Centraliser, décentraliser, re-centraliser, quelle stratégie adopter ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     29/03/14    
Centraliser, decentraliser, re centraliser, quelle strategie adopter ?

Bien connues de la sphère politique, les Gouvernements successifs ont adopté différentes mesures de décentralisation, et le Président Hollande prévoit également une future loi sur le sujet. Face au succès avéré de la décentralisation, de nombreuses entreprises se sont dotées de cette stratégie dans les années 80/90, pour finalement re-centraliser leurs activités dans les années 2000. Quels avantages présentent chacun de ces modes d’organisation ? Quelles en sont les limites ?

Définition d’une stratégie complexe

Initialement, les termes de centralisation et décentralisation étaient dédiés au monde politique et définissaient le mode d’organisation des Etats. Les entreprises se sont néanmoins très vite appropriées cette vision stratégique dans ses différentes formes : décentralisation politique, RH, industrielle, administrative...

Concernant la décentralisation politique, il s’agit accorder un plus grand pouvoir de décisions aux acteurs de proximité. La décentralisation administrative quant à elle vise à re-répartir les responsabilités et ressources à différents niveaux inférieurs. Ce sont aujourd’hui les deux principales notions associées à la décentralisation en entreprise, qui consiste à donner plus de marge de manœuvre en termes de management et de gestion financière à des unités locales, départementales ou régionales par exemple. Parmi de grandes entreprises ayant adopté cette stratégie à travers les époques peuvent être cités Citroën, la SNCF ou encore le Groupe Auchan.

Intérêts de la décentralisation

Si nombre d’entreprises ont fait le choix de la décentralisation, c’est que ce mode d’organisation présente plusieurs avantages.

Tout d’abord, la méthode permet une simplification des processus organisationnels et décisionnels, passant par la délégation de certains pouvoirs hiérarchiques. Ceux-ci sont en effet validés par un nombre moindre d’intervenants et à des niveaux inférieurs, permettant ainsi aux plus hauts responsables de se concentrer sur des décisions aux portées stratégiques.

Ensuite, elle permet de mieux tenir compte des enjeux liés à la proximité. En effet, les décisions sont prises selon le contexte local et les compétences disponibles sur le terrain, à l’instar du tout centralisé imposant une démarche standardisée pour toutes les unités. De plus, la consultation sur les besoins et attentes est ainsi mieux organisée et permet de développer l’implication et la motivation des salariés.

Par ces éléments, la décentralisation offre donc plus de souplesse et présente l’avantage de pouvoir s’adapter plus rapidement.

Pourquoi faire machine arrière et re-centraliser ?

Néanmoins, beaucoup d’entreprises en reviennent aujourd’hui à re-centraliser, à l’exemple du Groupe Auchan qui a réintégré au niveau de son siège certaines activités jusqu’alors gérées indépendamment par chaque magasin. Ce retour en arrière s’explique par plusieurs raisons.

L’un des inconvénients majeurs concerne les pertes d’économies d’échelle sur certaines tâches standardisées. C’est pourquoi les entreprises re-centralisent généralement certaines missions, d’ordre comptable par exemple comme la saisie et le paiement des factures.

Ensuite, la méthode nécessite des contrôles aux coûts parfois importants et qui s’avèrent plus complexes du fait de la distance entre le siège et le terrain, pour pouvoir s’assurer que les directives sont bien mises en œuvre, et si besoin ordonner les réorientations et communications qui s’imposent.

C’est pourquoi, au regard de ces éléments, mais également du fait des évolutions liées aux technologies de l’information, les entreprises optent finalement pour un mix entre la centralisation et la décentralisation, et non plus un modèle unique. L’exemple concret pouvant être cité est celui de la grande distribution. Chaque magasin d’une enseigne gère lui-même son stock mais les commandes sont passées au niveau du groupe via une centrale d’achats, pour l’ensemble des entités, offrant ainsi une plus grande marge de négociation des prix.