Bien préparer son départ avant ses vacances

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     18/06/14    
Bien preparer son depart avant de partir en vacances

Chefs d’entreprises, quel contact devez-vous garder avec le « boulot » quand vous êtes en vacances ?

Le jour J est arrivé. Après exactement 14 mois consécutifs et 60 heures hebdomadaires de travail, vous avez réussi à déléguer, le temps de 2 petites semaines, la direction du navire à votre bras droit. Mais tout comme se remettre au travail pour un étudiant paresseux, quitter momentanément votre entreprise est difficile. On ne va évidemment pas démontrer l’importance, pour un chef d’entreprise, de prendre des vacances (santé psychologique et physique, changement de rythme, prise de recul, etc). Une fois chose faite, de nouvelles interrogations débarquent. Comment déconnecter ? Faut-il tout laisser derrière soi ? Ou garder un œil bienveillant sur la société ? Bref, une fois en vacances, quelle distance respecter avec le travail ?

Anticiper son départ et se déconnecter

En tant que chef d’entreprise, vous ne pouvez vous contenter de « poser » vos jours et d’attendre impatiemment la date dorée. Quelques précautions sont à prendre. Bien évidemment, si vous êtes plusieurs cofondateurs, arrangez-vous pour ne pas partir en même temps. Une figure autoritaire et décisionnelle de l’entreprise doit sans arrêt rester au siège. Si vous seul créateur, confier un minimum de liberté et de responsabilité à un « bras droit », dont vous reconnaissez la réactivité et l’assurance. Il faut que vous lui fassiez, dès le départ, confiance. Sinon, cette relation engendrera finalement plus de stress et de travail que si vous n’étiez pas parti. Enfin, si l’activité de votre entreprise est arrêtée pendant vos congés, il est impératif de bien communiquer sur cet arrêt, être transparent et prévenir à temps vos clients.

Une fois que vous vous êtes résolu à partir en vacances, reste un problème-traitre : arriver à les vivre, ces vacances. En un mot, réussir à déconnecter de ces trop longs mois de travail. Il ne faut pas que partir en vacances soit synonyme de culpabilisation. Pour commencer, considérer la masse de travail et vos avancements depuis la dernière fois que vous vous êtes octroyé du repos ; plutôt que de songer à ce qu’il vous faut accomplir.

« Si tu ne fais pas ça pour toi Jack, fais le pour moi ! ». Rappelez-vous d’un de ces poncifs du cinéma : en tant que dirigeant, le fait que vous preniez des vacances est aussi essentiel pour l’entreprise. Comme n’importe quel rouage de la machine, vous devez être mis de côté pour un certain temps. Prendre du recul rafraîchira votre retour.

Ne pas tout plaquer

Prenons l’exemple de Mathilde le Rouzic, fondatrice de Quaelead qui s’était confiée au magazine il y a quelques mois. Partie 2 semaines en vacances après des mois de travail acharné, la jeune femme décide de tout débrancher et de ne plus avoir aucun lien avec son travail. Seulement, un problème de serveur déstabilise l’entreprise, et la dirigeante n’est prévenue que par hasard. Son autorité et sa réactivité manquent à l’entreprise, qui pâtie du retard pris.

Votre statut ne vous autorise pas de vous déconnecter complètement de votre entreprise pendant votre absence (une mère prendra le temps d’appeler la nounou de son enfant pour vérifier si tout va bien). Vous êtes responsables envers vos clients de ce qui se passe quand vous n’êtes pas là, et il doit être envisageable que certains se reposent là-dessus.

Les nouveaux outils/objets quotidiens (smartphones, tablettes, ordinateurs portables compacts, etc.) vous permettent d’appréhender très rapidement la situation sans vous replonger dans le cadre du travail, et donc, vous « dé-dé-connecter ». Mais attention au piège ! Cette frontière de plus en plus mince entre « vie pro » et « vie perso » est à double sens : n’ayez pas l’impression d’être tous les jours dans votre bureau, au prétexte que votre smartphone reste dans la poche de votre bermuda.

Ne pas tout traquer

Pouvoir prendre tranquillement des vacances sans regarder en arrière prouve la bonne marche de votre entreprise : elle est autonome. Avoir confiance dans le fonctionnement de vos équipes est primordial. Si l’expérience est concluante, elle « validera » votre organigramme.

Le lien que vous devez garder avec votre entreprise ne doit passer que par un seul interlocuteur, « vos yeux et vos oreilles », à qui vous faites confiance. Rester en contact avec une multitude de collaborateurs égratignera votre crédibilité, il vous faut plutôt transférer votre autorité via un représentant. Un bon chef d’entreprise arrive à partager les responsabilités et la masse de travail qui lui incombe. Réussir le « test » des premières vacances sera une preuve de la maturité de votre start-up.

Quelques chiffres

  • Selon l’INSEE, les dirigeants étaient, en 2004, 67% à partir, contre 90% des cadres. 
  • Selon une étude de Rumeur Publique, relayée par le site Chef d’entreprise, 93% des dirigeants ont déjà consulté leurs données professionnelles pendant leurs congés. 
  • Selon une étude de Widoobiz, 80% des entrepreneurs affirment continuer à travailler pendant leurs jours de vacances. 
  • Dont 55% travaillent entre 1h et 3h par jour, selon la même étude.