Digital detox : ces start-up qui surfent sur le droit à la déconnexion

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     04/09/18    
digital detox start up surfent droit deconnexion

Aujourd'hui, la quasi-totalité de la population mondiale est connectée, que ce soit à titre personnel ou professionnel. Au sein d'une entreprise, combattre sa dépendance à son Smartphone, à son ordinateur ou à ses e-mails, peut se révéler difficile, tant ces outils sont essentiels pour communiquer. Depuis le 1er janvier 2017, suite à l'adoption de la loi Travail, les salariés français disposent du droit à la déconnexion en dehors de leurs heures de travail. Des start-up mettent alors en place un ensemble de solutions pour que tous les membres d'une société puissent se déconnecter des nouvelles technologies. Les détails.

L'hyperconnexion s'impose de plus en plus dans l'Hexagone. 67 % des Français déclarent être dépendants à leurs outils connectés, tant dans leur vie personnelle que professionnelle, selon un sondage réalisé par BVA (Brulé Ville et Associé, société française d'études et de conseil, ndlr) pour la fondation APRIL (association créée par l'entreprise du même nom, spécialisée dans les solutions d’assurance et les prestations d’assistance, ndlr) en avril 2018. Les cadres y sont beaucoup exposés, avec 65 % qui passent, en moyenne, plus de sept heures devant un écran. D'après la même source, 76 % des salariés soulignent un impact négatif sur leur vision et 56 %, sur la qualité de leur sommeil. Mais moins de 27 % d'entre eux souhaitent que des lieux de déconnexion soient établis. Selon une étude de l’IFOP réalisé en 2017, trois dirigeants sur quatre consultent leurs mails, SMS, et appels professionnels, même pendant leur temps de loisirs, et 51 % déclarent que cette hyperconnexion constitue un facteur de stress. Pour améliorer la qualité de vie tant au niveau du travail que de la sphère privée, des start-up proposent des solutions pour aider à se déconnecter.

Into the Tribe : des séminaires et formations déconnectés

Se déconnecter pour revenir à l'essentiel tout en découvrant de multiples paysages et activités. Tel est le concept de la start-up Into the Tribe. Passionné de voyage, ayant parcouru l'Europe et l'Asie avec son sac à dos et convaincu par la déconnexion numérique, Vincent Dupin a fondé l'entreprise en octobre 2015. Celle-ci organise alors des séminaires « digital detox » de type team building ou Bootcamp (entraînement sportif pour reprendre la forme, ndlr) ainsi que des formations, d'une durée allant de trois jours à une semaine, en Europe. Au sein d’environnements comme la montagne ou la plage, les participants n'ont plus accès à leurs Smartphones puisque, dès le début du séjour, un logiciel bloque ses fonctionnalités comme les notifications, les appels étant seulement permis en cas d'urgence. Quant aux autres appareils, particulièrement les ordinateurs et tablettes, ils restent formellement interdits. Les séminaires sont effectués sur mesure avec tout un ensemble d'activités sportives, artistiques, ludiques et culinaires comme du kayak, de la randonnée ou des cours de cuisine. Toutes ces animations ont pour but de recréer du lien entre les différents collaborateurs et diminuer leur stress tout en stimulant leur part de créativité et leur concentration. Les bootcamps se concentrent, eux, sur une ou deux journées, dans des lieux situés en pleine campagne, à moins de 2h30 de leur société. Concernant les formations et les workshops (« ateliers de travail collaboratif », en français, ndlr), les participants apprennent à connaître le droit à la déconnexion afin de l’appliquer en entreprise et installer des usages numériques plus raisonnables. Des membres appartenant à de grandes firmes comme la multinationale informatique Microsoft et le groupe industriel énergétique français, Engie, ont déjà participé aux expériences proposées par la start-up.

Calldoor et Flipd : des applications mobiles de régulation

Créée en 2015 par Edouard Mongrand, la start-up Calldoor propose un outil consacré au droit à la déconnexion qui permet à une entreprise de gérer à distance l'ensemble des usages des Smartphones professionnels des collaborateurs. Le dirigeant a alors simplement besoin de créer des profils via un gestionnaire web. Il peut ensuite, selon une tranche horaire définie, paramétrer des notifications, envoyer des actualités à ses employés, limiter les appels, les SMS/MMS, les emails ainsi que bloquer les applications. Quant à Flipd, développée en 2016 par la start-up canadienne du même nom, fondée par Alanna Harvey et Cristian Villamarin, elle reprend plusieurs fonctions présentées précédemment notamment celle liée au blocage, mais pour un usage plus global. L'originalité du système s’avère qu'en cas de dépassement du temps, l'accès aux différentes applications s’en voit bloqué. Inutile d'éteindre le Smartphone et même de tenter de supprimer le programme pour annuler le processus. Disponible sur iOS et Android, Flipd a vu sa communauté s'agrandir avec plus de 450 000 membres consacrant, d’après le site de la start-up, environ un milliard de minutes pour d'autres activités comme la lecture, le sport ou la méditation. Deux abonnements sont disponibles : l'un, gratuit, proposant de fixer un seul horaire quotidien de blocage, tandis que l'autre est disponible pour 9,99 dollars par an et offre des créneaux illimités.

Ces start-up proposent ainsi à l'ensemble des membres d'une entreprise des moyens pratiques pour se déconnecter des outils numériques. Mais cette nouvelle tendance du digital detox n'est pas réservée qu'aux jeunes pousses. Des géants du digital comme Apple et Google s'y mettent aussi avec leur système d'exploitation mobile respectif, iOS et Android. Des nouvelles fonctionnalités seront bientôt intégrées aux propriétaires de ses Smartphones, via une mise à jour. Un menu dénommé « Bien-être numérique » sur Android et « Temps d'écran » sur iPhone, apparaîtra, laissant découvrir trois formes d'options pratiques. La première permet de contrôler sa consommation d'application dans la journée en y découvrant des statistiques indiquant le temps passé sur l’appareil. La deuxième limite l'usage d'un programme particulier en lui déterminant un quota de minutes maximal et en le bloquant dans le cas où l’utilisation dépasse le temps imparti. La dernière propose de rompre totalement avec l'écran, grâce à un mode sombre, qui le rend beaucoup moins plaisant et qui, sur le système de la marque à la pomme, bloque la plupart des applications, excepté celles les plus « incontournables ».

Donnez une note à cet article