Allocab condamné par la Cnil

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     26/04/17    
allocab condamne par cnil

La police de protection des données personnelles en ligne vient de condamner la société Allocab à verser une amende de 15 000 euros. L’entreprise de VTC aurait mal protégé et conservé certaines données bancaires de ses utilisateurs sans tenir compte des avertissements de la Cnil, dont le verdict est tombé ce 25 avril.

Les données des utilisateurs frauduleusement conservées

La société de VTC (Voiture avec chauffeur) Allocab propose des chauffeurs privés aux utilisateurs de son application. En réponse aux demandes des clients, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a effectué un contrôle des activités de la firme dans le cadre de la loi « Informatique et Libertés ». L’enquête a révélé qu’Allocab commettait plusieurs manquements à ce texte : elle rapporte notamment que « des données relatives à des comptes inactifs et des cryptogrammes de cartes bancaires étaient encore présents dans le système d’information et la sécurité des données n’était pas suffisamment assurée » et que les mots de passe à un seul caractère étaient par ailleurs admis, ce qui ne garantit aucune sécurité aux données des utilisateurs. Il ne s’agit pourtant pas du premier faux pas de cette entreprise, déjà sanctionnée en 2015.

Des avertissements ignorés

Le 10 novembre 2015, Allocab se voyait mise en demeure par la Cnil suite à la plainte d’un utilisateur. L’institution ordonnait à l’entreprise de détruire les données des anciens clients et de « prendre toute mesure nécessaire pour garantir la sécurité et la confidentialité des données des utilisateurs du site », notamment en limitant la durée de conservation des cryptogrammes de cartes bancaires et de toutes les données des utilisateurs. Suite à cette première condamnation s’est déroulée une longue correspondance dans laquelle Allocab prétextait des dysfonctionnements techniques et certifiait mettre en place des mesures nécessaires. Ces affirmations ont incité la Cnil à mener un deuxième contrôle. Au cours de cette seconde investigation fin 2016, elle découvre que plusieurs de ses injonctions ne sont pas respectées : de nombreux comptes inactifs existent encore sur la plateforme, tout comme les données et cryptogrammes des cartes bancaires de nombreux utilisateurs. 

15 000 euros d’amende

Les fameux dysfonctionnements invoqués par Allocab n’ont pas convaincu la commission, dont un comité restreint l’a condamné le 13 avril dernier au versement d’une amende de 15 000 euros. Punie pour sa non-conformité avec la loi, l’entreprise se voit contrainte de payer cette somme pour ne pas avoir écouté les avertissements préalables de l’institution. Sa condamnation doit servir d’exemple à tous les responsables de traitement de ce type d’entreprises. L’objectif de ce verdict consiste à les « sensibiliser […] quant à leurs obligations « Informatique et Libertés », en particulier la nécessité d’adopter des mesures effectives en cas de mise en demeure ».

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