Dirigeant : une question d’anatomie ?

Franck Fiszel     08/02/13    
Devenir ou demeurer un entrepreneur performant, quelles qualités requises, quels critères idéaux ? Et si ce n’était qu’une simple question d’anatomie ? Car pour réussir un – bon - patron a besoin d’avoir des tripes, un foie, de l’estomac, et bien entendu souvent du cœur.

Car l’entrepreneur va devoir jongler entre les obligations administratives, juridiques, financières, sociales, techniques, humaines, commerciales, managériales, et bien sûr familiales, c'est-à-dire le quotidien de tout chef d’entreprise : il aura ainsi besoin des tripes en toutes circonstances.

Des « tripes » particulièrement en cette période

La conjoncture est, comme les clients, les fournisseurs et la concurrence, aussi instable qu’imprévisible, donc toujours plus difficile que prévue ; un patron « moyen », qui supporte déjà des coûts multiples, encaisse également de nombreux coups, bas ou tordus ; son foie doit ainsi être particulièrement bien accroché !

Et puis il prend des risques, cet énergumène. Cent fois par jour il devra dé-ci-der, privilège du responsable ; qui dit décision dit ouverture aux critiques. C’est tellement plus facile de démolir, et commenter perfidement, comme tout collaborateur « normal » : « moi, à sa place, j’aurais fait autrement… ». Pour rester en 1ère ligne, surmonter les - normales- hésitations, donc se placer en butte aux frustrations ou au négativisme de son entourage, et malgré tout garder le cap, avoir de l’estomac est vital autant qu’indispensable.

Une réussite pourtant du quotidien

Pourtant un patron réussit, dans la majorité des situations, à faire fonctionner cette alchimie si extraordinaire : l’entreprise avec les personnalités qui la composent. Car des caractères, autour de lui, il y en a. C’est même la particularité des boites qui fonctionnent bien. Gérer les talents, révéler les compétences, freiner les exaltations tout en encourageant ceux qui manquent de confiance, tout cela serait impossible sans un vrai cœur, à l’écoute et à l’ouvrage. J’entends parfois des salariés mécontents (pléonasme) se plaindre de l’indifférence, voire de la dureté de leur boss. C’est vrai, beaucoup d’entre ces patrons ne savent pas toujours comment féliciter, comment consacrer un peu plus d’attention personnalisée à leurs équipes (il y a des formations pour cela, message personnel). Mais le cœur « grand comme cela » que cache la majorité d’entre eux n’attend qu’un prétexte pour se révéler encore plus

Alors, vous qui froncez les sourcils, ou qui vous tenez le menton de façon perplexe, avant de les pousser à passer la main, pensez plus à ces poids qu’ils ont sur leurs épaules. Vous traînerez moins les pieds en venant travailler. De toutes les façons, « pour être suivi, il faut courir plus vite que les autres » !