La gestion administrative une obligation ? Non : un outil stratégique !

Thierry Goemans     02/12/13    
La gestion administrative une obligation Non un outil strategique

Beaucoup trop d’entreprises échouent parce qu’elles sont mal gérées. L’inexpérience ou le manque d’investissement des dirigeants dans les travaux de gestion n’est pas une fatalité. Faisons le tour des facteurs à prendre en compte pour favoriser une gestion efficace dans une startup.

Le syndrome de « l’Homme-orchestre »

Ce n’est pas pour rien qu’on désigne l’entrepreneur comme « un Homme-orchestre ». Il ou elle doit se battre sur tous les fronts à la fois. Or, les entrepreneurs ou repreneurs d’entreprise tiennent généralement le discours suivant, lors de la phase d’amorçage de leur projet :

« J’ai besoin de consacrer un maximum de temps au développement de mon cœur de métier et à mes clients, le reste sera structuré plus tard ».

Alors, plus les dossiers non traités s’accumulent, moins il y a de chance que quelqu’un en vienne à bout. Cette situation, fréquente, finit par générer des difficultés d’exploitation : clients mécontents, fournisseurs et banquiers inquiets, pénalités et amendes pour non-respect des obligations légales…

La qualité du reporting dépend de la gestion au quotidien

Les difficultés liées à la gestion sont d’autant plus regrettables, quand le modèle économique de l’entreprise, rentable, présente les conditions d’un succès entrepreneurial. Dans ces cas-là, le manque de contrôle de la gestion éclate au grand jour au pire moment : quand l’amorçage aboutit, qu’il faut faire face à une demande croissante tout en asseyant la réputation de l’entreprise. A ce moment précis, les dirigeants ont besoin de crédibilité pour convaincre des partenaires de les suivre à l’étape suivante. Quand le carnet de commandes est bien rempli et que les conditions du développement sont réunies, ce n’est vraiment pas le bon moment d’être épinglé pour des déclarations fiscales et sociales en retard, des tableaux de bord inexistants ou un prévisionnel de trésorerie approximatif. Le suivi administratif et comptable est plus qu’une obligation légale : il conditionne la qualité du reporting et des prévisions chiffrées indispensables pour le pilotage de l’entreprise.

De leur point de vue, les salariés, eux aussi, attendent des dirigeants une maîtrise de la gestion et de l’organisation, pour s’investir sans retenue dans le développement de l’entreprise.

Se donner les moyens d’une gestion saine.

Les statistiques INSEE le prouvent : les entreprises bien capitalisées, dès le départ et qui continuent à investir assurent plus facilement leur pérennité que celles qui sont lancées avec des moyens trop modestes.

En effet, mettre en place, une organisation comptable et administrative efficace implique des investissements en temps et en argent.

Les dirigeants qui s’entourent de soutiens et de conseils créeront plus rapidement un système de gestion crédible, qui leur permet de disposer d’informations objectives : ils savent où ils en sont et peuvent argumenter sur la stratégie, chiffres indiscutables à l’appui.

Enfin, le dirigeant se sera investi personnellement dans la mise en place d’un outil de gestion adapté sera également plus à même d’embaucher les bons profils pour tenir la comptabilité, l’administration des ventes et le reporting à jour. Ici encore c’est une question de moyens financiers, mais pas seulement : un entrepreneur qui accepte de consacrer du temps comme acteur de sa gestion saura mettre en place les délégations et le contrôle interne adaptés.

Notons au passage, qu’en matière de création ou reprise d’entreprise, l’expérience semble compter davantage que le diplôme de l’entrepreneur.

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Thierry Goemans

DAF indépendant et formateur en comptabilité