Déprime du chef d'entreprise, que faire et vers qui se tourner ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     25/05/17    
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La souffrance au travail n'épargne personne, pas même le chef d'entreprise. En effet, même s'il donne une image qui laisse penser le contraire, c'est simplement parce que son rôle l'oblige à l'intérioriser. Pour y parvenir, il y a un conditionnement qu'ils s'imposent pour se montrer forts et endurants. Et c'est dans un tel esprit que les chefs d'entreprise refusent de rentrer dans un système social de médecine du travail. Les statistiques en la matière ne pourront donc rien prouver mais le bon sens s'en chargera.

Les origines de la souffrance

Un patron n'est pas un superman ; il a ses rêves, ses frustrations, ses problèmes privés et la pression professionnelle. Concernant cette dernière, il la subit certainement plus que n'importe quel autre membre de l'organisation. Déjà, l'investissement personnel du chef d'entreprise se fait au détriment de sa vie de couple mais quand on ajoute la solitude, les journées à rallonge, les responsabilités et les problèmes des autres à gérer, il y a toujours bien un moment où le ballon finit par éclater.

De la souffrance au suicide

Une étude menée par TNS Sofres a démontré que 63% des patrons de PME français sont stressés, 42% angoissés et près d’un sur deux souffrent d’insomnies et bien entendu, le contexte de crise économique n'est pas prêt de faire baisser ces chiffres.

D'après l’Observatoire de la Santé des dirigeants de PME, un à deux chefs d’entreprise se suicident chaque jour à cause de la pression. Heureusement, le passage à l'acte est rarement brutal car il existe différentes phases et formes de dépression qui peuvent alerter, la plus connue étant le burn-out.

Le burn-out

Il s'agit d'un épuisement professionnel qui touche les travailleurs soumis à trop de stress causé notamment par une surcharge de travail. Ce syndrome est parfois présenté comme le mal du siècle et il a le don de s'installer de manière insidieuse. La démotivation, la perte de sommeil, les rhumes à répétition sont autant de signaux d'alarme donnés par le corps mais qui sont négligés la plupart du temps. Malgré les remarques de l'entourage sur le changement de comportement, le travailleur préfère rester dans le déni, ce qui le conduit à l'isolement et au repli sur soi. On pense que dans les prochaines années, entre 15 et 20 % des travailleurs seront concernés par cette maladie.

Que faire ?

Une fois que le burn-out est déclaré, il est difficile voire impossible d'en sortir seul. Le burn-out est une maladie grave qui nécessite l'intervention d'un thérapeute, certains se sont d'ailleurs spécialisés. Prendre une courte période de congés est insuffisant pour prévenir le syndrome même si cela peut s'avérer bénéfique à court terme. Le traitement du burn-out exige une coupure totale avec la cause durant le temps nécessaire, bien souvent plusieurs mois. Le chef d'entreprise doit être conscient des risques et se montrer vigilant devant les signes ; le corps et l'esprit ne sont pas indestructibles. La meilleure thérapie reste donc la prévention.

Quelques conseils

- Faire partie d'un réseau de chefs d'entreprise est un bon moyen de lutter contre la solitude tout en partageant des solutions sur des problématiques communes ;
- S'adresser à un coach personnel deux ou trois fois par an pour apprendre à relativiser et s'octroyer un peu de recul ;
- Pratiquer un sport pour évacuer l'accumulation de stress, sans toutefois forcer sur ses aptitudes physiques ;
- Se faire plaisir en s'accordant du temps pour soi et pour ses loisirs.

Prendre ses responsabilités

Le chef d'entreprise est censé savoir mieux que quiconque quoi faire et montrer l'exemple. Personne ne lui dira de se reposer ! S'il se néglige, il sera responsable des conséquences sur son entreprise. L'équilibre mental du dirigeant est étroitement lié à la santé de son organisation et comme dit le proverbe "qui veut voyager loin, ménage sa monture".

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