6 étapes pour gérer un salarié qui a un problème d’alcool

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     05/02/18    
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L’alcoolisme touche près de 10 % des salariés, selon l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie. Vous pouvez faire face à cette situation à tout moment dans votre entreprise. Il est nécessaire de ne pas fermer les yeux sur ce problème, à l’origine de près de 20 % des accidents de travail, d’après le cabinet Hassé-Consultants, spécialiste de l’alcoologie en entreprise. Voici donc six étapes pour gérer un collaborateur qui a un problème avec l’alcool.

Identifier les signaux

Détecter les signes qui vous indiquent qu’une personne fait face à un problème d’alcool n’est pas toujours évident. Il convient de ne pas se tromper en cas de suspicion, au risque de porter un mauvais jugement sur la personne et, par conséquent, de la vexer voire de la blesser. Notez bien qu’un salarié concerné par cette situation fera tout pour la dissimuler. Si vous remarquez qu’un de vos collaborateurs a tendance à disparaître plusieurs fois dans la journée, à se parfumer plus que nécessaire et se brosser les dents trop régulièrement, portez-lui une attention particulière. Menez votre enquête afin de connaître la réputation qu’il détient auprès de ses collègues et s’il lui arrive de montrer des symptômes de manque. En fonction des résultats que vous obtiendrez, des dispositions peuvent être à adopter. Selon l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’entreprise doit « assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés ». Dans le cas où vous décelez un salarié alcoolique, mieux vaut prendre les choses en main et ne pas laisser la situation se dégrader. Ainsi, faites bien attention aux signaux pour ne pas louper une éventuelle addiction !

Amener le salarié à reconnaître son problème sans le juger

Une fois votre enquête terminée et le salarié identifié, il vous faudra prendre rendez-vous avec la personne en question pour tenter de trouver une solution, en privé, dans un premier temps. La première étape demeure de l’amener à reconnaître son problème. Gardez à l’esprit que vous devrez porter une attention toute particulière aux mots que vous emploierez pour ne pas l’offusquer et fermer la conversation. Cherchez plutôt à trouver ce qui ne va pas afin de l’aider à améliorer la situation. N’hésitez d’ailleurs pas à le questionner sur les éventuels problèmes qu’il peut avoir et faites de votre mieux pour arranger son quotidien. Vous pouvez ensuite lui conseiller d’aller chez le médecin pour discuter et trouver des solutions adaptées. Votre objectif demeure de l’amener à accepter qu’il doit se faire aider. Veillez à réaliser cette étape sans émettre le moindre jugement envers votre collaborateur. Comprenez bien qu’il s’agit d’une addiction et faites preuve de compassion. Soyez à son écoute !

Lui laisser une chance

En faisant le choix de virer ou de mettre à pied la personne, vous risquez de nourrir davantage son addiction à l’alcool. Après l’avoir reçu en privé dans votre bureau, faites de votre mieux pour l’accompagner au quotidien dans ce combat. Laissez-lui une chance ! En le gardant dans votre entreprise, vous pourrez ainsi surveiller votre salarié et vous assurer qu’il maintient ses efforts. N’hésitez pas à mettre en place une action collective si nécessaire. Si ce dernier peut compter sur son entourage, il y trouvera un meilleur soutien et aura plus de chances de sortir de cette situation.

L’aider dans les démarches à suivre

Pour aider votre salarié, il faut parfois faire preuve de fermeté. Même avec une forte volonté de sortir de cette situation, la personne peut certainement avoir du mal à aller chercher de l’aide auprès de professionnels. Étant donné que vous ne possédez aucune formation en la matière, il convient davantage de l’aider dans les démarches à suivre afin de l’orienter vers des structures adaptées. N’hésitez pas à l’accompagner pour trouver le suivi qui lui correspond le mieux. Gardez tout de même à l’esprit que vous devez maintenir la hiérarchie dans vos relations. Vous restez toujours son supérieur. Par conséquent, vous ne pouvez pas toujours vous occuper de lui. Soutenez-le donc dans cette étape primordiale, mais n’allez pas trop loin !

Le revoir quelque temps plus tard en rendez-vous

Quelque temps après le début de la prise en main de votre salarié, proposez-lui un autre rendez-vous afin de voir ce qu’il en est par rapport à son problème avec l’alcool. Profitez de ce moment pour réaliser un premier bilan. Notez bien les efforts fournis par la personne afin de l’encourager à continuer dans cette voie. Dans le cas contraire, s’il s’avère que rien n’a été fait pour améliorer la situation, exercez une certaine pression (dans la mesure du raisonnable) sur ce dernier pour qu’il se rende réellement compte du risque qui pèse sur lui si rien ne change. Peu importe de quel côté se situe votre collaborateur, continuez de lui apporter votre soutien pour motiver ses efforts ou à l’encourager à en fournir. Prévoyez dans votre agenda un créneau pour cette rencontre !

Prendre une décision  

Une fois le deuxième rendez-vous réalisé, vous pouvez attendre encore un mois avant de prendre une décision concernant l’avenir de votre salarié. Dans le cas où de réels efforts ont été fournis et que des résultats commencent à se faire apercevoir, n’hésitez pas à le féliciter et le récompenser. À l’inverse, si vous n’observez aucune amélioration après tout ce laps de temps, il demeure nécessaire d’envisager une séparation. La personne prendra peut-être enfin conscience de sa situation mais attendez tout de même quelques mois avant de prendre une décision !

Réussir à gérer un salarié qui a un problème avec l’alcool prend du temps et ne s’avère pas toujours facile. Au bout du chemin, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. En tant que dirigeant, vous devez toutefois tout mettre en œuvre pour aider votre collaborateur. Ne baissez pas les bras et faites de votre mieux ! 

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