Donner une dimension sociale à son entreprise

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     29/01/11    
Plus que Parfait, société spécialisée dans le nettoyage, a instauré une forte dimension sociale au sein de l’entreprise et a multiplié son CA par 100 en 5 ans ! Peut-on y voir une relation de cause à effet ?

C’est par obligation que Mathieu Boullenger est entré dans l’aventure Plus que Parfait.
Amené à reprendre l’entreprise familiale alors qu’il se destinait à un métier d’artiste, Mathieu Boullenger imaginait partager son temps entre la gestion de l’entreprise le matin, et son activité artistique l’après-midi. Mais, bien évidemment, c’est plus qu’un plein temps qui a été nécessaire à ce jeune chef d’entreprise qui découvrait totalement sa nouvelle fonction !

Créée en 2005, Plus que parfait est une entreprise de nettoyage industriel s’adressant aux collectivités, entreprises, locaux commerciaux, parkings etc. Proposant des services sur-mesure, utilisant des produits éco labélisés et des techniques de nettoyage économes, les résultats commerciaux positifs ont amené l’entreprise à recruter.

Dés la fin de sa première année à la tête de l’entreprise, il a suivi des formations aux métiers du nettoyage industriel, mais aussi de management et de direction d’entreprise. Il considère qu’il doit toujours avoir un temps d’avance sur la taille de son entreprise et sur son évolution. Il estime ainsi essentiel de savoir gérer une entreprise de 100 personnes quand sa propre société n’en embauche que 50, de 300 lorsqu’elle atteint la centaine, ainsi de suite. Aussi, consacre-t-il 2 journées par mois à sa formation permanente.

Aujourd’hui l’entreprise compte plus 160 salariés et a clôturé l’année 2010 avec un CA de 2,6 millions d’euros, soit 100 fois plus qu’en 2005, mais surtout 50 % de plus qu’en 2009 ! Parmi ses clients on trouve de grandes sociétés telles que Laforet Immobilier, la Compagnie des Bateaux Mouches, MMA ou les Ateliers Christofle.

A la différence de bon nombre d’entreprises de ce secteur, Plus que parfait a su instaurer une dimension sociale très importante. « L’aspect environnemental est pour nous un acquis et ne représente quasiment plus un facteur de différenciation vis-à-vis de nos concurrents. Pour nos métiers, c’est sur la dimension sociale que nous pouvons faire la différence » explique le chef d’entreprise. « Je me sentais responsable des gens que j’engageais, qui vivent grâce à l’entreprise, qui nourrissent une famille, payent un loyer etc. Je me devais d’assurer la pérennité de l’entreprise » affirme Mathieu Boullenger au sujet de ses salariés. Politique active d’alphabétisation pour les collaborateurs qui en ont besoin ou gouvernance participative : les actions sociales sont au cœur du management de l’entreprise. Les salariés savent ce qui se passe dans l’entreprise, participent à son évolution, connaissent le patron, bénéficient de formations et d’entretiens annuels d’évaluation… des actions généralement peu proposées dans ce type de profession. La valorisation de l’individu, sa formation ou l’évolution de ses compétences sont autant de motivations pour les salariés et sources de stabilité dans une profession où le turnover est malheureusement très important.

Mathieu Boullenger a instauré avec ses salariés 2 rendez-vous par mois : une réunion interservices qui est également ouverte aux nouveaux apprentis, aux délégués du personnel et où 5 sièges sont réservés à qui veut venir, et une seconde réunion centrée autour du dialogue social qui permet notamment de largement anticiper les problèmes éventuels. Et cette ouverture au dialogue porte ses fruits : « La profession prévoit de l’ordre de 5 % de la masse salariale en budget prud’hommes, et nous n’avons jusque là jamais eu à faire aux prud’hommes. » En plus de cela, tous les collaborateurs se retrouvent 2 fois par an lors de déjeuners organisés. L’intérêt de ces déjeuners est de fédérer les salariés, ce qui se révèle nécessaire dans une entreprise où les services sont externalisés.

Pour certains postes, Plus que parfait a choisi d’accueillir des collaborateurs en temps partagé (un collaborateur est engagé par plusieurs sociétés et partage son temps entre ses différents employeurs). Selon le dirigeant, « les salariés en temps partagé ont un regard extérieur, une vision plus objective et s’autorisent des critiques constructives. » Les postes sont assurés par des personnes extrêmement expérimentées, ce qui permet également au chef d’entreprise de se former. « Quand le directeur financier est là pour une journée, je me consacre à lui autant pour apprendre que pour travailler et prendre les décisions ».
Mathieu Boullenger a créé en 2009 une seconde société, Le Petit plus, spécialisée en recyclage du papier et nettoyage, qui engage des personnes en situation de handicap. Son souhait pour 2011 est que soit accordé au Petit Plus l’agrément d’entreprise adaptée.

Conseils

Les conseils de Mathieu BOULLENGER !
1. S’imposer des formations, même si on se pense débordé.
2. Apprendre à gérer son temps.
3. Favoriser le dialogue social.