Les entrepreneurs vont-ils fuir la France ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     17/01/16    
entrepreneurs vont fuir france

Les charges et l'imposition sur les activités des entreprises sont particulièrement lourdes en France. Par ailleurs, le coût élevé de la main d’œuvre française pousse les entrepreneurs à délocaliser leurs productions. Pourtant, le sursaut du "made in France" revendiqué par certaines entreprises laisse envisager que le marché de l'entrepreneuriat tricolore a encore un avenir. De plus, tout un panel de mesures favorisant l'emploi et le développement des entreprises devrait aider ces dernières à se maintenir en France. Est-ce que les avantages d'entreprendre en France prévalent sur les inconvénients et suffiront-elles à retenir les entrepreneurs français ?

Les inconvénients

Les charges d'entreprises asphyxient les entrepreneurs français

Les charges pesant sur les entreprises françaises sont beaucoup trop lourdes. Elles asphyxient véritablement les entrepreneurs français. Tour d'horizon de ces différentes charges. Les entrepreneurs français doivent supporter les charges fiscales et sociales. Lorsqu'un patron rémunère, par exemple, un de ses salariés pour un salaire de 1300 euros, il sera contraint de payer autant en charges sociales. En plus des charges sociales (qui se répartissent en deux catégories, charges salariales et charges patronales), il faut compter avec les impôts, notamment celui sur les bénéfices. L’entrepreneur doit s'acquitter également de la TVA, des impôts locaux, de la taxe imposée aux véhicules de société, etc. Toutes ces charges et taxes finissent par démotiver fortement les employeurs qui songent, pour certains d'entre eux, à fuir ce système français.

Le coût de la main d’œuvre trop élevé en France

Le coût horaire de la main d’œuvre en France paraît trop élevé avec un coût estimé à 34,30 euros de l'heure. C'est supérieur à la moyenne des pays de la zone euro qui est environ de 28,40 euros par heure. L'écart est encore plus important si on considère le coût horaire moyen des 28 pays de l'Union Européenne qui est de 23,70 euros. La France est donc dans le groupe de tête avec des pays comme l'Allemagne, le Luxembourg ou la Belgique. Avec ce coût horaire de main d’œuvre élevé dans l'hexagone, il est très difficile pour les entreprises françaises de rester compétitives face aux autres pays. De fait, les entrepreneurs français ont tendance à délocaliser leurs productions dans des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie qui ont un coût horaire moyen de main d’œuvre, respectivement de 3,70 euros et 4,60 euros. Or, juridiquement, rien n'empêche les entreprises françaises de produire dans d'autres pays européens avec la libre circulation des personnes, des biens et des marchandises. La délocalisation est donc devenue un processus économique important en France.

Les avantages

Le "made in France" : la stratégie du haut-de-gamme

Ce qui s'avère généralement être un handicap (le coût de la main d’œuvre par exemple) peut se transformer en atout sans que cela soit un contresens. Si la main d’œuvre en France est chère, c'est aussi parce qu'elle est globalement bien formée. Il existe ainsi un savoir-faire à la française qui jouit d'une grande réputation, jusqu'à l'étranger. Des entreprises revendiquent le made in France telles que "Gautier", fabricant de meubles vendéens, ou encore la marque des moulages "Mako". On peut également citer le chantier de plaisance rochelais : "Fountaine-Pajot", etc. Ces entreprises ont en commun d'être enracinées dans une culture française, voire même à l'échelle régionale ! Ainsi, les entrepreneurs qui défendent le made in France sont prêts à payer plus chers leurs salariés pour proposer un produit de qualité haut-de-gamme ayant une forte identité française.

Des mesures économiques favorisent l'entrepreneuriat français

Le gouvernement actuel a entrepris de lancer plusieurs mesures pour aider les entreprises en France. On peut retenir, par exemple, ces dernières :

- Allègement sur les coûts des entreprises de l'ordre de 20 milliards d'euros par an grâce au Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.
- Mise en place d'une nouvelle garantie publique pour injecter 500 millions d'euros de plus dans la trésorerie des PME.
- Aider à l'accompagnement personnalisé à l'international pour plus de 1000 PME et ETI.
- Favoriser le recrutement des jeunes en apprentissage au sein des PME.
- Créer un projet de cinq chantiers de simplification pour les démarches des entreprises…

Ceci est une liste non exhaustive d'un ensemble de 35 mesures favorisant la création et le développement des entreprises françaises. Ces mesures qui visent également à faire reculer le chômage et ont une portée économique globale sur le marché de l'emploi et de la vie des entreprises.

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