide sur leurs activités et envisager enfin l’éco-responsabilité. Une telle initiative de la Chine, aide aussi le consommateur à se faire son avis sur la production de son vêtement et à faire pression envers les grandes marques pour qu’elles changent leur manière de faire.

Une visée éco-responsable

Dans le but d’agir contre la pollution du secteur de la mode, le Global Fashion Agenda (organisation à visée éco-responsable dans le secteur du textile) a lancé un appel à plusieurs marques. 64 grandes entreprises de la mode ont accepté de signer un accord avec le GFA pour améliorer la production des vêtements. Ils se doivent d’être davantage durables et recyclés au mieux pour impacter le moins possible l’environnement. Le GFA a instauré de nombreuses recommandations pour conduire les marques à une pratique éco-responsable. La stratégie à mettre en place concerne quatre grands axes : un système circulaire, collecter les vêtements usagés et invendus, les vendre ou les donner et en dernier, augmenter la production de vêtement issu du recyclage. La conception circulaire vise à créer un système créant très peu de déchets et ayant peu d’impacts sur l’environnement.

 

Pour répondre aux attentes du GFA, H&M a déclaré s’engager pour collecter plus de 25 000 vêtements usagés par an. Quant au groupe Inditex, il souhaite investir dans des postes de designers pour envisager la création de vêtements avec une conception circulaire. Les grandes entreprises prennent un tournant décisif pour redorer l’image de leur marque et de leurs produits. Dans une époque où la conception préoccupe le consommateur, l’éco-responsabilité devient un critère capital à prendre en compte par les marques. Elles restent souvent soumises à une cadence de production élevée pour produire toujours plus dans le but de garder leur rythme d’une collection toutes les deux semaines engendrant des pratiques dégradantes. Le GFA propose la solution de créer des vêtements à base de fibres recyclées évitant de générer toujours plus de polyester et de vêtements traités à base de produits chimiques.

Dans l’accord signé avec l’organisme, chaque marque s’est engagée à respecter des objectifs clairs, à accomplir d’ici 2020. Pour le groupe Kering (détenteur de Dior, Balenciaga et Gucci) il s’agit d’envisager une revalorisation des matériaux employés dans la production. Le groupe a déjà fait un pas dans une démarche éco-responsable grâce à l’arrêt de la fourrure dans la fabrication de ses vêtements. Pour Veja, une marque française de baskets le pas a déjà été franchi, elle a choisi de reconsidérer sa production, l’utilisation du coton bio et du caoutchouc sauvage d’Amazonie favorise une politique éco-responsable. La basket produite au Brésil et suivie directement par les équipes françaises s’attache à des normes plus respectueuses de l’environnement. Elle coûte environ sept fois plus cher contrairement aux autres baskets confectionnées en Chine, mais l’argument éco-responsable valorise la marque. Elle a dû faire face pour réaliser cet enjeu à des sacrifices et repenser son organisation.

Les grands groupes du textile doivent se remettre en question et être mis en garde par des organisations comme le GFA pour envisager d’autres pratiques respectueuses de l’environnement. La mode éco-responsable retient l’adhésion des nouvelles générations et deviendra le credo des générations suivantes.  Améliorer son image et développer une entreprise passent par de nouveaux critères car les enjeux qui se profilent à l’horizon se situent aussi bien au cœur de la croissance que de la protection de la planète et de ses habitants.

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