Les durées de règlement qui s’éternisent, non merci

André-Paul BAHUON     09/10/13    
facture

Entre le décompte d’un intérêt de retard qui frôle le taux usuraire, la facturation de 40 euros pour le recouvrement des sommes impayées, ou encore l’émission d’un rapport du commissaire aux comptes à l’attention du ministère de l’Économie et des Finances informant des anomalies constatées, il existe un arsenal de mesures dissuasives pour aider au bon règlement des factures. De plus, il existe en France une loi qui indique que les règlements entre entreprises doivent s’effectuer au plus tard à 60 jours fin de mois date de facture.
Malheureusement, cela n’endigue pas la déferlante de non-paiement que les entreprises connaissent actuellement.

En effet, que constate-t-on sur le plan du financement à court terme des entreprises à l’heure de la crise ? Des donneurs d’ordres privés échelonnent leurs paiements au-delà de ce qui est permis. D’autres donneurs d’ordres publics qui malgré les promesses, exécutent les paiements déjà émis que tardivement. Et en finalité, les banques se refusent à financer le Besoin en Fonds de Roulement de l’entreprise.

Se faire de la trésorerie au sein de l’entreprise, comment ?

Quelques exemples tout simples : payer ses précomptes salariaux cash (obligatoire), en étalant les charges patronales sur six mois, pourrait être une solution. Échelonner le paiement des impôts sur la même durée, ou encore en ne réglant pas ses fournisseurs et différer les paiements.
Attention à ne pas produire un effet domino, tout cela mettrait à mal de très nombreuses TPE et PME.

 

Comment gérer ces situations pour le chef d’entreprise ?

Le gérant doit faire preuve de persuasion et de persévérance avec chacune des parties concernées (clients, fournisseurs, banques). Quelques recommandations viennent naturellement à être citées, à savoir :
Du côté de ses clients: 
- Surveiller comme le lait sur le feu sa balance clients et s’alerter de tout retard.
- Se déplacer pour faire le recouvrement de ses clients, la seule relance téléphonique ne suffit plus.
- Accepter un échelonnement avec des demandes de garanties personnelles exécutables.
- Ne pas hésiter à recourir à des procédures contentieuses (relance courriel, relance par lettre simple, relance par lettre recommandée, recours à un huissier de justice) afin d’obtenir au mieux un paiement.
- Accorder éventuellement une remise pour paiement comptant – mieux vaut tenir que courir !
- Instituer le prélèvement automatique.
- Ne pas hésiter à se séparer d’un client « problématique » ou « dangereux ».

Du côté des fournisseurs:
- Négocier avec ses fournisseurs des délais de paiement.
- Obtenir des remises pour paiement en avance sur la date prévue au contrat.

Du côté des banques:
- Rencontrer régulièrement son banquier avec les prévisions d’exploitation et de trésorerie.
- Négocier une facilité de caisse.
- Envisager la mise en place de l’escompte, d’un « DAILLY », d’un affacturage.

En un mot comme en cents, il faut tout essayer ! Face à la crise de liquidité qui touche les TPE et les PME, il est nécessaire d’être proactif et de résister. Et pour cela ne pas hésiter à s’entourer de son expert-comptable et d’un huissier de justice pour qu’ils deviennent les véritables « CREDIT MANAGER » de votre entreprise !
La vague est forte, il faut vite apprendre à surfer pour vivre et survivre.

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À propos de l'auteur

Andre Paul BAHUON
André-Paul BAHUON

Expert-comptable, Commissaire aux Comptes, Conseil en organisation.