Financement : peut-on encore prendre ce risque ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     08/02/12    
Pour boucler son plan de financement à 3 ans, il est logique de déployer la trilogie love money, business angels et fonds de capital risque. Mais est-ce que ça marche ? Et quelles sont les solutions alternatives nouvelles ?

Le capital amorçage : tout est possible !

Lever quelques dizaines de milliers d’euros auprès de ses amis et de sa famille ne dépend guère du marché du financement mais de la confiance qu’inspire le projet aux proches des porteurs de projet.
Le love money doit cependant être rapidement relayé par des montants plus importants : 200 – 400 K€ qui correspondent aux tickets des business angels. On constate depuis quelques années une réelle montée en puissance de ce type de financement. Le nombre de dossiers financés augmente et les montants levés par dossier deviennent significatifs. Toutefois, lever des fonds auprès de business angels n’est pas automatique ! Il existe une concurrence très forte entre les dossiers et les comités de choix des projets, mis en place par les associations de business angels, sont extrêmement sélectifs. De plus, les durées des levées s’allongent et peuvent frôler celles des fonds.
En renforçant ses fonds propres, l’entreprise peut ensuite bénéficier, si elle est éligible, d’avances OSEO.

Des fonds de capital risque plus frileux

Le premier tour de table auprès des fonds de capital risque est devenu, depuis quelques années, de plus en plus difficile. En effet, il existe peu de fonds spécialisés sur ce type de financement. Les FCPR qui lèvent leurs fonds auprès des institutionnels et family offices ont énormément de difficultés à relever des fonds depuis 2008 et un nombre d’équipes prestigieuses se trouvent aujourd’hui sans argent à investir. Quant aux FCPI et FIP qui sont financés par la défiscalisation (IRPP et ISF), ils s’orientent pour l’essentiel vers les sociétés matures et rentables ou très proches de l’être.

Des raisons de persévérer !

De nouvelles façons de financer son entreprise émergent depuis quelques temps. C’est le cas des nouveaux fonds d’entrepreneurs. Souvent créés par des entrepreneurs du web, ils sont la plupart du temps axés sur internet et la mobilité. Autre fait récent sur le marché du financement : les fonds corporate reviennent !
Deux initiatives majeures financées par le Grand Emprunt peuvent redonner espoir aux entrepreneurs : le FSN PME, fonds de co-investissement de 400 M€ .

Parmi les secteurs couverts par ce fonds, on trouve le cloud computing, l’e-santé, l’e-éducation, la ville numérique… Enfin, le FNA (Fonds National d’Amorçage) représente 400 M€. Fonds de fonds géré pour investir dans des fonds d’amorçage, de capital risque ou fonds liés à des organismes de recherche ou d’enseignement supérieur. En permettant à de nouveaux fonds de se positionner sur ce segment de financement, le FNA devrait avoir un effet significatif sur la résolution de « l’equity gap ».

Oui ce n’est pas simple ! Mais de nombreux bons projets se financent… non sans mal et toujours avec la détermination de l’équipe ! l