Faut-il baser son business model sur la confiance ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     12/06/17    
faut baser business model confiance

AirBnB, BlaBlaCar, Leboncoin… Ces entreprises cartonnent en se basant seulement sur la confiance des utilisateurs entre eux. Celles-ci suppriment tout simplement les intermédiaires entre le consommateur et le service rendu, à une époque où les grands groupes inspirent davantage l’arnaque que la garantie de qualité. Et si vous faisiez comme elles ?

La confiance comme baseline

Qu’il s’agisse d’économie ou de pouvoir, la confiance que le peuple place en ceux qui le dirigent conserve toute son importance à travers les âges. En matière de pouvoir, les discours rassurants des dirigeants tout comme le recours à la propagande visent à maintenir la crédibilité des puissants aux yeux de la population qui, si elle retire son soutien, peuvent aller jusqu’à les décapiter… Il en va de même dans le secteur de l’économie : les acheteurs n’investissent que dans des biens qui leur inspirent confiance. Le concept de la publicité trouve d’ailleurs son origine à cet endroit précis. L’idée de promotion d’un bien ou d’un service à vendre repose souvent sur la croyance du consommateur que cet objet va effectivement révolutionner sa vie. Depuis quelque temps, la confiance se fait toutefois plus rare. Les affaires successives de corruption et d’arnaques dans tous les domaines ont sérieusement refroidi les acheteurs, qui se tournent plus volontiers vers d’autres particuliers que vers de grandes entreprises. Plusieurs entrepreneurs, au regard affuté, ont remarqué ce phénomène. Ceux-ci ont pensé des business model basés sur ce constat et le succès semble au rendez-vous. Avant de se lancer dans la création d’une société basée sur cette idée, il convient de définir en quoi l’économie de la confiance, qui regroupe l’économie du partage ou encore celle collaborative, consiste.

Economie de la confiance, du partage ou collaborative ?

Théorisée par Eloi Laurent, l’économie de la confiance renvoie à ce besoin des acheteurs d’effectuer des transactions entre eux et d’avoir le moins possible recours à de tierces personnes. Les particuliers développent une certaine méfiance notamment envers les grands groupes et recourent davantage au C2C : customer to customer, service de consommateur à consommateur. L’économie de la confiance désigne en réalité différents modèles économiques tels que l’économie du partage, ou celle collaborative. Ces dernières prennent la forme de covoiturage, de troc, d’achats ou encore d’échanges d’appartements, toujours entre consommateurs. L’entreprise n’intervient plus que pour fournir un moyen de mise en contact entre les deux parties. L’économie du partage, elle, consiste à construire des biens ensemble pour que ses acteurs puissent en profiter. Il peut s’agir, par exemple, de partager le prix d’un trajet longue distance. Certaines communautés développent pour ce faire des logiciels libres.
De son côté, l’économie collaborative, si elle ressemble beaucoup à l’économie du partage, génère néanmoins plus de profit. Celle-ci vise également la production de services à plusieurs mais la majorité des bénéfices produits se voient versés à l’entreprise. Davantage capitalisant par rapport à l’économie du partage à proprement parler, le modèle collaboratif s’inscrit toujours dans le domaine des services, mais l’entreprise de mise en réseau retire un pourcentage sur les productions. A titre d’exemple, la plateforme de covoiturage BlaBlaCar propose à des particuliers de mettre les places restantes dans leurs voitures en vente à d’autres particuliers pour de longs trajets et le site prélève un certain montant sur les transactions effectuées.
On observe que 49% des Français ont recours à la vente ou l’achat de biens entre particuliers et que 59% d’entre eux confient avoir confiance en cette pratique, d’après une étude de l’observatoire de la consommation Cetelem. Les consommateurs semblent ainsi s’organiser entre eux et certaines entreprises savent tourner ce phénomène à leur avantage.

La numérisation et le service, des créneaux à prendre pour les firmes de demain

Dans une société où les clients semblent se méfier des grandes entreprises, celles-ci ne sont pourtant pas près de disparaître. Le secteur des services connaît un véritable renouveau grâce aux nombreuses applications qui fleurissent de part et d’autres. Le numérique représente un réel enjeu pour les sociétés de demain : les particuliers s’arrangent certes entre eux mais cela s’opère majoritairement grâce à des plateformes numériques, dispensées par les entreprises. À titre d’exemple, Leboncoin ou La Centrale ne sont pas célèbres pour leur offre de services physiques et matériels. Ils le sont davantage pour leur site qui propose des millions d’objets d’occasion et leur permet d’entrer en contact rapidement avec leurs propriétaires afin de leur acheter directement. Les plateformes numériques et applications de mise en relation représentent une véritable perspective à étudier pour les entrepreneurs souhaitant se lancer. Plusieurs prestataires de services ont, par ailleurs, pu s’intégrer au sein d’entreprises comme AirBnB, une plateforme d’échange d’appartements entre particuliers. Il existe différentes manières de s’associer à un phénomène de plateforme numérique à succès : à travers un partenariat ou en proposant des services complémentaires, par exemple.

Quelques exemples d’entreprises inscrites dans l’économie de la confiance

Les entreprises évoquées tout au long de cet article surfent sur l’économie de la confiance façons variées. L’économie collaborative génère du profit et s’avère intéressante pour de jeunes entrepreneurs en quête de succès. BlaBlaCar propose un service de covoiturage aux internautes qui partagent le prix des trajets longue distance en constitue la preuve. Si cette démarche semble relever de l’économie du partage, il faut garder en tête que la plateforme s’attribue une partie des bénéfices afin de continuer à développer ses systèmes de données et d’informations. Une forme de l’économie collaborative. AirBnB fonctionne de façon similaire : les locataires d’appartements à louer conservent leurs biens et une grande partie des sommes versées va directement à la plateforme. De la même façon, la célèbre entreprise américaine Uber permet à des particuliers de s’improviser chauffeurs pour en dépanner d’autres via une application, qui retire des bénéfices de chaque course.

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