Allô maman bobo ! les dirigeants et le stress

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     23/11/17    
Allo maman bobo 

Le métier d’entrepreneur n’est pas tous les jours facile. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul entrepreneur à éprouver des difficultés au sein de votre entreprise…

La Fondation MMA Entrepreneurs du Futur pour la 3ème année consécutive a sondé les chefs de petites et moyennes entreprises sur leur état de santé physique et moral. L’enquête réalisée par téléphone avec Opinion Way, révèle l’importance du stress dans leur quotidien et les répercussions sur leur santé et celle de leur entreprise. Si la prévention apparait comme un élément clé pour préserver leur santé, un tiers des entrepreneurs interrogés confie qu’une aide pour la gestion du stress serait la bienvenue. 1 entrepreneur sur 4 considère que son état de santé s’est détérioré ces 5 dernières années et pour 58 % des chefs d’entreprises interrogés, le stress représente la principale raison de la détérioration de leur santé, résultat que l’on ne peut sous-estimer. Ils étaient seulement 38 % à dresser ce constat en 2015 ! Et 72 % estiment que ce stress se révèle néfaste pour leur santé.

Toujours plus de stress

Dans la communauté des dirigeants, clamer ses prouesses professionnelles est devenu une espèce de sport national ! Tout comme on exhibe sa grosse voiture, on se doit d’annoncer fièrement aux autres le nombre d’heures qu’on enchaîne au travail, le peu de temps qu’on consacre à son sommeil sans en pâtir, le fait qu’on réussisse à ne jamais couper avec le travail, même en vacances… Essayer de jouer ainsi au surhomme face aux autres cache une vérité moins glorieuse : beaucoup de dirigeants sont complètement accros à leur travail et connaissent de véritables difficultés à lâcher du lest. Un état de fait lié également à la réalité de leur activité. Un seul jour de coupure avec les emails ou le téléphone et c’est un gros contrat qui peut leur passer sous le nez. Pas facile également de ne pas accumuler les heures de travail quand la trésorerie empêche le dirigeant d’embaucher de nouveaux collaborateurs qui pourraient l’épauler sur telle ou telle tâche. Beaucoup d’entrepreneurs se voient donc contraints d’assumer leur responsabilité de dirigeant et se retrouvent bloqués dans le cercle vicieux du stress et du surmenage s’accroissant en même temps que l’entreprise se développe.

Le tabou du mal-être des dirigeants

Une étude du cabinet de prévention Technologia a révélé l’an dernier qu’au moins 10 % des patrons de PME montreraient des signes alarmants de pré burn-out ! 20 % des entrepreneurs avouent ainsi être soumis constamment à un travail excessif et compulsif. Si ces chiffres sont inquiétants pour le moral des dirigeants, il l’est également pour la santé économique des entreprises. Un entrepreneur au bout du rouleau sera facilement irritable, ce qui aura des conséquences directes sur sa capacité à manager aussi bien qu’à développer ses résultats commerciaux. En bref, un dirigeant qui va mal entraîne malgré lui son entreprise vers la décroissance, voire, à terme, la faillite. Beaucoup plus de chefs d’entreprise qu’on ne le croit vivent des situations de détresse extrême. Cette réalité est souvent masquée pour diverses raisons : le dirigeant ne devrait pas montrer sa faiblesse à son équipe et cela pourrait décrédibiliser son entreprise ou sa capacité à diriger efficacement face aux partenaires ou clients. Enfin, last but not least, la réalité de l’entrepreneur en France est encore mal comprise. On a tendance chez nous à confondre petit entrepreneur qui se démène pour développer sa TPE à la sueur de son front et gros patron, dont l’objectif unique est de gonfler au maximum le parachute doré qu’il recevra à la fin de son mandat ! Pourquoi les dirigeants feraient-ils donc des burn-out, tomberaient en dépression ou, même, iraient jusqu’à se suicider ? Et pourtant, la réalité est bien là. L’Observatoire de la santé des dirigeants de PME a ainsi publié récemment une information surprenante : un à deux patrons de petites entreprises se suicident chaque jour en France ! Un chiffre qui a gonflé ces dernières années avec la survenue de la crise économique et le nombre de faillites d’entreprises qui a augmenté de façon affolante. Ces situations sont alors vécues par le chef d’entreprise comme un échec personnel, une remise en question de ses compétences, la fin de son rêve, la culpabilité ou le déshonneur.

Gérer une mauvaise passe dans sa vie perso

Pas facile de réussir à laisser ses soucis personnels à la porte du bureau… Devoir gérer les émotions liées à la perte ou la maladie d’un proche, à des conflits familiaux, à un problème de santé ou à des soucis financiers personnels empiète fatalement sur la vie professionnelle. Certains se désintéressent brutalement de leur fonction de dirigeant, quand d’autres se jettent à corps perdu dans le travail jusqu’à l’épuisement. Dans tous les cas, il est fondamental de se faire soutenir par quelqu’un, que ce soit un ami, un de ses associés ou un spécialiste de la santé tel qu’un psychologue.

N'oubliez jamais que la prévention est élément clé de la performance

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