L'écosystème européen est-il plus propice pour se développer que la Silicon Valley ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     31/12/15    
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Longtemps eldorado incontesté pour les jeunes entrepreneurs, la Silicon Valley voit sa position de plus en plus menacée par les grands marchés européens. L’écosystème des start-up européennes se structure de manière efficace et offre ainsi de nouvelles opportunités dans le domaine du numérique. Pour autant, peut-on considérer qu’une jeune pousse a plus de chances de se développer en Europe que dans la Silicon Valley ?

Le rôle encore dominant de la Silicon Valley

Le secteur des nouvelles technologies possède dans le monde plusieurs écosystèmes favorables : la Silicon Valley demeure à l’heure actuelle le plus prisé et le plus puissant. Il a fait éclore les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) et peut se targuer aujourd’hui de la réussite des NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber). Les créateurs européens se tournent donc encore vers le microcosme américain pour lancer leurs sociétés, comme le prouvent les 500 start-up fondées par des Français dans la Silicon Valley ainsi que la présence sur place de plus de 50000 Allemands. L’environnement général favorable à l’entreprise et le climat culturel propice à l’innovation sont des avantages historiques pour la Silicon Valley. Cependant, l’Europe possède de son côté ses propres points forts.

Les atouts européens

Délocaliser sa start-up à San Francisco est souvent dû à la volonté des entrepreneurs de se dégager des incertitudes fiscales et réglementaires pesant en Europe. Malgré tout, le Vieux Continent possède plusieurs avantages par rapport à la Silicon Valley. En France, de nombreux incubateurs de start-up performants, une quarantaine uniquement en région parisienne, permettent de créer plus facilement son entreprise. On estime que Paris comptera plus de 1000 start-up en 2016, soit la concentration la plus importante en Europe. Le pays abrite aussi des fonds d’investissements sûrs (Apax, Idinvest) et des business angels expérimentés (Xavier Niel, Marc Simoncini). L’Europe peut aussi faire valoir son expertise industrielle, comme le mentionne le rapport « Can European start-up crack the code ? » établi par le cabinet Roland Berger.

Une forte augmentation des levées de fonds

La montée en puissance des start-up européennes, du fait d’un climat général plus favorable à leur épanouissement, est prouvée en chiffres par l’explosion des levées de fonds durant le premier semestre 2015. Les financements s’élèvent à près de 7 milliards de dollars, soit une hausse de 86 % par rapport à 2014 ! L’Europe compte aujourd’hui 40 licornes, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars, dont 13 apparues en 2015 selon le cabinet de conseil GP Bullhound. Plusieurs start-up spécialisées dans le numérique connaissent un développement exemplaire sur le sol européen : on peut citer ici Blablacar, Spotify, Delivery Hero, OneWeb ou encore Sigfox.

De grands marchés porteurs

L’apport de l’univers corporate pour les jeunes entreprises dans les grands marchés français et allemand constitue un autre atout important. La volonté de favoriser le développement de contrepoids aux géants Airbnb et Uber est également un signe positif pour les start-up européennes, déjà bien représentées en matière de big data, d’impression 3D, de robotique et d’objets connectés. Lors du sommet Europe 2020, José Manuel Barroso a exprimé son souhait de voir l’Union européenne faciliter ses réglementations pour concurrencer la Silicon Valley, en créant dans les années à venir un véritable marché intérieur numérique entre états membres.

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