La diversité culturelle au cœur de l’entrepreneuriat

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     20/11/17    
diversite au coeur entrepreneuriat

La diversité culturelle des entrepreneurs représente une richesse de taille pour notre pays et nos entreprises. Elle a permis à de nombreux dirigeants de développer de nouveaux produits et services pensés différemment. Dans un parcours jonché de préjugés et d’obstacles, ils ont su démontrer qu’ils pouvaient réussir. Retour sur ces parcours d’entrepreneurs issus de la diversité.

Hakim Benotmane « Le prince du Kebab »

Hakim Benotmane est un jeune entrepreneur franco-algérien. Originaire de la Touraine, le jeune homme n’apprécie pas vraiment les bancs de l’école, mais l’entrepreneuriat le passionne déjà. A l’âge de 16 ans il étudie les parcours de grands dirigeants d’entreprise pour s’en inspirer. Durant ses études, il travaille en parallèle dans un restaurant kebab. Le secteur lui parait porteur : nombreux sont les restaurants qui ont ouvert dans le domaine mais aucune enseigne installée dans plusieurs villes. L’idée lui vient : créer une chaîne qui deviendra première de France en délaissant la mauvaise image du « kebab fast-food » pour celle d’un restaurant casual. Un pari risqué mais qui marche ! Le jeune homme lance le premier restaurant de sa chaîne «Nabab Kebab » et rencontre un franc succès: plus de 81 établissements ouverts dont 63 à travers la France (plusieurs autres enseignes appartenant à l’entrepreneur telles que Five Burger ou My Bagel sont prises en compte). Ce jeune dirigeant issu de la diversité représente un exemple de réussite et conseille les futurs entrepreneurs : « Être issu de la diversité était peut-être un frein il y a 10 ans mais, aujourd'hui, tout le monde a sa chance. Certes, il y a encore des barrières et des préjugés mais il ne faut simplement pas baisser les bras ! Surtout, la jeune génération qui a envie de réussir ! » Confie-t-il sur le site Entreprendre.

Mohed Altrad, l’ascension fulgurante d’un entrepreneur parti de rien

Un des parcours d’entrepreneur des plus atypiques: celui de Mohed Altrad. Né en Syrie, il y passe son enfance, élevé par sa grand-mère. Vivant dans de modestes conditions, il n’a pas accès à l’école mais se glisse régulièrement dans la classe d’un instituteur. Ce dernier lui permet de suivre ses cours, ce qui lui permettra d’apprendre à lire. Il obtient à 17 ans son baccalauréat et grâce à une bourse d’études vient étudier en France. Fraichement diplômé en tant qu’ingénieur, il fonde aux cotés de Richard Alcock une société d’informatique qu’il revendra pour acquérir une PME en difficulté spécialisée dans les échafaudages. Son entreprise Altrad est née et enchaîne les succès et les acquisitions au fil du temps. Mohed Altrad recevait le 17 octobre dernier un prix d'honneur lors de la finale du Prix de l'Entrepreneur de l'année. La clé du succès pour ce dirigeant ? Le multiculturalisme : « Nos origines déterminent une façon d’appréhender le monde mais avec les échanges internationaux il devient évident qu’il existe un océan de manières d’agir, de diriger son entreprise. Le multiculturalisme permet, avant tout, de s’enrichir d’autres pratiques, d’observer comment d’autres réfléchissent, abordent les difficultés même si cela reste aux antipodes de vos habitudes. L’enjeu est de percevoir comment d’autres échouent ou réussissent et de s’en inspirer. » Explique-t-il. Une belle leçon de vie que nous enseigne cet entrepreneur parti de rien.

Fatéma Hal, une cuisine au goût entrepreneurial

Le meilleur restaurant marocain de Paris ? Nombreux considèrent que l’établissement créé par Fatima Hal La Mansouria mérite ce titre. La jeune femme vit au Maroc, plus précisément à Oujda jusqu’à l’âge de 17 ans où elle rejoint un mari qu’elle n’a pas forcément choisi. Elle divorce quatre ans plus tard et se lance dans des études pour occuper un poste au ministère des droits de la femme. Plus tard elle se concentre sur la cuisine et démarre en préparant des repas au sein d’associations : elle présente ses plats et invite ses convives à participer au financement de son futur restaurant. Ce dernier ouvre en 1984 et reste l’un des plus prisés de la capitale. L’entrepreneure se confit sur ses motivations à Jeune Afrique « C’est bien parce que je cumulais, comme tous les immigrés, des contrats à durée déterminée que j’ai eu envie de créer ma propre affaire ! En fait, il y a deux catégories de personnes : celles qui sont obnubilées par les entraves et celles qui vont se débrouiller pour les franchir ! Celles-ci finissent par ne plus les voir. Leur secret ? Travailler beaucoup, trouver les choses qui les font vibrer et les réaliser ! »

Ning Li, un parcours plutôt atypique

Ning Li vit en chine dans des conditions modestes jusqu’à l’âge de 16 où, grâce à l’aide d’un directeur de pension, il acquiert la chance de pouvoir intégrer un pensionnat français. Ce dernier se situant en Normandie laisse un goût d’inachevé au jeune homme qui souhaite découvrir Paris. Il décide de poursuivre ses études au sein de la capitale et intègre HEC pour plus tard travailler par default a la banque Rotshlid, un métier qui ne plait pas à l’entrepreneur « Je me suis vite rendu compte que j’avais besoin de respirer, de créer des choses nouvelles, d’être dans la création… Alors j’ai démissionné. »
Il décide de travailler aux côtés de Marc Simoncini, le créateur de Meetic, et s’inspire de son parcours pour créer My Fab un site e-commerce de vente flash sur le secteur de l’ameublement. Un succès qui lui permet de diriger a seulement 26 ans plus de 180 personnes. Le jeune homme estime qu’il ne se sent plus à sa place et revend ses parts de capital pour voyager. A son retour l’aventure entrepreneuriale reprend le dessus et il se lance de nouveau dans le même secteur mais cette fois-ci avec une nouvelle société : Made.com, en Angleterre avec l’aide Brent Hoberman. Un succès pour l’entreprise de vente de meuble en ligne sans intermédiaire, qui s’exporte dans toute l’Europe. Le jeune entrepreneur invite à s’expatrier « Montez votre entreprise en Angleterre ! En Angleterre, la création d’entreprise est très peu taxée au démarrage et les start-ups peuvent plus facilement dénicher des talents venus du monde entier car il y a cette langue commune qui est l’anglais. »

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