Comment éviter le phénomène des « salariés zombies » ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     08/06/17    
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Depuis quelque temps, une chose cloche… vos salariés semblent de moins en moins vivants ! Ils assurent pourtant être en bonne santé. Peut-être vous trouvez-vous entouré de « working dead » ! Dépourvus de motivation et d’envie de travailler, vos employés passent des heures au travail sans pour autant en être plus productifs. Simple passage à vide ou bore-out ? L’enjeu reste de surmonter cette mauvaise passe. 

Le présentéisme, un fléau de plus en plus étendu

De nombreux salariés se rendent sur leur lieu de travail sans espérer passer une agréable journée. Un constat bien triste mais avéré ! Le présentéisme consiste, pour les employés, à remplir leur quota de travail alors qu’ils manquent cruellement de motivation. Ceux-ci, plongés dans un état physique ou psychologique second, ne comptent pas leurs heures, restent très longtemps derrière leur bureau mais se révèlent beaucoup moins productifs. Les zombies du travail le deviennent lorsque leur équilibre de vie se voit trop perturbé, dans les sphères professionnelles comme privées, et les empêche de se concentrer et travailler efficacement. Difficile à repérer au début, le présentéisme représente pourtant un réel fléau pour un nombre croissant d’entreprises et toucherait entre 6,4% et 9,2% des salariés français. Pressenti comme un élément annonciateur d’absentéisme, il coûterait même assez cher, aux entreprises comme aux salariés, qui paient parfois un lourd tribut psychologique. 

Un phénomène qui peut en cacher d’autres…

Les causes du présentéisme varient beaucoup : fatigue extrême, surinvestissement, tâches répétitives, insatisfaction au travail, démotivation ou encore une vie personnelle chaotique exacerbant les difficultés professionnelles, qui, souvent, contraignent un salarié à pousser la porte de son entreprise par habitude plutôt que par envie. Plus grave qu’un simple passage à vide, un employé qui se contente de faire acte de présence reste anormalement longtemps au bureau dans le seul but de masquer son désengagement ou, pire, couve peut-être une dépression, un burn-out ou un bore-out (situation ou la santé psychologique du salarié est mise en danger car celui-ci n’a aucune tâche à accomplir et s’ennuie au travail, ndlr). Ces deux dernières situations revêtent un aspect particulier car elles impliquent la nature même du travail des salariés, qui se retrouvent avec trop ou pas assez de responsabilités. Quelle qu’en soit la cause, pour laquelle il faut évidemment agir pour guérir, le présentéisme constitue souvent un prélude à une période d’absentéisme plus ou moins longue. L’inconvénient majeur de ce fléau réside dans la faible productivité des zombies du travail. 

Les conséquences du présentéisme pour l’entreprise

Ce phénomène ne s’observe pas immédiatement. Le salarié lui-même ne se rend pas forcément compte de son état sur le moment. La première preuve qu’un membre de l’équipe se « zombifie » réside dans sa productivité : les working dead sont lents ! Ils travaillent moins et moins bien mais ne semblent pas s’en préoccuper. Ce type de salarié pourrait même s’avérer plus coûteux qu’un absent car il ne produit rien, ou beaucoup mois, tout en restant payé. En guise d’illustration, on peut notamment citer Midori Consulting, cabinet de conseil en ressources humaines, qui a établi un « taux de présentéisme ». Celui-ci, dépendant de chaque entreprise, se révèle quasi-systématiquement entre 1,4 et 2 fois plus coûteux que le taux d’absentéisme (en quoi ?). Dans la majorité des cas, un salarié zombie finira de toute façon par déserter son lieu de travail pendant plus ou moins longtemps. L’absentéisme constitue la suite logique du présentéisme. Si la démotivation manifeste de quelques employés n’inquiète pas certains dirigeants, la réalité pourrait vite les rattraper ! 

Les salariés pas toujours en cause !

Les origines du présentéisme ne se trouvent pas toujours du côté de l’employé. Certains dirigeants zombifient eux-mêmes leurs collaborateurs en leur confiant des tâches avilissantes ou inadaptées. L’un des exemples de zombie professionnel les plus célèbres est celui de Frédéric Desnard. Ce dernier attaquait en 2016 l’enseigne Interparfums, la firme qui l’employait depuis 2006. Embauché en tant que Responsable des services généraux, ce dernier aurait fait preuve d’un « dévouement total envers sa société » mais s’est vu petit à petit retirer toute responsabilité. Dans un contexte de licenciements massifs, Frédéric Desnard n’a jamais osé se plaindre du traitement dont il faisait l’objet : son unique mission consistait à faire les courses pour son patron. Il s’est d’ailleurs reconverti en CHO (Chief Happiness Officer, ndlr) depuis ce procès. Le bore-out, au même titre que le burn-out, ne résultent pas toujours d’une vie privée instable et il demeure primordial pour tout chef d’entreprise de veiller à la bonne ambiance sur leur lieu de travail !

Détecter d’où vient le problème

Endiguer une épidémie de zombification professionnelle peut s’avérer compliqué mais pas impossible ! Le plus dur réside sans doute dans la détection du problème. Les salariés qui s’ennuient ne multiplient pas seulement les pauses-café mais passent plus de temps à effectuer des recherches ou des appels personnels et se révèlent, comme évoqué plus haut, moins productifs. La productivité représente un bon indicateur mais l’attitude du personnel, apathie, manque d’enthousiasme… entre également en ligne de compte. Un tiers des salariés européens déclareraient ne pas avoir assez de travail pour remplir leur journée au bureau, selon les études de deux cabinets de consultants. 

Éviter le présentéisme en entreprise

On ne le répétera jamais assez, un salarié heureux est un salarié plus efficace ! De nombreuses solutions existent pour rétablir le bien-être dans une société. Le choix d’un CHO (Chief Happiness Officer), qui se charge notamment d’organiser des événements ou de mettre en place des aménagements répondant aux besoins des employés, constitue une option parmi d’autres. Le mode de management de l’entreprise peut aussi être totalement remis à neuf : un management à la cool, aussi appelé bienveillant, se base sur la confiance. Il confère aux salariés une plus grande liberté dans leurs mouvements et leur permet de relâcher la pression qui pèse sur eux. Sortir le grand jeu fait toujours plaisir mais une simple sortie, un compliment ou de petites attentions peuvent suffire à relancer la motivation des salariés. L’organisation d’un déjeuner d’entreprise ou d’un séminaire dans un endroit insolite peut rapprocher les membres d’une équipe et renforcer l’esprit et la culture d’entreprise, qui constituent l’une des bases de la motivation des salariés.

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