Les dépenses publiques : quelles propositions pour les réduire ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     07/05/14    
Les depenses publiques : quelles propositions pour les reduire ?

Les dépenses publiques en France représentent 57% du PIB. Deux semaines après la présentation du plan Valls qui prévoit un rabotage de 50 milliards d’euros d’économie, le mouvement patronal Ethic affirme que l’effort du gouvernement est encore insuffisant. Il prône un objectif de 250 milliards d’euros de baisse sur dix ans. 

Deux ans après l’arrivée de François Hollande à la tête de l’Etat et alors que celui-ci s’est exprimé mardi pour défendre son bilan et son pari d’ « un retournement » économique, les dépenses publiques représentent en France 57% du PIB en 2013. Un seuil record. Les missions régaliennes (infrastructures, défense, éducation…) ne sont plus les principales dépenses de l’Etat. Les dépenses de prestations sociales et de transferts sociaux en nature sont les premières visées et représenteraient 70 % de la hausse totale. Le site Challenges.fr affirme que malgré les efforts de réduction entrepris, l’ensemble des administrations publiques débourseraient entre 10 et 40 milliards d’euros de plus chaque année. Par habitant, les dépenses publiques seraient 60% plus lourdes qu’il y a 30 ans. 

L’exécutif a fait de la réduction des dépenses publiques son cheval de bataille pour la seconde phase du quinquennat de François Hollande. Dans son discours de politique générale, en avril dernier, le Premier ministre, Manuel Valls a confirmé l’ambition du gouvernement de réduire d’ici 2017 de 50 milliards d’euros les dépenses publiques. Ces économies, dont le plan a été adopté par le Parlement, se répartissent entre l’Etat, les collectivités locales, l’assurance maladie et la protection sociale. Toutefois pour réduire le déficit public de la France (qui a atteint 4,3% du PIB) et le faire basculer en-deçà des 3% en 2015 comme le demande la Commission européenne, ce n’est pas 50 milliards qui devraient être économisés mais 90 milliards d’euros.

Le Plan de réduction des dépenses publiques s’ancre dans une stratégie de redressement de la compétitivité de l’économie française. Il s’appuie sur deux leviers : un programme de stabilité pour redresser les comptes publics et un pacte de responsabilité et de solidarité pour relancer la croissance. Les entreprises sont favorisées par l’Etat qui prévoit un allégement des charges de 5 milliards. Le but affiché par le gouvernement est de stimuler les exportations, créer des emplois et donner du mouvement aux entreprises pour qu’elles investissent. 

Le mouvement patronal Ethic propose 12 mesures chocs

Lors de la présentation par le Premier ministre de l’effort du gouvernement, le patronat a globalement salué les annonces tout en attendant des « actes concrets » et en jugeant trop lent le calendrier des réformes présentées par Manuel Valls. Certains y ont lu, cependant, des propositions conjoncturelles qui ne s’attaquent pas aux problèmes de fond et dont les effets sont incertains sur la courbe de la croissance et la relance de l’emploi. 

Parmi eux, le groupe patronal Ethic (Entreprises de Taille Humaine Indépendantes et de Croissance). Les responsables du mouvement réclament la mise en place de réformes structurelles et ont mis par écrit 12 mesures en faveur de la réduction des dépenses publiques. S’ils s’invitent au débat politique, alors que le plan proposé par Manuel Valls le 16 avril divise jusque dans son propre parti, c’est en agitant l’étendard et l’expérience acquise dans l’entrepreneuriat. « Les entrepreneurs sont confrontés chaque jour à la maîtrise de leurs coûts, non pour réduire le rythme de leur activité, mais parce que la productivité et l’efficacité de leurs dépenses sont des conditions de leur survie, de leur croissance, de leur entreprise et par conséquent de leurs emplois » atteste le rapport. 

Pour réduire la dépense publique, les chefs d’entreprise au sein d’Ethic vont beaucoup plus loin que les propositions avancées par le Premier ministre et serrent la ceinture quelques crans plus haut que le gouvernement.

La moindre intervention de l’Etat

L’une des premières mesures pour réduire la dépense publique recommandée par le groupe d’études est la moindre intervention de l’Etat. Il lui propose de réduire de 20 milliards d’euros par ans les subventions aux entreprises en contrepartie d’une baisse des charges et des impôts, notamment l’IS. « Les subventions aux entreprises représentent près de 130 milliards d’euros. La tradition française d’économie administrée taxe d’un côté et subventionne de l’autre. Ce système est coûteux pour nos finances publiques » affirme le rapport. Parallèlement, les chefs d’entreprise demandent la suppression des aides aux associations par les collectivités locales pour laisser juges les citoyens de soutenir celles de leur choix.

Le rapport redéfinit les missions de l’Etat notamment concernant l’éducation, les collectivités territoriales et l’assurance-chômage. Le groupe assure vouloir « redonner la préférence à l’emploi et à l’activité » mais selon lui « de l’assurance-chômage aux 35 heures et aux retraites, notre société vit dans l’illusion d’une société où le travail n’est plus le centre de la vie sociale ».
Alors que le chef de l’Etat se félicitait mardi d’avoir remis l’âge de la retraite à 60 ans pour les Français qui ont commencé à travailler tôt, la mesure qu’énonce Ethic est de reculer d’un mois chaque année l’âge de départ à la retraite pour obtenir une retraite à taux plein. La retraite est l’un des chevaux de bataille d’Ethic qui propose d’organiser l’unification de la gestion des retraites en créant un régime général de type droit privé pour l’ensemble de la population active. 

Concernant les fonctionnaires, déjà au cœur du plan d’économies de Manuel Valls avec le prolongement du gel de l’indice de leur salaire, les entrepreneurs demandent à l’Etat d’organiser des plans de départs volontaires. « Il est absolument indispensable de mettre en place un plan de réduction des effectifs de la fonction publique » sur le modèle des plans de contractions mis en place au Royaume-Uni et en Italie, atteste le rapport.