Faut-il être riche pour entreprendre ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     24/04/18    
faut etre riche entreprendre

Qui a dit que le fils ou la fille d’un ouvrier ne pouvait pas devenir entrepreneur ? Si les bourdieusiens parlent de reproduction sociale, certains dirigeants devenus célèbres sont issus d’un milieu diamétralement opposé à celui dans lequel ils vivent désormais. Partis sans un sou en poche, ces derniers ne doivent leur réussite qu’à leurs qualités, leur mérite personnel et leur opiniâtreté. Et si le prochain « self made man », c’était vous ?

Il est vrai que monter sa boîte n’est pas une mince affaire. Ce type d’investissement ne nécessite pas la plupart du temps de fonds faramineux comme on peut trop souvent être amené à le penser. Parmi les indispensables, retenez plutôt l’idée de savoir où l’on va et avec qui l’on y va. Que l’on soit issu d’une famille modeste et/ou d’un quartier difficile, l’entrepreneuriat n’est pas tant une question d’argent que de volonté et de persévérance. En témoignent les nombreux entrepreneurs, qui se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale les poches vides, comme Mohed Altrad, le Syrien autodidacte devenu milliardaire, qui, aujourd’hui, font partie des modèles à suivre.

Quartiers difficiles et milieux ruraux : authentique terreau entrepreneurial 

Si les banlieues constituent un véritable vivier de footballeurs professionnels français, elles ne sont pas pour autant ce qu’on pourrait appeler des « déserts entrepreneuriaux », bien au contraire. « Sans aucune démagogie, l’avenir de notre pays réside autant dans nos banlieues qu’à «Normale Sup’» chez des jeunes capables de faire évoluer notre modèle plutôt que ceux sélectionnés pour perpétuer un modèle qui ne cesse d’accumuler des échecs pour le plus grand nombre… Ce sont eux qui créeront les entreprises de demain et embaucheront ceux de la première chance », explique Pascal Picq dans son œuvre « Un paléoanthropologue dans l’entreprise ». Autrement dit, stop aux clichés ! Du coté des régions dites rurales, entreprendre ne demeure pas non plus à classer dans les insurmontables. Les entrepreneurs sont accueillis à bras ouverts par ces lieux car implanter une société demeure synonyme de création d’emplois. Les coûts tels que celui du loyer se révèlent d’ailleurs moins élevés que pour les grandes villes et il faut avouer qu’une bonne connexion à internet suffit souvent aujourd’hui à lancer un business. En plus de profiter d’une qualité de vie optimale, loin de la pollution, des aides régionales sont également mises en place pour vous aider dans votre activité. 

Entreprendre au chômage, c’est possible !

On n’y pense pas toujours mais le chômage peut constituer une opportunité pour ceux qui souhaitent créer leur entreprise. Sans activité, les chômeurs qui veulent entreprendre disposent de suffisamment de temps pour envisager pleinement leur projet et savoir si oui ou non leur business model tient la route. Dans le cas où ils décident, finalement, de fonder leur société, des aides sont prévues par l’État pour les aider dans cette tâche emplie d’embuches. Ces aides à la création d’entreprise se présentent sous trois formes : une aide financière et un accompagnement, une exonération de charges ou le maintien de certaines allocations. Et puis, après tout, pour retrouver un emploi, pourquoi ne pas se le créer en fondant sa propre entreprise ?

- Le premier type d’aide s’inscrit dans le cadre du dispositif NACRE (Nouvel Accompagnement à la Création ou la Reprise d’Entreprise) et vise à financer la constitution du capital de la société ainsi que les besoins de financement liés à son fonctionnement. Un accompagnement est également prévu qui peut se dérouler sur trois ans après le démarrage de l’activité. 

- En lien avec le dispositif ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprises), durant les premières années de leur activité, les chômeurs peuvent bénéficier d’une exonération de charges sociales. Depuis le 1er octobre, cette aide est réservée aux bénéficiaires dont les revenus sont inférieurs au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 39 228 euros en 2017. Entrent alors en ligne de compte les cotisations issues de l’assurance maladie ou vieillesse de base, décès, invalidité, maternité ou encore les prestations familiales. Notez que pour les sociétés créées ou reprises avant 2017, l’exonération de charges sociales ne s’applique que pour celles dont les revenus d’activité ne dépassent pas 120 % du SMIC. 

- Certaines allocations peuvent se voir maintenues une fois l’entreprise établie. Selon le type d’aide, les chômeurs peuvent en effet continuer à percevoir des minima sociaux pendant des durées définies. En plus de bénéficier de l’ARE (Aide au retour à l’emploi), les chômeurs peuvent aussi profiter de 45 % des droits restants dus sous forme de capital lors de la création ou de la reprise d’une société. Pour les recevoir, ils devront alors signaler leur projet après de Pôle emploi.

À défaut d’être riche, faut-il être fou ?

Lorsqu’on souhaite entreprendre, la question à se poser n’est pas tant de savoir s’il faut être riche mais plutôt si l’on est assez fou pour oser se lancer. Créer son entreprise représente un véritable challenge et, au vu du nombre de contraintes qu’il implique, être doté d’un petit degré de folie reste utile pour se jeter à l’eau. Tout d’abord, il faut bien l’avouer, vos chances de réussite sont inférieures à celle de connaître un échec. Notez que bon nombre d’entrepreneurs à succès ont, dans un premier temps, échoué. Oubliez l’image du dirigeant qui se consacre au golf, vous n’aurez pas d’horaires fixes et pourrez, bien entendu, oublier les 35 heures… Le stress obligeant, déconnecter, et ce, malgré la fatigue, demeure difficile pour un dirigeant qui doit constamment montrer son investissement sans faille à ses salariés. Côté salaire, ne vous attendez pas à gagner des millions, du moins dès le début de votre activité. À titre d’exemple, Frédéric Mazzella, le mythique fondateur de BlaBlaCar, a reconnu avoir dû manger des pâtes pendant plusieurs années avant de faire partie des licornes françaises. Persévérance et remise en question se doivent d’être vos maîtres-mots. Si ce petit tour d’horizon évoque certaines difficultés qui régissent la vie de nombre d’entrepreneurs, il est loin d’être exhaustif. Souvenez-vous, néanmoins, qu’entreprendre est, avant tout, le fruit d’une expérience unique avec la possibilité d’exercer un métier qui vous passionne. Demandez-vous pourquoi vous souhaitez vous lancer. Un indice, la réponse ne doit pas être d’ordre matériel… 

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