Faut-il avoir peur du Big Data ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     19/10/13    
bigdata

« Grosse donnée ». Traduit de l’anglais, l’expression Big Data ne paye pas de mine. Et pourtant, nous parlons de l’une des choses les plus volumineuses que connait notre société actuelle : nos données informatiques. En effet, selon IBM, nous générons chaque jour 2,5 trillions d’octets de données. Et même si pris individuellement, elles sont bénéfiques à notre quotidien, de nouveaux problèmes se posent : sont-elles toutes essentielles ? Faut-il les stocker ? Si oui, comment ? Mais ce qui intéresse les industries, bien entendu, c’est comment peut-on rentabiliser ce flux ininterrompu ?

Toutes sortes de données sont enregistrées : vos informations et vos messages sur vos sites internet et réseaux sociaux, vos images et vidéos publiées en ligne, les enregistrements des transactions d’achats en ligne, les coordonnées GPS de téléphone mobile, les résultats des capteurs utilisés pour la collecte d’informations climatiques… L’ensemble de ces données forme le Big Data.

Volume - Vélocité - Variété

Les trois facteurs à prendre en compte ici sont le volume des données, la vélocité des supports, et enfin la variété. 
Imaginez combien de téraoctets de tweets sont créés chaque jour sur Twitter ? Combien de place prendrait l’ensemble des relevés bancaires des Français sur une année ? Un volume gigantesque à stocker sur des serveurs qui font la taille de bâtiment. La vélocité est plus importante quand on se positionne sur « du temps réel » : regardez l’ensemble des transactions commerciales qui ont lieu à chaque instant. Les banques tentent de les scruter toutes de la même manière afin de prévenir les fraudes et/ou les erreurs. Massif ! Enfin, la variété des données. Des images, des vidéos… A chaque instant, analysez ces informations (en fonction de leur localisation ou de la personne qui les produit) permet d’obtenir de nouvelles connaissances sur les habitudes et les envies de chacun. 

Le but du big data, il est simple : rendre votre entreprise plus agile et plus performante, en sachant ce qu’attendent les clients. Tirer partie du volume de données image et vidéo pour améliorer la satisfaction client, utiliser les centaines de flux vidéo des caméras de surveillance pour contrôler les points d'intérêt, connaitre vos habitudes de navigation grâce à l’ensemble des cookies et mouchards présent dans votre ordinateur… Tout ceci pour tirer le maximum de valeur marchande de vos informations. On peut être pour, on peut être contre, trouver que c’est à la limite de l’espionnage et des libertés individuelles, mais c’est un fait.

Des investissements dans tous les domaines

Au-delà des grands groupes de NTIC, le big data conquiert de plus en plus de domaines où on ne pouvait pas l’imaginer auparavant. Avec des prévisions de croissance de 15 à 20 % par an, à faire pâlir les autres segments du secteur numérique, le big data est un marché d’avenir. Les startups se multiplient pour favoriser l’alliance entre internet, donnée, et toutes sortes de domaines où elles peuvent être utiles, comme… l’agriculture.

Le géant américain des biotechnologies végétales, Monsoto, a annoncé le 2 octobre 2013 que la science des données est la prochaine grande étape pour l'agriculture. Et pour répondre à ces besoins, la firme vient de se payer le cabinet d’études américain Climate Corps pour un montant de 930 millions de dollars. L'entreprise gère une plate-forme logicielle qui collecte et traite des données climatiques, et ses résultats aident les agriculteurs à mieux planifier leurs cultures. 

Des perspectives d’avenir toujours plus étonnantes

Les potentialités sont infinies, et les promesses immenses. La finalité du Big Data est d’améliorer l’efficacité des prises de décision et rendre l’ensemble de la chaine de valeur plus efficiente. 

En 2012, Eric Horvitz, codirecteur de la recherche chez Microsoft, et Kira Radinsky, chercheuse à l’institut de recherche israélien Technion prédisent une épidémie de choléra à Cuba, maladie disparue depuis cinquante ans. Personne ne s’y intéresse et pourtant… L’épidémie a vraiment eu lieu, surprenant le gouvernement et la communauté médicale. Leur objectif était de prouver que l’on pouvait prédire certains événements très spécifiques, comme des épidémies, des crises de mortalité ou des émeutes en se basant sur le passé et les probabilités.
Certaines villes américaines, comme Los Angeles, utilisent même déjà le big data pour déjouer les crimes avant qu'ils ne surviennent en s'appuyant sur des statistiques criminelles, outil élaboré dans le cadre d’un projet rassemblant mathématiciens, anthropologues, criminologues et policiers à l'université de Californie de Los Angeles…

Le présent comme dans le film Minority Report ? On y est plus trop loin…