AI Challenge Paris Region 2018 : l'intelligence artificielle à l'honneur

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     16/07/18    
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Le 12 avril dernier, Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, et Alexandra Dublanche, Vice-présidente chargée du développement économique, ont lancé le concours « AI Challenge Paris Region 2018 » . Ce challenge s'articulait autour des start-up françaises, mais également des entreprises étrangères souhaitant s'installer dans la région parisienne. Le but est de mettre en lumière l'attractivité de la région dans la performance numérique de ses acteurs économiques, de consolider son excellence sur l'échelle mondiale et sa position de leader comme principal centre d'intelligence artificielle d'Europe. 104 sociétés ont ainsi participé dont 30 % venue de l'étranger. Les dix lauréats ont été dévoilés début juillet et bénéficieront d'un accompagnement de trois mois pour développer leur produit et leur société. À la fin de ce programme, trois start-up se partageront la somme d'un million d'euros, sous la forme d'investissements. Découvrez plusieurs de ces firmes innovantes.

Le marché de l’intelligence artificielle serait estimé à onze milliards d'euros à l'horizon 2024, selon Tractica (société d'analyses liée à l'interaction humaine avec la technologie, ndlr). Plus de 1,2 million de robots professionnels d’entreprise pourraient être vendus en 2022, selon la même source. Technologie de rupture, l'intelligence artificielle regroupe un édifice complexe de techniques comme le deep learning (technique d'apprentissage qui enseigne aux ordinateurs à apprendre, ndlr). Cette nouvelle forme de technologie bouleverse le quotidien des individus et génère un effet retentissant sur les différents marchés économiques. Riche de ses 1 300 laboratoires de recherche, 162 000 chercheurs et 8 000 start-ups, l'Île-de-France veut mettre en avant son écosystème innovant dans le domaine de l'intelligence artificielle, mais également accélérer la transition numérique de l'économie française. Pour transformer ce secteur, avec « AI Challenge Paris Region 2018 », elle a sélectionné dix lauréats, dont trois entreprises étrangères, spécialisées dans les secteurs de la mobilité, de l’industrie et la santé.

Ellcie Healthy et ces lunettes intelligentes anti-endormissement

Créée en mai 2016 par Philippe Peyrard, ancien directeur général d'Atol, la start-up française Ellcie Healthy propose en partenariat avec l'opticien Optic 2000 des lunettes connectées dotées d'une intelligence artificielle, afin de lutter contre l'endormissement au volant. Quinze capteurs sont intégrés à l'intérieur afin d'alerter le conducteur ainsi que ses passagers, lorsque celui-ci commence à s'assoupir. Elles permettent de détecter les premiers signes de l'ensommeillement, comme les clignements de paupière, les bâillements et les mouvements de chutes de la tête. Un avertissement sonore ou visuel sous la forme d'un bip ou un flash de couleur rouge sera alors déclenché en cas d'apparitions de ces symptômes. La monture est reliée à l'application smartphone « Driver by Ellcie-Healthy » qui permet d'entreposer dans un Cloud, les informations sur le conducteur comme le nombre de temps de pause, la géolocalisation et la durée de batterie des lunettes. Elles peuvent dans le cas où l'automobiliste est seul et commence à s'endormir, entrer en contact avec un téléopérateur qui l'orientera vers la première aire de repos à proximité. La paire de lunettes est vendue depuis avril dernier pour 249 euros et avec un chargeur, pour 289 euros. Ces objets attirent d’autres sociétés puisque la start-up a signé un accord de partenariat avec Valeo (équipementier automobile français, ndlr) afin de créer des lunettes connectées pour notamment améliorer le confort de la conduite. Fin 2018, l'entreprise souhaite également commercialiser d'autres paires pour les personnes âgées et les individus en situation de handicap, capables de déceler et prévenir un accident ainsi que de contrôler leur activité physique.

InVoli et sa solution pour sécuriser les vols de drones

Fondée en 2017 par Manu Lubrano, la start-up suisse InVoli développe et produit des systèmes informatiques de sensibilisation au trafic aérien, afin d'éviter des collisions entre les avions et les drones. Objectif : enrayer les accidents, dont 1400 ont été enregistrés en Europe en 2016 selon AESA (l’Agence européenne de la sécurité aérienne, ndlr). Les programmes sont placés sur des tours de contrôle. Grâce des algorithmes d'intelligence artificielle, tout propriétaire de drone peut visualiser sur l’écran de son ordinateur, de son smartphone ou instantanément sur le logiciel de contrôle de son engin, les autres appareils volants aux alentours, via une détection des appareils à basse altitude. Il découvre alors la position, la vitesse et l’altitude des avions et hélicoptères, proches de lui. Les utilisateurs doivent s’inscrire dans une base de données créée sur la base de la blockchain. Les systèmes de l'entreprise couvrent aujourd'hui plus de 8000 km2 du territoire helvétique. La start-up a effectué en début d'année, sa première levée de fonds de 500.000 francs suisse afin de pouvoir terminer la phase de prototypage et de lancer sa solution dans le commerce.

Panda et son casque audio de réalité augmentée pour malvoyants

Lancée en 2016 par Arnaud Lenglet et Xavier Meunier, la start-up Panda a développé un casque auditif de réalité augmentée « Panda Guide ». Leur but : améliorer l'autonomie des personnes malvoyantes et aveugles. C'est à la suite d'une chute d'une amie malvoyante d'un des fondateurs entre le RER et le quai, que l'idée du projet est née. Le casque audio équipé d’une caméra miniature et reliée à un smartphone, s'appuie sur des technologies de vision cognitive et d'intelligence artificielle. L'objet connecté va ainsi, par un système vocal, donner des indications sur les objets ou textes que la personne ne peut pas voir et qui se trouvent autour de son environnement. Il peut alors reconnaître plus d'un millier d'outils, du stylo au micro-ondes en passant par l'ascenseur ou un produit alimentaire.

Smartify et son application qui identifie un tableau

Crée en 2015 par Thanos Kokkiniotis, la start-up britannique Smartify propose une application qui permet de scanner des œuvres d'art afin de les identifier et de révéler en quelques secondes, leur histoire. Qualifié de « Shazam » pour les tableaux, en référence à l'application qui permet de retrouver la musique autour de soi, le programme est comme un guide d'art portable. L'utilisateur cible l'image avec son smartphone qui est ensuite vérifiée par les bases de données de l'intelligence artificielle, afin de trouver une correspondance. Une fois trouvée, l'œuvre sera transposée dans une galerie virtuelle personnelle que l'individu pourra consulter sans cesse. Il y trouvera des informations comme le nom du peintre, le lieu de l'exposition, la date de création, la technique et la description de l'œuvre. L'application peut ainsi reconnaître des tableaux exposés dans trente musées dans le monde comme la National Gallery de Londres ou encore le Metropolitan Museum of Art de New York. Pour le moment, il y a qu'une seule galerie parisienne qui est répertoriée en France, celle de Spray, spécialisée dans l'art contemporain.

L'Hexagone cherche également à collaborer avec ses pays voisins dans le cadre de l'intelligence artificielle. En mars dernier, la France et l'Estonie ont signé un accord pour fortifier la coopération numérique notamment sur la cybersécurité. Début juillet, Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État en charge du numérique et son homologue Matthew Hancock ont également constitué un accord pour lancer des programmes communs de recherche et développement. Objectif : mettre en commun le talent de tous pour faire de l'Europe, une zone forte du secteur numérique.

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